Guide d’interprétation
Les tests Big Five sont-ils fiables ? Ce que dit la recherche
Un autre score Big Five en refaisant le test ? Ce que dit la recherche sur la fiabilité et la validité des tests Big Five, et comment lire vos scores.
Vos scores Big Five ont changé : le test se trompe-t-il ?
La dernière fois, votre extraversion était à 63, « Moyen », et aujourd’hui à 67, « Élevé » ; le titre de votre résultat est passé de « Un profil réparti plutôt qu’un trait dominant » au nom d’un trait ; ou un autre site a placé le même trait dans un certain pourcentage du haut. Ces situations sont courantes, et elles soulèvent deux questions : « Peut-on se fier à un test Big Five ? » et « Quel est mon vrai score ? »
En bref, des scores qui montent ou descendent de quelques points n’ont rien d’exceptionnel, et il y a des raisons à cela. Les tests Big Five de recherche gardent les personnes à peu près dans le même ordre quand on les repasse à quelques semaines d’intervalle, mais ce qui varie d’une occasion à l’autre, comme l’humeur du jour, se mêle encore un peu aux scores. Moins un test a d’items, moins ses items vont ensemble, et dès qu’on découpe les scores en zones (faible, moyen, élevé), une petite différence près d’une limite change le nom. Enfin, sur plusieurs années, la personnalité elle-même bouge un peu.
Ce guide explique comment les chercheurs ont vérifié la fiabilité des tests Big Five, pourquoi les tests diffèrent par leur longueur et leurs items, à quel point les scores restent proches sur quelques semaines et sur plusieurs années, dans quelle mesure ils correspondent à la vie réelle et au regard des autres, pourquoi vos scores bougent sur mind.io et comment lire des scores qui ont changé. La différence entre le MBTI et le Big Five est présentée dans le guide MBTI ou Big Five, et la question de savoir si la personnalité elle-même change avec l’âge et l’effort dans le guide La personnalité peut-elle changer ?. Pourquoi les résultats MBTI, d’ennéagramme, d’attachement et HSP changent est expliqué dans le guide sur la fiabilité du MBTI, le guide sur la fiabilité de l’ennéagramme, le guide sur la fiabilité des tests d’attachement et le guide sur la fiabilité des tests HSP.
Fidélité, validité et tests Big Five
Quand on parle de la précision d’un test psychologique, on regarde en général deux choses. La fidélité indique si une même personne obtient un résultat proche en refaisant le test (fidélité test-retest) et si les items varient de façon cohérente entre eux (cohérence interne). La validité indique si le test mesure bien ce qu’il prétend mesurer, et si ses résultats se relient de façon sensée à d’autres tests et à la réalité. Ces deux fidélités sont des propriétés différentes. Une échelle d’humeur peut avoir des items très cohérents et donner pourtant un autre score le lendemain, et des items sans rapport entre eux peuvent donner la même valeur à chaque fois. D’où l’idée que la cohérence interne ne peut pas remplacer la fidélité test-retest (McCrae et al., 2011). La fidélité test-retest est par ailleurs une corrélation : elle montre à quel point les personnes gardent leur rang d’une passation à l’autre, pas qu’une personne retrouve le même score.
Le Big Five ne classe pas les gens en types : il mesure le niveau de chacun de cinq traits, l’ouverture, la conscienciosité, l’extraversion, l’agréabilité et la sensibilité émotionnelle (le névrosisme en termes de recherche). Les chercheurs à l’origine du BFI-2 ont écrit que, depuis un quart de siècle, un consensus scientifique sur la structure et les définitions de base des cinq traits a entraîné une explosion des recherches (Soto et John, 2017a). Mais il existe plusieurs tests Big Five, et la fidélité de chacun doit être vérifiée à part.
Une méta-analyse a regardé plusieurs tests à la fois. Elle a réuni 682 corrélations test-retest issues de 74 échantillons, soit 14 923 personnes, remesurées à moins de deux mois d’intervalle (de 1 à 8 semaines, environ 3,7 semaines en moyenne). La médiane des cinq traits était de 0,816, l’extraversion la plus haute à 0,851 et l’agréabilité la plus basse à 0,778. Environ 10 % des écarts de score entre les personnes viendraient de ce qui varie selon le moment de la mesure, comme l’humeur ou le ressenti du moment (Gnambs, 2014, d’après le manuscrit de l’auteur).
Test par test : le NEO-PI-R, en 240 items, donnait des corrélations de 0,91 à 0,93 sur les cinq traits quand 132 étudiants le refaisaient 7 à 14 jours plus tard (McCrae et al., 2011). Le BFI-2, en 60 items, affichait une cohérence interne de 0,83 à 0,90 par trait chez 1 000 adultes de pays anglophones et 470 étudiants, et des corrélations test-retest de 0,76 à 0,84 quand 110 étudiants y répondaient de nouveau environ huit semaines plus tard (Soto et John, 2017a). Les versions traduites donnent des niveaux proches. Le BFI-2 coréen donnait 0,80 à 0,92 chez 421 des 856 salariés remesurés un mois plus tard (Choi et al., 2026), la version japonaise 0,85 à 0,90 chez 171 étudiants après trois semaines (Yoshino et al., 2022), et la version française 0,84 à 0,90 chez 139 étudiants après quatre semaines (Lignier et al., 2023).
Le test de personnalité Big Five de mind.io n’est aucun de ces tests. Il ne reprend les items d’aucun test de recherche : c’est un test propre à mind.io, en 30 affirmations rédigées par mind.io (6 par trait, dont 3 formulées à l’inverse), auxquelles on répond de 1 à 5. Sa fidélité test-retest comme sa validité n’ont pas été étudiées. Les chiffres ci-dessus concernent des tests de recherche : aucun d’eux ne dit à quel point un résultat mind.io est juste.
Des tests de longueurs différentes
Les tests Big Five ont des longueurs très variables. Le NEO-PI-R compte 240 items (48 par trait) et mesure aussi 30 facettes sous les cinq traits (McCrae et al., 2011) ; le BFI-2 compte 60 items et mesure 15 facettes (Soto et John, 2017a). Ses versions courtes, conçues par les mêmes auteurs, le BFI-2-S et le BFI-2-XS, comptent 30 et 15 items (Soto et John, 2017b). Le Mini-IPIP, tiré de la banque d’items publique IPIP, compte 20 items, 4 par trait (Donnellan et al., 2006, d’après le résumé), et le TIPI 10 items, seulement 2 par trait (Gnambs, 2014, d’après le manuscrit de l’auteur).
Moins d’items, ce sont des items qui vont moins bien ensemble. Dans les données de 2 000 adultes de pays anglophones recrutés en ligne et de 423 étudiants, la cohérence interne moyenne par trait était de 0,86 et 0,85 pour le BFI-2 en 60 items, de 0,78 et 0,77 pour le BFI-2-S en 30 items et de 0,62 et 0,59 pour le BFI-2-XS en 15 items. L’accord avec l’évaluation de 230 étudiants par une personne qui les connaissait bien, le plus souvent dans l’amitié ou le couple, baissait aussi un peu, en moyenne 0,55, 0,53 et 0,50. Les corrélations test-retest du BFI-2-S en 30 items, dans deux échantillons d’étudiants (137 et 121 personnes, à environ deux et trois mois d’intervalle), étaient en moyenne de 0,76 et 0,83 (0,70 et 0,76 pour le BFI-2-XS en 15 items), mais les auteurs notent qu’elles viennent des données qui ont servi à choisir les items et peuvent donc être un peu flatteuses. Les auteurs jugent que les versions courtes gardent une bonne part de la fidélité et de la validité du test complet au niveau des cinq traits, tout en recommandant le test complet pour la plupart des recherches (Soto et John, 2017b). Dans la méta-analyse aussi, le NEO-PI-R avait les corrélations test-retest les plus hautes, jusqu’à 0,918, et le TIPI, avec 2 items par trait, des valeurs plus basses, de 0,664 à 0,807. Le nombre d’items en lui-même n’y avait toutefois pas d’effet significatif propre : l’auteur attribue une partie de l’écart entre tests à la cohérence de leurs items (erreur aléatoire) (Gnambs, 2014, d’après le manuscrit de l’auteur).
La construction d’un test a aussi été étudiée. Une étude a bâti, à partir des items du BFI-2, des échelles de longueurs et de compositions différentes et les a comparées dans les données de 536 étudiants : en dessous de 6 items par trait, les liens avec des critères extérieurs comme les comportements et les événements de vie chutaient vite, et au-delà de 9 ils n’augmentaient plus que lentement, d’où une fourchette efficace de 6 à 9 items. Elle a aussi montré qu’équilibrer les items formulés dans le sens « d’accord » et ceux formulés dans le sens « pas d’accord » limite la façon dont l’habitude de répondre « d’accord », quel que soit le contenu, peut gonfler ou réduire les liens avec d’autres mesures. Pour des décisions importantes comme un recrutement ou un diagnostic, les auteurs ajoutent toutefois qu’une échelle plus longue, même un peu plus valide, peut en valoir la peine (Soto et John, 2019).
La traduction et l’échantillon changent aussi les chiffres. Dans la méta-analyse, les études menées hors des États-Unis, souvent avec des tests adaptés d’une autre langue, avaient des corrélations test-retest significativement plus basses, et l’auteur avance que l’adaptation a pu coûter un peu de précision (Gnambs, 2014, d’après le manuscrit de l’auteur). L’équipe du BFI-2 coréen rappelle qu’une version coréenne antérieure du BFI, testée auprès de personnes âgées, avait des traits à la cohérence interne faible, comme 0,52 pour l’extraversion et 0,61 pour l’agréabilité (Choi et al., 2026). Dans un échantillon turc en ligne où 200 personnes ont été remesurées à moins de quatre semaines, une version courte du Big Five utilisée en parallèle donnait des corrélations test-retest de seulement 0,292 à 0,501 (Yanartaş et al., 2022) ; cette étude est présentée dans le guide sur la fiabilité de l’ennéagramme.
Le test mind.io compte 30 items, 6 par trait, dont 3 formulés dans chaque sens. Par sa longueur et son équilibre, il se situe au bas de la fourchette proposée plus haut et compte autant d’items que le BFI-2-S, mais ses items sont différents : la fidélité du BFI-2-S ou de tout autre test ne peut pas être reportée sur les scores mind.io. Il ne mesure pas non plus de facettes comme le BFI-2 ou le NEO-PI-R. Les facettes de chaque trait sont présentées sur les pages des traits, comme la sensibilité émotionnelle.
Quelle stabilité, et quand les scores changent-ils ?
Plus l’intervalle est long, plus la corrélation baisse, même pour un même test. Selon les études antérieures que résume l’auteur de la méta-analyse, le même BFI donnait des corrélations test-retest de 0,81 à 0,84 à deux semaines et de 0,79 à 0,89 à deux mois, mais de 0,62 à 0,70 à trois ans. Même en moins de huit semaines, un intervalle plus long s’accompagnait de corrélations un peu plus basses pour l’ouverture, l’extraversion et la sensibilité émotionnelle (Gnambs, 2014, d’après le manuscrit de l’auteur). Les chercheurs voient surtout dans cette baisse supplémentaire un changement réel.
Et sur plusieurs années ? Une méta-analyse de 3 217 corrélations test-retest tirées de 152 études longitudinales a montré qu’à intervalle fixé à 6,7 ans, la constance du rang des personnes passait de 0,31 dans l’enfance à 0,54 pendant les années d’université et 0,64 à 30 ans, puis cessait d’augmenter vers 0,74 entre 50 et 70 ans (Roberts et DelVecchio, 2000, d’après le résumé). Une méta-analyse plus récente, qui a réanalysé ces données et ajouté des études publiées après 2005 (stabilité des rangs : 189 nouveaux échantillons, 178 503 personnes), trouvait une moyenne de r = 0,60 : la stabilité augmentait jusqu’au début de l’âge adulte, avec peu d’indices d’une hausse au-delà de 25 ans, à peine 0,035 de plus entre 25 et 60 ans. Elle précise aussi que les données des pays occidentaux étaient surreprésentées (Bleidorn et al., 2022). À l’âge adulte, les personnes gardent donc assez bien leur rang, sans être figées pour autant.
Le comportement au jour le jour bouge bien davantage. Dans des études où les participants notaient leur comportement à de nombreuses reprises pendant deux à trois semaines, une personne ordinaire passait par presque tous les niveaux des cinq traits, mais la moyenne de chacun était presque parfaitement stable (Fleeson, 2001, d’après le résumé). Un test de personnalité interroge quelque chose de proche de cette moyenne habituelle, mais l’état du moment se glisse encore un peu dans le score.
Les changements moyens avec l’âge, comme une conscienciosité qui augmente et une sensibilité émotionnelle qui s’apaise, et les études où un accompagnement psychologique ou des objectifs choisis ont fait bouger les scores, sont présentés dans le guide La personnalité peut-elle changer ?.
Les scores correspondent-ils à la vie réelle et au regard des autres ?
Côté validité, le lien entre les scores Big Five et la vie réelle a été beaucoup étudié. Une revue de ces travaux recense des liens entre les traits de personnalité et le bonheur, la santé physique et psychologique, les relations avec les pairs, la famille et les partenaires, le choix du métier, la satisfaction et la performance au travail, l’engagement local, la délinquance et les opinions politiques (Ozer et Benet-Martínez, 2006, d’après le résumé). Un projet qui a revérifié 78 de ces liens publiés par des réplications préenregistrées (échantillon médian de 1 504 personnes par réplication) a retrouvé 87 % d’entre eux de façon statistiquement significative dans le sens attendu, avec des effets en général d’environ 77 % de leur taille d’origine (Soto, 2019). Ce sont des tendances de groupe : votre score ne décide pas de votre vie.
Les scores ont aussi été comparés au regard des autres. Parmi trois méta-analyses sur l’évaluation par autrui (263 échantillons et 44 178 personnes en tout), celle qui comparait l’auto-évaluation à l’évaluation d’une autre personne (environ 20 000 à 29 000 personnes par trait) trouvait une corrélation (moyenne non corrigée) allant de 0,29 pour l’agréabilité à 0,41 pour l’extraversion. L’évaluateur comptait beaucoup : pour la stabilité émotionnelle (le pôle opposé de la sensibilité émotionnelle), elle était de 0,43 avec la famille mais de 0,08 avec des inconnus, et pour l’extraversion de 0,48 avec la famille et de 0,22 avec des inconnus (Connelly et Ones, 2010). Dans les recherches sur le BFI-2, quand 184 étudiants étaient évalués chacun par une personne qui les connaissait bien (le plus souvent dans l’amitié ou le couple), l’accord avec leur auto-évaluation allait de 0,42 à 0,69 selon le trait, en moyenne 0,56 (Soto et John, 2017a). Votre regard et celui des autres se recoupent largement, sans se confondre.
Certains traits se voient mieux de l’intérieur, d’autres de l’extérieur. Dans une étude de 165 personnes évaluées par elles-mêmes, par quatre amis et par des inconnus, et comparées à des critères tirés de tests comportementaux, la personne elle-même jugeait le mieux les traits proches de la sensibilité émotionnelle (névrosisme), les amis les traits liés à l’intellect, et tout le monde jugeait à peu près aussi bien les traits liés à l’extraversion (Vazire, 2010, d’après le résumé). Dans la méta-analyse, une relation plus proche rendait le regard des autres plus juste, surtout pour la stabilité émotionnelle, qui se voit moins de l’extérieur (Connelly et Ones, 2010).
La situation dans laquelle on répond fait aussi bouger les scores. Dans une méta-analyse de 33 études, les candidats à un emploi obtenaient des scores plus élevés que les non-candidats en conscienciosité (d = 0,45) et en stabilité émotionnelle (d = 0,44) (Birkeland et al., 2006, d’après le résumé). Quand l’image qu’on veut donner se glisse dans les réponses, les scores peuvent changer. Se comparer à d’autres personnes ou à d’autres pays demande aussi de la prudence. Des travaux montrent qu’on s’évalue par rapport aux personnes semblables qui nous entourent, ce qui brouille les comparaisons culturelles faites avec ces échelles d’auto-évaluation (Heine et al., 2002, d’après le résumé), et d’autres que les moyennes nationales de conscienciosité auto-évaluée ou évaluée par des proches ne suivaient pas les indicateurs comportementaux et démographiques (Heine et al., 2008, d’après le résumé). L’équipe du BFI-2 coréen avance elle aussi que la dispersion plus faible des scores coréens, par rapport aux échantillons américains, pourrait venir du fait que les répondants asiatiques choisissent plus souvent les réponses du milieu (Choi et al., 2026).
Sur mind.io, une réponse déplace un trait d’environ 4 points
Le test de personnalité Big Five de mind.io transforme la moyenne des 6 items de chaque trait en score de 0 à 100 (une moyenne de 1 donne 0, une moyenne de 5 donne 100). Déplacer une seule réponse d’un cran déplace donc le score du trait d’environ 4,2 points (4 ou 5 après arrondi). Les scores calculés avec les items actuels sont espacés, eux aussi, comme 0, 4, 8, 13 et ainsi de suite : 34 à 37 et 64 à 66 n’apparaissent jamais. 33 (Faible) et 38 (Moyen), 63 (Moyen) et 67 (Élevé) sont séparés par une seule réponse.
La page de résultat affiche les cinq scores avec Faible, Moyen ou Élevé, mais aucune indication particulière quand un score est proche de la limite d’une zone. Regardez donc au-delà du nom de la zone et vérifiez vous-même la distance de chaque score à 33 ou à 67. Il en va de même pour le titre du résultat. Le nom d’un trait n’y figure que si le trait le plus haut atteint 67 ou plus ; sinon, le titre est « Un profil réparti plutôt qu’un trait dominant ». Quand plusieurs traits partagent le score le plus haut, c’est le premier dans l’ordre ouverture, conscienciosité, extraversion, agréabilité, sensibilité émotionnelle qui est retenu. Si deux traits sont à égalité ou à un cran d’écart, le titre peut donc changer la fois suivante.
Précisons aussi ce que veut dire le score. Un score mind.io n’est pas un centile par rapport aux autres : ce sont vos propres réponses ramenées sur 0 à 100. Choisir 3 (neutre) partout donne 50 aux cinq traits ; 50 ne veut donc pas dire « dans la moyenne », mais que vous avez surtout répondu vers le milieu. Ne le comparez pas tel quel à un centile ou à un score standardisé donné par un autre site : un centile dépend du groupe auquel ce site vous compare.
Les habitudes de réponse et l’état du moment entrent aussi dans le score. Chaque trait compte sur mind.io 3 items formulés dans un sens et 3 dans l’autre, si bien que l’habitude de répondre « d’accord » quel que soit le contenu ne pousse pas le score dans une seule direction. Mais l’humeur du jour, le fait de penser à vous au travail ou à la maison, ou de répondre en fonction de l’image que vous voulez donner, changent toujours les réponses. La comparaison avec un résultat précédent, sur la page de résultat, le rappelle aussi : un écart ne veut pas dire que la personnalité a changé et peut refléter l’état récent, le contexte ou la manière de répondre.
Encore une chose. Deux changements qui touchent les résultats ont été faits en octobre 2026. Le premier concerne la notation de la sensibilité émotionnelle. Depuis le lancement du test en janvier 2026, les items d’inquiétude et les items de calme de ce trait étaient notés à l’envers : pendant cette période, le score de sensibilité émotionnelle mesurait en réalité la stabilité émotionnelle. La notation a été corrigée, et les résultats enregistrés avant la correction ainsi que les anciens liens de partage sont corrigés automatiquement à l’ouverture : la sensibilité émotionnelle s’affiche comme 100 moins le score enregistré. Une sensibilité émotionnelle vue autrefois à 25, « Faible », peut donc apparaître aujourd’hui à 75, « Élevé » : c’est le calcul qui a été corrigé, pas votre personnalité qui a changé. Une sensibilité émotionnelle ancienne peut donc valoir, par exemple, 37, une valeur que le calcul actuel ne donne jamais, et le titre du résultat, les explications et les comparaisons qui en dépendent peuvent aussi paraître différents. Les quatre autres traits ont été notés correctement dès le départ. Le second changement porte sur les items. Le même mois, six items qui mêlaient d’autres traits ou portaient sur autre chose qu’un trait de personnalité ont été remplacés, et chaque trait compte désormais 3 items formulés dans chaque sens. Les résultats enregistrés ne sont pas recalculés avec les nouveaux items, et la comparaison avec un résultat précédent ne signale pas ce changement : tenez compte d’items en partie différents si vous comparez avec un résultat antérieur. Les deux changements figurent aussi dans « Changements qui ont modifié les résultats », sur la page Méthodologie de mind.io.
Lire des scores qui ont changé
D’abord, regardez les scores et leur direction plutôt que les noms de zone. Si votre extraversion est sortie à 63 puis à 67, les noms diffèrent mais vous êtes au même endroit, à peu de chose près. Si au contraire elle est passée d’un score dans les 30 à un score dans les 70, demandez-vous d’abord si votre état ou les situations auxquelles vous pensiez étaient différents, ou si un événement important s’est produit entre-temps. Si c’est surtout la sensibilité émotionnelle qui est presque à l’opposé d’avant, vérifiez aussi si l’ancien résultat date d’avant octobre 2026 : la correction de la notation faite à ce moment-là est décrite plus haut.
Ensuite, refaites le test dans des conditions semblables après un certain temps. Le refaire plusieurs fois d’affilée parce que le résultat déplaît rend facile de retenir les items et de choisir les réponses voulues. Répondez en pensant à vous au quotidien plutôt qu’à la seule journée, et refaites-le quelques semaines plus tard à une période comparable. Si un résultat précédent est encore enregistré dans le même navigateur, la comparaison sur la page de résultat montre de combien de points chacun des cinq traits a bougé. La direction sur plusieurs résultats en dit plus qu’un seul écart.
Puis, empruntez le regard d’un autre. Demander à des proches qui vous connaissent bien où vous leur semblez haut ou bas sur les cinq traits montre ce qu’ils partagent avec vos scores et ce qui diffère. La sensibilité émotionnelle, qui se voit moins de l’extérieur, était bien mieux jugée par les proches que par des inconnus (Connelly et Ones, 2010), et une étude trouve que c’est vous qui la connaissez le mieux (Vazire, 2010, d’après le résumé).
Enfin, mettez-le à côté d’un test de type. Si votre E et votre I changent sans cesse au test MBTI, vérifiez si votre extraversion Big Five se situe vers le milieu. La façon de lire les deux ensemble est dans le guide MBTI ou Big Five.
Et ce qu’il ne faut pas en faire. Un résultat Big Five de mind.io est un outil de réflexion personnelle, pas un diagnostic psychologique. Un score élevé de sensibilité émotionnelle ne signifie pas à lui seul anxiété ou dépression. Si l’inquiétude ou un moral en baisse perturbent votre quotidien depuis plus de deux semaines, faites le point avec le questionnaire d’anxiété (GAD-7) ou le questionnaire de dépression (PHQ-9) et demandez un avis professionnel. Ces questionnaires ne sont pas non plus des diagnostics. Trier des personnes, pour un recrutement, une évaluation ou le choix d’une relation, n’est pas l’usage de ce test ; des recherches trouvent des scores de conscienciosité et de stabilité émotionnelle plus élevés quand on postule à un emploi (Birkeland et al., 2006, d’après le résumé). Les chercheurs comptent aussi parmi les limites le fait qu’une grande partie de la recherche sur le Big Five repose sur des données occidentales, surtout anglophones (Choi et al., 2026 ; Bleidorn et al., 2022). Et quand vous comparez vos scores à ceux d’une personne de votre entourage, rappelez-vous que vous comparez deux auto-évaluations faites de la même façon.
Questions fréquentes sur la fiabilité des tests Big Five
Q. Les tests Big Five sont-ils fiables scientifiquement ? R. Les tests de recherche repassés à quelques semaines d’intervalle avaient une corrélation test-retest médiane de 0,816 (Gnambs, 2014, d’après le manuscrit de l’auteur), et dans des réplications préenregistrées, 87 % de 78 liens avec des événements de vie ont été retrouvés (Soto, 2019). Mais cela concerne les tests de recherche. Le test mind.io utilise ses propres items et n’a pas encore de données de fidélité : lisez-le à travers les scores et leur direction sur plusieurs résultats plutôt qu’à travers les noms de zone.
Q. Est-il plus fiable que le MBTI ? R. Aucun chiffre unique ne compare les deux dans les mêmes conditions. Mais comme le Big Five note chaque trait au lieu de classer les gens en types, un résultat qui change se lit en nombre de points. La différence entre les deux tests est présentée dans le guide MBTI ou Big Five, et pourquoi les résultats MBTI changent dans le guide cité à la dernière question ci-dessous.
Q. Un score de 50, est-ce la moyenne ? Un autre site m’a donné un centile. R. Un score mind.io n’est pas un centile mais vos réponses ramenées sur 0 à 100 : 50 veut dire que vous avez surtout répondu vers le milieu. Un centile dépend du groupe de comparaison, et comparer des moyennes d’auto-évaluation avec des personnes d’autres pays ou cultures demande aussi de la prudence (Heine et al., 2002, d’après le résumé).
Q. Mon ancien résultat de sensibilité émotionnelle est l’inverse du nouveau. R. Si l’ancien résultat date d’avant octobre 2026, la correction de la notation peut l’expliquer. Avant elle, les items d’inquiétude et de calme de la sensibilité émotionnelle étaient notés à l’envers ; les résultats enregistrés affichent désormais, à l’ouverture, la sensibilité émotionnelle comme 100 moins le score enregistré. Les quatre autres traits étaient notés dans le bon sens dès le départ. Si l’écart reste grand, refaites le test après un certain temps, comme indiqué plus haut.
Q. Un score qui change veut-il dire que ma personnalité a changé ? R. Les écarts sur quelques semaines s’expliquent surtout par les fluctuations de la mesure ou l’état du moment (Gnambs, 2014, d’après le manuscrit de l’auteur). Sur plusieurs années, des changements réels s’y mêlent aussi (Bleidorn et al., 2022). Les changements moyens avec l’âge et les effets des efforts pour changer sont présentés dans le guide La personnalité peut-elle changer ?.
Q. À quelle fréquence puis-je refaire le test ? R. Il n’y a pas d’intervalle fixe, mais quelques semaines ou plus, dans des conditions semblables, rendent les résultats plus faciles à comparer qu’un nouveau passage immédiat. Regardez la direction sur plusieurs résultats plutôt qu’un seul score.
Q. Les résultats MBTI, d’ennéagramme, d’attachement et HSP changent-ils pour la même raison ? R. Sur un point, oui : près d’une ligne de partage, une petite différence change le nom. Pour en savoir plus, voyez le guide sur la fiabilité du MBTI, le guide sur la fiabilité de l’ennéagramme, le guide sur la fiabilité des tests d’attachement et le guide sur la fiabilité des tests HSP.
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