Aller au contenu

Guide d’interprétation

La triade noire : narcissisme, machiavélisme et psychopathie comme traits de personnalité, ce que montre la recherche

Qu’est-ce que la triade noire ? Narcissisme, machiavélisme et psychopathie comme traits, leurs recoupements, les limites des tests, le facteur D et la tétrade.

Qu’est-ce que la triade noire ? La réponse courte

La triade noire (Dark Triad) est un terme de recherche qui regroupe trois traits de personnalité : le narcissisme, le machiavélisme et la psychopathie. Le nom vient d’un article publié en 2002 par Delroy Paulhus et Kevin Williams, psychologues à l’Université de la Colombie-Britannique, au Canada. Parmi les personnalités « déplaisantes mais non pathologiques » décrites dans la littérature, ils en ont retenu trois particulièrement saillantes, le machiavélisme, le narcissisme infraclinique et la psychopathie infraclinique, et ont vérifié avec les données de 245 étudiants si les trois n’en faisaient qu’une (Paulhus & Williams, 2002). Autrement dit, ce concept a été conçu pour étudier les différences de personnalité entre des gens ordinaires, pas pour ranger les personnes dans des catégories.

La réponse courte tient en trois points. D’abord, ces trois traits ne sont pas des diagnostics mais des traits continus, présents à des degrés divers dans la population générale. Paulhus définit ces « personnalités sombres » comme des traits situés dans une zone infraclinique, pas assez extrêmes pour attirer l’attention des cliniciens ou de la justice, et note que les personnes concernées peuvent s’en sortir, voire réussir, au travail, à l’école et dans la vie sociale (Paulhus, 2014). Ensuite, les trois traits se recoupent sans être identiques. L’étude de 2002 a conclu à des notions « qui se recoupent mais restent distinctes » (Paulhus & Williams, 2002), et depuis, les chercheurs continuent de débattre de la question de savoir s’il s’agit vraiment de trois traits séparés et de ce qui constitue leur noyau commun (Vize et al., 2018 ; Moshagen et al., 2018). Enfin, leurs liens avec des résultats comme les comportements au travail ou les violences conjugales sont des corrélations à l’échelle des groupes, et dans les études que nous avons lues, ils étaient faibles à modérés (O’Boyle et al., 2012 ; White et al., 2024). Ces chiffres ne disent pas comment une personne donnée va se comporter.

mind.io ne propose pas de test de triade noire. Des échelles de recherche existent, mais ce guide n’en reproduit ni les items ni les seuils, et ne juge aucune personne précise « triade noire », parce que quelques questions courtes sont vite utilisées comme un outil pour classer les gens. Le narcissisme et le trouble de la personnalité narcissique sont traités dans le guide sur le narcissisme, et le lien entre les mots psychopathe et sociopathe et le trouble de la personnalité antisociale dans le guide sur les psychopathes et les sociopathes. Ce guide passe en revue ce que recouvre chaque trait, comment on le mesure et les limites de ces mesures, le noyau commun des trois et le facteur D, la tétrade noire, les liens avec le travail, la vie amoureuse et la satisfaction de vie, les différences selon le sexe et l’âge, et ce qu’il faut garder en tête avant de coller l’étiquette sur quelqu’un.

Ce que recouvre chaque trait, à commencer par le machiavélisme

Le machiavélisme, c’est en un mot la personnalité manipulatrice. Le nom vient de Nicolas Machiavel, l’auteur du Prince au XVIe siècle (Park et al., 2021), et le concept psychologique est né d’une échelle construite par Richard Christie à partir d’énoncés choisis dans les écrits de Machiavel. Christie a montré que les gens diffèrent de façon fiable dans leur degré d’accord avec ces énoncés, et des recherches ultérieures ont trouvé que les personnes les plus d’accord avaient tendance à se conduire de manière plus froide et plus manipulatrice, en laboratoire comme dans la vie réelle (Christie & Geis, 1970, cités par Paulhus & Williams, 2002). Dans la première étude à comparer les trois traits ensemble, les personnes très machiavéliques, contrairement aux personnes très narcissiques, ne surestimaient pas leur intelligence, ce que les auteurs ont jugé cohérent avec des données antérieures selon lesquelles les personnes machiavéliques se voient de façon plus réaliste (Paulhus & Williams, 2002).

Les deux autres traits sont des versions « infracliniques » de notions cliniques. Le narcissisme infraclinique est né d’une tentative de transposer aux gens ordinaires le trouble de la personnalité narcissique du DSM, et les facettes reprises du syndrome clinique sont la grandiosité, le sentiment que tout leur est dû, la dominance et la supériorité. Les éléments centraux de la psychopathie infraclinique sont une forte impulsivité et la recherche de sensations, associées à peu d’empathie et peu d’anxiété ; l’échelle autodéclarée qui la mesure a été construite à partir d’items qui distinguaient des psychopathes diagnostiqués cliniquement des autres personnes, puis validée dans des échantillons sans passé judiciaire. Les auteurs résument que les trois partagent, à des degrés divers, un caractère socialement malveillant qui penche vers la mise en avant de soi, la froideur émotionnelle, la duplicité et l’agressivité (Paulhus & Williams, 2002). Le trouble de la personnalité narcissique et les deux visages du narcissisme (grandiose et vulnérable) sont présentés dans le guide sur le narcissisme, et ce qui distingue la psychopathie du diagnostic de trouble de la personnalité antisociale, ainsi que la façon dont la recherche la mesure, dans le guide sur la psychopathie. Dans ce guide, narcissisme et psychopathie désignent des différences de personnalité entre des gens ordinaires, pas des diagnostics ni des notions de niveau clinique.

L’étude de 2002 a fait passer à 245 étudiants (65 % de femmes) les trois échelles de référence, un inventaire de personnalité Big Five, un test d’intelligence et d’autres mesures. Les corrélations entre les trois échelles étaient toutes positives et allaient de 0,25 à 0,50. Même après correction de l’erreur de mesure, la corrélation la plus forte (psychopathie et narcissisme) n’atteignait que 0,61, si bien que les auteurs ont conclu qu’on ne peut pas traiter les trois comme une seule chose. Le seul trait du Big Five commun aux trois était une faible agréabilité (narcissisme −0,36, machiavélisme −0,47, psychopathie −0,25) ; le machiavélisme et la psychopathie allaient aussi avec une faible conscienciosité (−0,34 et −0,24), et seule la psychopathie allait avec un névrosisme bas (−0,34). La tendance à juger son intelligence supérieure à son score réel était la plus nette pour le narcissisme (0,24), suivi de la psychopathie (0,14). Les auteurs voyaient le manque d’agréabilité comme le noyau commun des trois, et ajoutaient qu’à leurs yeux aucun trait de personnalité n’est toujours adaptatif ni toujours inadapté (Paulhus & Williams, 2002). Il s’agit toutefois d’un seul échantillon d’étudiants d’une seule université.

Comment on la mesure : le Dirty Dozen, le SD3 et leurs limites

Au départ, chaque trait se mesurait avec sa propre échelle, longue. L’étude de 2002 utilisait une échelle de 40 items pour le narcissisme, de 20 items pour le machiavélisme et de 31 items pour la psychopathie (Paulhus & Williams, 2002). Des échelles plus courtes ont suivi. Le Dirty Dozen (« la sale douzaine ») mesure les trois traits en 12 items ; sa structure, sa validité et sa fidélité test-retest ont été examinées dans 4 études portant sur 1 085 participants, et il a réduit le nombre d’items de 87 %, de 91 à 12 (Jonason & Webster, 2010). Le Short Dark Triad (SD3) compte 27 items ; il a été développé dans 4 études portant sur 1 063 personnes, issues d’échantillons communautaires et étudiants, et a aussi été confronté aux évaluations de proches (Jones & Paulhus, 2014). En Corée, deux études portant chacune sur 250 adultes de la vingtaine à plus de 60 ans, recrutés dans le panel d’un institut de sondage, ont examiné une version coréenne du SD3 : elles n’ont pas retrouvé les trois facteurs d’origine mais deux, « narcissisme » et « machiavélisme-psychopathie », et ont abouti à une échelle à deux facteurs de 17 items (SD-2) (Park et al., 2021).

Les échelles courtes ont un prix. Dans une étude portant sur 789 étudiants et 75 hommes détenus, la sous-échelle de psychopathie du Dirty Dozen (4 items) était significativement corrélée aux mesures établies, mais moins fortement que les échelles établies entre elles, et elle laissait de côté une part importante liée à l’antagonisme interpersonnel et à la désinhibition. Les auteurs recommandaient la prudence avant de l’utiliser comme mesure de la psychopathie (Miller et al., 2012). Une étude qui comparait les deux échelles courtes dans un échantillon communautaire de 287 personnes recrutées en ligne a rapporté que les scores du SD3 concordaient mieux avec des mesures plus longues et établies, tout en notant une différence : l’échelle de narcissisme du SD3 cible surtout le versant grandiose, alors que le Dirty Dozen saisit à la fois des aspects grandioses et vulnérables (Maples et al., 2014). Les auteurs d’une méta-analyse doublée d’une revue critique ont pointé une limite plus fondamentale : la plupart des recherches du domaine reposent sur des autoévaluations recueillies à un seul moment, et les mesures actuelles sont trop simples pour saisir les côtés malveillants de la personnalité. Ils recommandaient de croiser les points de vue de plusieurs informateurs et de suivre les personnes dans le temps (Muris et al., 2017).

Un score obtenu à un « test de triade noire » en ligne n’est donc ni un diagnostic ni un verdict. Même les échelles utilisées en recherche sont de courts questionnaires que l’on remplit sur soi-même, et, comme on vient de le voir, ce qu’elles mesurent exactement et avec quelle précision fait encore l’objet de recherches. C’est aussi pour cela que mind.io ne les reproduit pas. Si vos grands traits vous intéressent, le test de personnalité Big Five montre votre agréabilité et votre conscienciosité, puisque la faible agréabilité était le trait commun aux trois dans l’étude de 2002 (Paulhus & Williams, 2002). Le test Big Five n’est pas pour autant un test de triade noire, et une faible agréabilité ne signifie pas qu’une personne relève de la « triade noire ».

Les trois traits sont-ils vraiment distincts ? Le noyau commun, le facteur D et la tétrade noire

Savoir si les trois traits sont vraiment séparés fait déjà débat. Une méta-analyse des recherches sur la triade noire (k = 156 pour les corrélations entre les trois traits, k = 159 pour la comparaison de leurs réseaux de variables associées) a rapporté que les réseaux de la psychopathie et du machiavélisme se recoupent largement, alors que le narcissisme présente un profil différent, et a soutenu que la recherche actuelle sur le machiavélisme pourrait en fait relever de la recherche sur la psychopathie (Vize et al., 2018). Dans des études portant sur 393 participants en ligne et 341 étudiants, les scores de machiavélisme et de psychopathie présentaient aussi des profils empiriques presque identiques, et le machiavélisme était lié à des traits d’impulsivité censés en être l’opposé en théorie ; les auteurs en ont conclu que les deux échelles semblent mesurer la même notion (Miller et al., 2017). Les études coréennes sur le SD3 évoquées plus haut, où les deux traits formaient un seul facteur, vont dans le même sens (Park et al., 2021). La conclusion inverse existe aussi. Une méta-analyse de 245 échantillons indépendants en milieu de travail a conclu que les trois traits sont liés positivement mais assez distincts pour être séparés en théorie comme dans les données (O’Boyle et al., 2012), et les chercheurs à l’origine du terme les jugeaient eux aussi assez distincts pour être mesurés séparément (Paulhus & Williams, 2002).

Quel est alors le noyau commun qui les relie ? Les auteurs d’une méta-analyse doublée d’une revue critique ont résumé que les trois traits sont surtout liés à l’agréabilité du Big Five et à l’honnêteté-humilité du modèle de personnalité HEXACO (Muris et al., 2017). L’honnêteté-humilité est un facteur qui regroupe des facettes comme la sincérité, l’équité, l’absence d’avidité et la modestie (Kaufman et al., 2019). Dans une étude au plan d’analyse préenregistré, menée sur deux échantillons de 627 et 628 personnes, l’agréabilité mesurée par l’IPIP-NEO-120, l’honnêteté-humilité, ainsi que les sous-échelles « insensibilité affective » et « manipulation interpersonnelle » d’une échelle autodéclarée de psychopathie expliquaient la totalité ou la quasi-totalité de la variance commune aux trois traits. L’agréabilité mesurée par les échelles courtes de type BFI en expliquait nettement moins dans la plupart des cas, et les auteurs ont soutenu que l’explication la plus économe est que tous ces traits relèvent de l’antagonisme (Vize et al., 2020). La question de savoir si le noyau commun des trois traits se confond en pratique avec une faible honnêteté-humilité est elle aussi débattue. Une étude portant sur 677 personnes recrutées via les réseaux sociaux (dont 551 femmes) a reproduit les résultats antérieurs d’une relation latente presque parfaite entre le noyau commun de la triade noire et l’honnêteté-humilité, tout en concluant, en s’appuyant sur certains indices de différences de validité de construit, qu’il serait prématuré d’affirmer qu’ils se confondent entièrement (Stefanek et al., 2025). mind.io ne propose pas de test HEXACO : l’honnêteté-humilité n’est présentée ici que comme une notion de recherche.

D’autres chercheurs ont proposé une réponse plus large. Ils appellent le noyau commun de nombreux traits sombres le facteur D (Dark Factor of Personality), défini comme « la tendance à maximiser son utilité individuelle, en ignorant, en acceptant ou en provoquant par malveillance un préjudice pour autrui, accompagnée de croyances qui servent de justification ». Dans 4 études portant sur plus de 2 500 personnes, divers traits sombres pouvaient être compris comme des manifestations particulières de D, et D prédisait de nombreux comportements discutables sur le plan éthique, moral et social, y compris des comportements aux conséquences et aux enjeux réels (Moshagen et al., 2018). La notion est définie par analogie avec le facteur général (g) de l’intelligence (Hartung et al., 2022). Des jeux de 70, 35 et 16 items qui mesurent directement D ont ensuite été construits à partir de 7 échantillons totalisant plus de 165 000 personnes (Moshagen et al., 2020).

En ajoutant un quatrième trait, on obtient la tétrade noire. En 2013, des chercheurs ont mis à l’épreuve le sadisme quotidien, le goût de la cruauté, avec deux procédures de laboratoire. La première utilisait une tâche consistant à tuer des insectes, et les personnes au sadisme élevé se portaient plus souvent volontaires pour le faire. Dans la seconde, quand l’agression était facile, le sadisme comme les mesures de la triade noire prédisaient une agression non provoquée, mais seules les personnes au sadisme élevé acceptaient de faire un effort pour avoir l’occasion de faire du mal à une personne innocente (Buckels et al., 2013). Paulhus a soutenu que, parce que les quatre traits se recoupent, il faut les étudier ensemble (Paulhus, 2014). Le lien entre les traits de la tétrade noire et l’acceptation des tactiques de gaslighting dans le couple est traité dans le guide sur le gaslighting.

Travail, vie amoureuse et satisfaction de vie : à quoi ressemblent les liens

Commençons par le travail. Dans une méta-analyse de 245 échantillons indépendants (43 907 personnes) publiés de 1951 à 2011, une moindre qualité du travail allait systématiquement de pair avec un machiavélisme et une psychopathie plus élevés, et les comportements contre-productifs au travail étaient associés aux trois traits. Ces liens variaient toutefois selon des facteurs de contexte comme l’autorité et la culture, et, analysée d’un bloc, la triade noire expliquait une part modérée de la variance des comportements contre-productifs, mais pas celle de la performance au travail (O’Boyle et al., 2012). Certains résultats vont dans l’autre sens. Dans une étude portant sur 793 jeunes salariés du secteur privé allemand, représentatifs en âge et en niveau d’études, une fois pris en compte le sexe, l’âge, l’ancienneté, la taille de l’entreprise, le niveau d’études et le temps de travail, le narcissisme était lié positivement au salaire, le machiavélisme à l’occupation d’un poste d’encadrement et à la satisfaction de carrière, et la psychopathie négativement à tous les résultats analysés (Spurk et al., 2016). Ce n’est donc ni « les méchants réussissent » ni « les méchants échouent toujours » : tout dépend du trait et du résultat observé. Les recherches sur la psychopathie chez les dirigeants sont présentées dans le guide sur la psychopathie.

Dans la vie amoureuse, des liens avec les relations de courte durée ont été rapportés. Dans une enquête auprès de 224 personnes, les traits de la triade noire étaient corrélés à diverses dimensions des stratégies de couple à court terme, mais pas à long terme ; le lien était plus fort chez les hommes que chez les femmes, et la triade noire expliquait en partie la différence entre les sexes dans les comportements à court terme. Les auteurs y voyaient un résultat cohérent avec une perspective évolutionniste selon laquelle la triade noire favorise chez les hommes une stratégie de couple à court terme fondée sur l’exploitation (Jonason et al., 2009). Cette lecture est celle des auteurs, et les données proviennent d’une enquête ponctuelle. Qu’en est-il de la violence dans le couple ? Dans une méta-analyse de 19 études (9 464 personnes) sur le machiavélisme et le fait d’exercer des violences conjugales, la corrélation globale était de r = 0,16, une relation positive faible. Le machiavélisme avait des relations positives faibles avec les cyberviolences (r = 0,25), les violences psychologiques (r = 0,20) et les violences sexuelles (r = 0,10), aucune relation significative avec les violences physiques, et la force de la relation ne différait pas significativement entre femmes et hommes. Les auteurs signalaient comme limites des mesures autodéclarées, une forte hétérogénéité entre études et des études transversales qui ne permettent pas de connaître les liens de cause à effet (White et al., 2024). Une corrélation de 0,16 ne signifie pas que la plupart des personnes très machiavéliques sont violentes, et ne permet pas de décider si une personne précise est dangereuse. Le lien entre narcissisme et agressivité est traité dans le guide sur le narcissisme. Mais quel que soit le nom du trait, si votre partenaire vous menace, vous contrôle ou vous fait du mal, la sécurité passe d’abord. Danger immédiat : 17 ou 112 · 3919 (Violences Femmes Info), gratuit et anonyme, 24 h/24.

Le lien avec la satisfaction de vie était faible. Une étude a construit une échelle de « triade lumineuse » (Light Triad) avec quatre échantillons en ligne des États-Unis, du Royaume-Uni et d’Irlande (1 518 personnes au total). Dans les échantillons où la satisfaction de vie a été mesurée, la triade noire mesurée par le SD3 présentait une faible corrélation négative avec celle-ci (r = −0,11), qui n’était plus significative une fois prises en compte des facettes de l’agréabilité et l’honnêteté-humilité. La triade lumineuse désigne une orientation bienveillante envers autrui : traiter les personnes comme des fins en soi, accorder de la valeur à la dignité de chaque personne et croire en la bonté fondamentale des humains ; les auteurs présentaient leur échelle comme une première version. Triade lumineuse et triade noire étaient corrélées à r = −0,48, une valeur modérée, ce que les auteurs ont lu comme le signe que l’une n’est pas simplement l’inverse de l’autre. D’après l’écart entre les deux scores, le participant moyen penchait davantage vers la triade lumineuse que vers la triade noire (Kaufman et al., 2019). Ces résultats sont, eux aussi, des corrélations mesurées à un seul moment.

Femmes, hommes et âge : ce que disent les chiffres, et ce qu’ils ne disent pas

En moyenne, les hommes obtiennent des scores plus élevés. Dans l’étude de 2002 auprès d’étudiants, les hommes avaient des scores significativement plus élevés pour les trois traits, avec des corrélations avec le sexe de 0,11 pour le narcissisme, 0,21 pour le machiavélisme et 0,40 pour la psychopathie, la plus forte (Paulhus & Williams, 2002). Une méta-analyse doublée d’une revue critique a de même résumé que les trois traits sont « un peu plus fréquents chez les hommes que chez les femmes » (Muris et al., 2017). Dans les données de 12 501 personnes (5 982 femmes et 6 519 hommes) qui ont participé en 2019 sur le site web des chercheurs du facteur D, en échange d’un retour sur leur propre score, l’écart moyen standardisé du facteur D était de 0,42 écart-type, en faveur des hommes. Les hommes avaient des scores plus élevés à tous les âges analysés, du début de la vingtaine au début de la cinquantaine, et parmi les cinq thèmes qui composent D (dureté, tromperie, sentiment narcissique que tout est dû, sadisme et esprit de vengeance), l’écart entre les sexes était le plus faible pour le sentiment narcissique que tout est dû. Les items fonctionnaient aussi de la même façon pour les femmes et pour les hommes (Hartung et al., 2022). Cet échantillon était toutefois composé de volontaires en ligne venus après des articles de presse, et n’a pas été tiré pour représenter la population. L’écart entre les sexes issu d’une méta-analyse portant sur le seul narcissisme figure dans le guide sur le narcissisme.

Ces chiffres sont des écarts entre moyennes. Une différence de moyennes ne veut pas dire que les distributions des scores des femmes et des hommes sont séparées : le sexe ne permet donc pas de deviner les traits d’une personne. Dans l’étude de 2002, les profils de corrélations avec les autres variables étaient très semblables à l’intérieur de chaque sexe, si bien que les auteurs ont regroupé les données (Paulhus & Williams, 2002), et le lien entre machiavélisme et violences conjugales exercées ne différait pas significativement entre femmes et hommes (White et al., 2024). On ne sait pas non plus d’où vient l’écart. Les auteurs de l’étude sur 12 501 personnes rappelaient des travaux antérieurs montrant de façon constante des scores plus élevés chez les femmes que chez les hommes en agréabilité et en honnêteté-humilité, d’environ d = 0,40, et évoquaient des explications évolutionnistes ainsi que les rôles sociaux et les changements hormonaux, tout en laissant la question des causes aux recherches à venir (Hartung et al., 2022).

Des liens négatifs avec l’âge sont rapportés de façon répétée. Dans ces mêmes données sur 12 501 personnes, les moyennes de D et des cinq thèmes étaient toutes plus basses aux âges plus avancés, d’environ 0,2 écart-type par tranche de dix ans. Il s’agissait cependant de données transversales comparant des groupes d’âge à un seul moment, et les auteurs appelaient à des études longitudinales suivant les mêmes personnes (Hartung et al., 2022). De telles études existent. Dans une étude longitudinale qui a mesuré à quatre reprises sur deux ans 926 étudiants allemands de 18 à 30 ans (74 % de femmes), la stabilité du rang des quatre traits étudiés (machiavélisme, psychopathie et deux facettes du narcissisme) était très élevée, de 0,74 à 0,81, mais les moyennes du machiavélisme (d = −0,18) et de la psychopathie (d = −0,12) baissaient de façon linéaire, tandis que les résultats pour le narcissisme ne permettaient pas de conclure. L’évolution du machiavélisme allait en sens inverse de celle de la satisfaction de vie (r = −0,39), ce qui, selon les auteurs, fait apparaître la baisse moyenne du machiavélisme comme une évolution adaptative (Wolff & Wetzel, 2023). En résumé, le classement relatif des personnes reste assez stable, mais les moyennes baissent un peu avec l’âge.

Avant de qualifier quelqu’un de « triade noire »

On trouve facilement en ligne des listes de « traits de la triade noire » ou de « façons de repérer un machiavélique », mais la recherche elle-même montre pourquoi elles sont un mauvais outil pour juger son entourage. D’abord, ces traits ne sont pas des catégories diagnostiques mais des différences continues dans une zone infraclinique (Paulhus, 2014). La recherche traite les scores comme des différences de degré, et rien ne ressemble à un seuil diagnostique qui dirait où commence une « personne triade noire ». Ensuite, les échelles de recherche sont de courts questionnaires que l’on remplit sur soi-même, et ce qu’elles mesurent exactement, et avec quelle précision, reste débattu (Miller et al., 2012 ; Muris et al., 2017). Deviner, à partir de quelques comportements, comment une personne répondrait à un tel questionnaire est plus incertain encore. Puis, les liens avec les résultats sont des corrélations sur des moyennes de groupe, faibles à modérées. Comme le montre la corrélation de 0,16 entre machiavélisme et violences conjugales exercées (White et al., 2024), les comportements des personnes aux scores élevés et faibles se recoupent largement. Enfin, de l’extérieur, on ne voit qu’une partie de ce que fait une personne, et ni ses motivations ni sa vie intérieure.

Il est donc plus utile de regarder les comportements que de mettre un nom sur une personne. Ce qui suit relève du conseil général, pas d’une méthode prouvée par la recherche. Si une personne avec qui vous travaillez s’attribue régulièrement votre travail ou revient sur ce qui a été convenu, plutôt que de conclure « cette personne est machiavélique », notez ce qui s’est passé et quand, mettez les accords par écrit et, si besoin, passez par les procédures officielles de votre organisation. Dans une relation proche, si votre partenaire vous fait douter de votre mémoire et de votre jugement, ou contrôle vos contacts, votre argent ou vos relations, ce n’est pas une question d’étiquette de personnalité mais de violence. Le guide sur le gaslighting présente ce schéma et ce qui aide, et le guide sur le narcissisme ce qui aide dans une relation avec une personne très narcissique. En France, le 3919 (Violences Femmes Info), gratuit et anonyme, 24 h/24, et votre médecin traitant sont les premiers recours. Danger immédiat : 17 ou 112 · 3919 (Violences Femmes Info), gratuit et anonyme, 24 h/24. Si la relation devient trop lourde à porter, ou si vous avez des pensées de vous faire du mal, appelez d’abord le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7, gratuit) ; SOS Amitié (09 72 39 40 50) écoute aussi, jour et nuit. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Vous craignez peut-être, à l’inverse, d’être « ce genre de personne ». Un score élevé à une courte échelle autodéclarée n’est pas un verdict, et les moyennes de ces traits ont tendance à baisser un peu avec l’âge (Hartung et al., 2022 ; Wolff & Wetzel, 2023). Le fait même de vous poser la question montre que vous réfléchissez à l’effet de vos comportements sur les autres. Pour mieux vous connaître, vos scores d’agréabilité et de conscienciosité au test de personnalité Big Five et, pour votre façon de réagir aux émotions des autres, le test d’empathie et de style émotionnel peuvent aider, mais aucun des deux n’est un test de triade noire. Les façons de développer l’empathie sont présentées dans le guide sur l’empathie. Si vous avez le sentiment de faire du mal aux autres sans remords, ou que mentir et utiliser les gens sont devenus des habitudes, c’est un sujet que vous pouvez aborder avec votre médecin traitant ou lors d’une consultation en psychiatrie ou en psychologie. Si cette inquiétude vous pèse beaucoup, ou si vous avez des pensées de vous faire du mal, appelez d’abord le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7, gratuit). En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

Q. Existe-t-il un test de triade noire ? R. mind.io ne propose pas de test de triade noire. La recherche utilise des échelles autodéclarées comme le Dirty Dozen en 12 items (Jonason & Webster, 2010), le SD3 en 27 items (Jones & Paulhus, 2014) et des jeux de 70, 35 et 16 items pour le facteur D (Moshagen et al., 2020), et le SD3 a aussi été étudié en coréen (Park et al., 2021). Ce sont toutefois des outils de recherche pour observer des tendances de groupe, et les échelles courtes ont été critiquées parce qu’elles mesurent mal certains traits (Miller et al., 2012). Ce guide n’en reproduit ni les items ni les seuils. Vous pouvez voir vos grands traits de personnalité avec le test de personnalité Big Five, mais ce n’est pas un test de triade noire.

Q. Que veut dire machiavélisme ? R. C’est un trait de personnalité qui désigne une tendance à manipuler les autres. Le nom vient de Machiavel, l’auteur du Prince (Park et al., 2021), et l’échelle psychologique mesurait ce trait par le degré d’accord avec des énoncés choisis dans les écrits de Machiavel (Christie & Geis, 1970, cités par Paulhus & Williams, 2002). Dans l’étude de 2002, le machiavélisme avait, des trois traits, la plus forte corrélation négative avec l’agréabilité (−0,47) et allait aussi avec une faible conscienciosité, mais pas avec une surestimation de sa propre intelligence (Paulhus & Williams, 2002). Des études ultérieures soulignent toutefois que les échelles actuelles de machiavélisme se distinguent à peine de la psychopathie (Vize et al., 2018 ; Miller et al., 2017).

Q. Qu’est-ce que la tétrade noire ? R. La triade noire plus le sadisme quotidien, soit quatre traits. Dans deux expériences, les scores de sadisme prédisaient de façon indépendante des comportements traduisant un goût de la cruauté, et seules les personnes au sadisme élevé acceptaient de faire un effort pour avoir l’occasion de faire du mal à une personne innocente (Buckels et al., 2013). Paulhus estimait que, parce que les quatre traits se recoupent, il faut les étudier ensemble (Paulhus, 2014).

Q. Qu’est-ce que le facteur D ? R. Une notion qui considère ce que partagent de nombreux traits sombres comme une seule tendance de fond. Ses auteurs l’ont définie comme la tendance à maximiser son propre intérêt en ignorant, en acceptant ou en provoquant par malveillance un préjudice pour autrui, accompagnée de croyances qui la justifient, et dans 4 études portant sur plus de 2 500 personnes, D prédisait de nombreux comportements discutables sur le plan éthique et social (Moshagen et al., 2018). Des résultats montrant que le noyau commun des traits sombres se confond presque avec une faible honnêteté-humilité se répètent, mais une étude a conclu qu’il serait prématuré de les tenir pour identiques (Stefanek et al., 2025).

Q. Les personnes à la triade noire élevée réussissent-elles mieux ? R. Cela dépend du trait et du résultat. Dans une étude portant sur 793 jeunes salariés en Allemagne, le narcissisme était lié positivement au salaire, le machiavélisme à l’occupation d’un poste d’encadrement et à la satisfaction de carrière, et la psychopathie négativement à tous les résultats analysés (Spurk et al., 2016). Dans une méta-analyse de 245 échantillons, le machiavélisme et la psychopathie étaient liés à une moindre performance au travail, et les trois traits aux comportements contre-productifs (O’Boyle et al., 2012). Ce sont toutes des corrélations : elles ne montrent pas que ces traits causent la réussite ou l’échec.

Q. Les hommes ont-ils des scores plus élevés ? R. En moyenne, oui. Dans l’étude de 2002 auprès d’étudiants, les hommes avaient des scores plus élevés pour les trois traits (Paulhus & Williams, 2002), et dans des données en ligne sur 12 501 personnes, l’écart moyen pour le facteur D était de 0,42 écart-type (Hartung et al., 2022). Une différence de moyennes ne veut pas dire que les distributions des femmes et des hommes sont séparées : le sexe ne permet donc pas de juger une personne. Les causes de l’écart ne sont pas encore connues non plus.

Q. Quelqu’un au travail, ou l’autre, dans mon couple, me semble relever de la triade noire. R. Plutôt que d’arrêter une étiquette, regardez les comportements qui se répètent. Les échelles de recherche sont des questionnaires que l’on remplit sur soi-même, et les liens avec les résultats sont des corrélations faibles à modérées (O’Boyle et al., 2012 ; White et al., 2024) : il est difficile de deviner les scores de personnalité de quelqu’un à partir de quelques comportements. S’il y a des menaces, du contrôle ou des violences, ce sont des violences, quel que soit le nom qu’on donne à la personne. Danger immédiat : 17 ou 112 · 3919 (Violences Femmes Info), gratuit et anonyme, 24 h/24. Si tout devient trop lourd, ou si vous avez des pensées de vous faire du mal, appelez d’abord le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7, gratuit) ; SOS Amitié (09 72 39 40 50) écoute aussi, jour et nuit. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Q. J’ai peur de relever moi-même de la triade noire. R. Ces traits ne sont pas un diagnostic mais des différences de degré dans une zone infraclinique (Paulhus, 2014), et en moyenne ils baissent un peu avec l’âge (Hartung et al., 2022 ; Wolff & Wetzel, 2023). Si vous avez le sentiment de faire régulièrement du mal aux autres, vous pouvez en parler avec votre médecin traitant ou lors d’une consultation en psychiatrie ou en psychologie. Pour mieux vous connaître, le test de personnalité Big Five et le test d’empathie et de style émotionnel peuvent aider, mais aucun des deux n’est un test de triade noire.

Références : Paulhus, D. L., & Williams, K. M. (2002), The Dark Triad of personality: Narcissism, Machiavellianism, and psychopathy, Journal of Research in Personality 36(6), 556-563, https://doi.org/10.1016/S0092-6566(02)00505-6 ; Paulhus, D. L. (2014), Toward a taxonomy of dark personalities, Current Directions in Psychological Science 23(6), 421-426, https://doi.org/10.1177/0963721414547737 ; Park, C. C., Oh, H., Lee, N., Sohn, H., Lee, D.-g., & Bae, B.-h. (2021), Factor structure and validity estimates of the Korean version of the Short Dark Triad [in Korean], Korean Journal of Industrial and Organizational Psychology 34(3), 511-539, https://doi.org/10.24230/kjiop.v34i3.511-539 ; Christie, R., & Geis, F. L. (1970), Studies in Machiavellianism, New York: Academic Press (cited via Paulhus & Williams, 2002) ; Jonason, P. K., & Webster, G. D. (2010), The dirty dozen: A concise measure of the dark triad, Psychological Assessment 22(2), 420-432, https://doi.org/10.1037/a0019265 ; Jones, D. N., & Paulhus, D. L. (2014), Introducing the Short Dark Triad (SD3): A brief measure of dark personality traits, Assessment 21(1), 28-41, https://doi.org/10.1177/1073191113514105 ; Miller, J. D., Few, L. R., Seibert, L. A., Watts, A., Zeichner, A., & Lynam, D. R. (2012), An examination of the Dirty Dozen measure of psychopathy: A cautionary tale about the costs of brief measures, Psychological Assessment 24(4), 1048-1053, https://doi.org/10.1037/a0028583 ; Maples, J. L., Lamkin, J., & Miller, J. D. (2014), A test of two brief measures of the dark triad: The dirty dozen and short dark triad, Psychological Assessment 26(1), 326-331, https://doi.org/10.1037/a0035084 ; Muris, P., Merckelbach, H., Otgaar, H., & Meijer, E. (2017), The malevolent side of human nature: A meta-analysis and critical review of the literature on the dark triad (narcissism, Machiavellianism, and psychopathy), Perspectives on Psychological Science 12(2), 183-204, https://doi.org/10.1177/1745691616666070 ; Vize, C. E., Lynam, D. R., Collison, K. L., & Miller, J. D. (2018), Differences among dark triad components: A meta-analytic investigation, Personality Disorders: Theory, Research, and Treatment 9(2), 101-111, https://doi.org/10.1037/per0000222 ; Miller, J. D., Hyatt, C. S., Maples-Keller, J. L., Carter, N. T., & Lynam, D. R. (2017), Psychopathy and Machiavellianism: A distinction without a difference?, Journal of Personality 85(4), 439-453, https://doi.org/10.1111/jopy.12251 ; O’Boyle, E. H., Forsyth, D. R., Banks, G. C., & McDaniel, M. A. (2012), A meta-analysis of the Dark Triad and work behavior: A social exchange perspective, Journal of Applied Psychology 97(3), 557-579, https://doi.org/10.1037/a0025679 ; Vize, C. E., Collison, K. L., Miller, J. D., & Lynam, D. R. (2020), The “core” of the dark triad: A test of competing hypotheses, Personality Disorders: Theory, Research, and Treatment 11(2), 91-99, https://doi.org/10.1037/per0000386 ; Kaufman, S. B., Yaden, D. B., Hyde, E., & Tsukayama, E. (2019), The light vs. dark triad of personality: Contrasting two very different profiles of human nature, Frontiers in Psychology 10, 467, https://doi.org/10.3389/fpsyg.2019.00467 ; Moshagen, M., Hilbig, B. E., & Zettler, I. (2018), The dark core of personality, Psychological Review 125(5), 656-688, https://doi.org/10.1037/rev0000111 ; Moshagen, M., Zettler, I., & Hilbig, B. E. (2020), Measuring the dark core of personality, Psychological Assessment 32(2), 182-196, https://doi.org/10.1037/pas0000778 ; Hartung, J., Bader, M., Moshagen, M., & Wilhelm, O. (2022), Age and gender differences in socially aversive (“dark”) personality traits, European Journal of Personality 36(1), 3-23, https://doi.org/10.1177/0890207020988435 ; Stefanek, F., Flakus, M., Baran, L., Kowalski, C. M., & Rogoza, R. (2025), The dark core and honesty-humility: (Nearly) perfectly correlated yet distinct constructs. A proof by comparing their relations with self-reported revengefulness, Current Issues in Personality Psychology 13(2), 109-117, https://doi.org/10.5114/cipp/197264 ; Buckels, E. E., Jones, D. N., & Paulhus, D. L. (2013), Behavioral confirmation of everyday sadism, Psychological Science 24(11), 2201-2209, https://doi.org/10.1177/0956797613490749 ; Spurk, D., Keller, A. C., & Hirschi, A. (2016), Do bad guys get ahead or fall behind? Relationships of the Dark Triad of personality with objective and subjective career success, Social Psychological and Personality Science 7(2), 113-121, https://doi.org/10.1177/1948550615609735 ; Jonason, P. K., Li, N. P., Webster, G. D., & Schmitt, D. P. (2009), The dark triad: Facilitating a short-term mating strategy in men, European Journal of Personality 23(1), 5-18, https://doi.org/10.1002/per.698 ; White, L. K., Valos, N., de la Piedad Garcia, X., & Willis, M. L. (2024), Machiavellianism and intimate partner violence perpetration: A systematic review and meta-analysis, Trauma, Violence, & Abuse 25(5), 4159-4172, https://doi.org/10.1177/15248380241270027 ; Wolff, C., & Wetzel, E. (2023), The development of Machiavellianism, psychopathy, and narcissism in young adulthood, Collabra: Psychology 9(1), 77870, https://doi.org/10.1525/collabra.77870

Vous n’avez pas à garder cela pour vous

Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.

En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Utile ? Faites-le circuler

Envoyez ce guide à quelqu’un que la question pourrait intéresser.

Tests et guides à découvrir ensuite