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Guide bien-être

Méditation et pleine conscience : preuves, effets secondaires, comment commencer

Méditation et pleine conscience : effets sur le stress, l’anxiété, la dépression et le sommeil, effets secondaires et comment commencer.

Méditation et pleine conscience : pas une pratique unique

La « méditation » n’est pas une méthode unique, mais un mot qui recouvre de nombreuses pratiques. Certaines concentrent l’attention sur un seul objet, comme la respiration, un son, une image ou un mot répété (un mantra) ; d’autres, comme la pleine conscience, maintiennent l’attention sur le moment présent sans porter de jugement (NCCIH, 2022). Une chronique du portail coréen officiel de santé mentale distingue deux grandes familles : la méditation de concentration, sur un objet unique qui ne change pas, et la méditation d’observation, où l’on s’attache à ce qui change, comme la respiration, les sensations ou la douleur, en remarquant que l’attention s’égare pour y revenir (portail national d’information en santé mentale, 2020). L’Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies range la méditation, avec la respiration abdominale, le yoga, la relaxation musculaire progressive et le massage, parmi les méthodes de relaxation qui réduisent les tensions physiques et psychiques (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2026).

La pleine conscience consiste à prêter attention, instant après instant, à ce qui se passe en nous et autour de nous. On s’entraîne peu à peu à remarquer quand nos pensées prennent le dessus et à les voir comme des événements mentaux qui n’ont pas à nous commander (NHS, 2026a). Le Centre national de neurologie et de psychiatrie du Japon la présente comme « une façon de remarquer l’expérience de l’instant présent et de l’accepter telle qu’elle est », que l’on pratique par l’attention au quotidien, la méditation ou la respiration (Centre national de neurologie et de psychiatrie du Japon, s. d.).

Une grande partie des recherches porte sur des programmes structurés. La réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR) enseigne la méditation de pleine conscience, avec des temps d’échange et des façons de l’appliquer aux situations stressantes, et la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT) ajoute à cette pratique des éléments de thérapie cognitivo-comportementale (NCCIH, 2022). Dans une analyse d’essais de programmes de méditation, le MBSR comprenait en général 20 à 27,5 heures d’entraînement sur 8 semaines, et les preuves d’un effet des programmes de méditation par mantra sur le stress et le bien-être étaient nulles ou insuffisantes (Goyal et al., 2014). Des chercheurs soulignent aussi que « pleine conscience » est un terme fourre-tout qui recouvre un grand nombre de pratiques, de processus et de caractéristiques (Van Dam et al., 2018). Pour juger des « effets de la méditation », il faut donc se demander quelle méthode a été utilisée, par qui, et à quoi on l’a comparée.

À quoi cela aide, et dans quelle mesure : regarder à quoi on l’a comparé

Une analyse d’essais contrôlés randomisés qui ne comparaient les programmes de méditation qu’à des activités de contrôle équivalentes en temps et en attention (47 essais, 3 515 personnes) a trouvé des preuves modérées que les programmes de méditation de pleine conscience amélioraient l’anxiété (taille d’effet 0,38) et la dépression (0,30) à 8 semaines, ainsi que la douleur (0,33), et des preuves faibles pour le stress et la qualité de vie liée à la santé mentale. Pour l’humeur positive, l’attention, le sommeil et le poids, les preuves d’absence d’effet étaient faibles ou les preuves insuffisantes, et rien n’indiquait que ces programmes fassent mieux que les médicaments, l’exercice ou d’autres thérapies comportementales. Les auteurs concluent que les programmes de méditation peuvent réduire de façon faible à modérée plusieurs aspects du stress psychologique (Goyal et al., 2014).

Dans une analyse de 142 échantillons (12 005 personnes) atteintes d’un trouble diagnostiqué, les interventions basées sur la pleine conscience faisaient mieux que l’absence de traitement (taille d’effet 0,55), mais l’écart se réduisait à mesure que le comparateur devenait plus actif, à 0,23 face à des traitements actifs spécifiques, et il n’y avait pas de différence avec les traitements fondés sur des preuves (Goldberg et al., 2018). Dans 30 essais comparant directement thérapie basée sur la pleine conscience et thérapie cognitivo-comportementale pour la dépression (2 750 personnes), les deux étaient équivalentes (Sverre et al., 2023). Dans un essai auprès de 276 adultes souffrant d’un trouble anxieux, chez les 208 qui l’ont mené à terme, le score de sévérité évalué par des cliniciens a baissé de 1,35 point avec 8 semaines de MBSR et de 1,43 point avec un antidépresseur courant : le MBSR n’était pas inférieur à l’antidépresseur (non-infériorité ; Hoge et al., 2023). Il s’agit toutefois de programmes structurés menés par des thérapeutes, qu’on ne peut pas transposer tels quels à la méditation pratiquée en autonomie ou avec une application.

Dans une méta-analyse de 136 essais contrôlés randomisés (11 605 personnes) menés hors contexte clinique, les programmes de pleine conscience réduisaient l’anxiété (8 essais, taille d’effet 0,56), la dépression (14 essais, 0,53) et la détresse psychologique (27 essais, 0,45), et amélioraient le bien-être (9 essais, 0,33), par rapport à l’absence d’intervention. Mais rien ne montrait qu’ils fassent mieux que des activités de comparaison actives spécifiques, seul l’effet sur la détresse persistait une fois exclus les essais à risque de biais élevé, et le niveau de certitude des preuves allait de modéré à très faible (Galante et al., 2021). Une analyse des données individuelles de 2 371 adultes de la population générale ayant choisi de suivre des programmes de groupe animés par des enseignants a aussi trouvé une baisse faible à modérée de la détresse un à six mois plus tard, par rapport à l’absence d’intervention (taille d’effet 0,32 ; Galante et al., 2023).

Une revue de 44 méta-analyses (336 essais contrôlés randomisés, 30 483 personnes) a de même constaté que les programmes de pleine conscience faisaient en général mieux que les listes d’attente ou l’absence d’intervention, mais que les effets étaient le plus souvent plus faibles et moins souvent significatifs face à des groupes de comparaison actifs (Goldberg et al., 2022a).

Et le sommeil ? Dans une analyse de 18 essais (1 654 personnes), la qualité du sommeil s’améliorait davantage qu’avec des activités de comparaison générales, comme une éducation au sommeil (taille d’effet 0,33), mais des preuves de faible niveau indiquaient l’absence de différence avec d’autres traitements fondés sur des preuves (Rusch et al., 2019). Si l’insomnie persiste, le traitement recommandé en premier est présenté dans le guide Insomnie : ce qui aide vraiment. Pour la douleur chronique, la douleur diminuait légèrement plus qu’avec les différents types de groupes de comparaison dans 30 essais, mais la qualité des preuves était faible (Hilton et al., 2017).

Et les applications ? Dans une analyse de 45 essais contrôlés randomisés, les applications de pleine conscience réduisaient légèrement la dépression (taille d’effet 0,24) et l’anxiété (0,28) par rapport aux groupes de comparaison, mais peu d’études les comparaient à d’autres approches actives, et celles-ci ne trouvaient pas de différence (Linardon et al., 2024). Une autre analyse de 34 essais sur des applications (7 566 personnes) trouvait en fin d’utilisation un stress plus bas que dans les groupes de comparaison (0,46), tout en appelant à la prudence en raison du petit nombre d’études et d’un risque de biais incertain (Gál et al., 2021).

La recommandation britannique (NICE) cite la pleine conscience et la méditation en groupe parmi 11 options utilisables en premier traitement d’une dépression moins sévère ; elle arrive septième dans l’ordre établi par le comité, qui conseille d’envisager d’abord l’option la moins lourde, l’auto-assistance guidée. Ces groupes utilisent un programme comme la MBCT conçu pour la dépression, comptent en général 8 séances et 8 à 15 participants, et demandent de s’exercer chez soi avec des enregistrements entre les séances (NICE, 2022).

Le programme de 8 semaines qui réduit les rechutes dépressives (MBCT)

La MBCT est un programme de soin structuré de 8 semaines (8 séances) destiné à prévenir le retour de la dépression. Dans une analyse des données individuelles de 9 essais contrôlés randomisés (1 258 personnes) comparant la MBCT à d’autres traitements chez des personnes ayant une dépression récurrente en rémission complète ou partielle, le risque de rechute sur 60 semaines était plus faible qu’en l’absence de MBCT (hazard ratio de 0,69), et aussi plus faible qu’avec d’autres traitements actifs (hazard ratio de 0,79). Certains éléments suggéraient que l’effet, par rapport à d’autres traitements, était plus grand chez les personnes aux symptômes dépressifs plus sévères avant le traitement, et l’effet tendait à diminuer au fil du suivi (Kuyken et al., 2016). Un hazard ratio compare le risque de rechute ; ce n’est pas la proportion de personnes qui ont rechuté.

Dans un essai mené auprès de 424 adultes britanniques qui avaient eu au moins trois épisodes dépressifs et prenaient un traitement d’entretien, la rechute sur 2 ans ne différait pas nettement entre les personnes qui réduisaient leur médicament avec l’aide de leur médecin tout en suivant une MBCT et celles qui poursuivaient leur traitement (Kuyken et al., 2015). Cela ne veut pas dire qu’on peut arrêter son médicament parce qu’on suit une MBCT. Réduire ou arrêter un traitement se fait progressivement, avec le médecin qui l’a prescrit ; pour en savoir plus, voir le guide Antidépresseurs et psychotropes. Ces résultats concernent des programmes de groupe structurés, pas la méditation pratiquée en autonomie ou avec une application.

Pour les personnes améliorées par un antidépresseur seul mais à risque élevé de rechute, la recommandation britannique invite à envisager la poursuite du médicament, une TCC de groupe ou une MBCT pour celles qui ne souhaitent pas le poursuivre, ou la poursuite du médicament avec ce type de thérapie. Ces programmes sont centrés sur les compétences de prévention de la rechute et comptent en général 8 séances sur 2 à 3 mois, avec la possibilité de séances supplémentaires dans les 12 mois suivants (NICE, 2022). La Haute Autorité de santé présente aussi la thérapie de pleine conscience comme une forme de TCC indiquée en cas de récidive dépressive (HAS, 2017).

La recommandation de la Société japonaise des troubles de l’humeur rappelle que la recommandation britannique cite la pleine conscience et la méditation en groupe parmi les options non médicamenteuses de la dépression légère, mais précise qu’au Japon la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience n’est pas une psychothérapie prise en charge par l’assurance maladie et que ses techniques ne figurent pas dans les manuels recommandés par le ministère de la Santé (Société japonaise des troubles de l’humeur, 2025). La chronique du portail coréen explique que des programmes de méditation débarrassés de leur dimension religieuse ont été utilisés contre le stress et la douleur chronique, et que la psychiatrie voit la méditation comme une forme d’entraînement à la régulation des émotions et de l’attention, pour atténuer des symptômes comme l’anxiété, la dépression ou l’insomnie (portail national d’information en santé mentale, 2020). Le traitement de la dépression en général est présenté dans le guide Dépression : ce qui aide.

Les exagérations, et ce que l’on ne sait pas encore

La recherche sur la méditation ne manque pas d’exagérations. Des chercheurs qui ont examiné ce domaine de façon critique ont averti que la désinformation et les faiblesses méthodologiques des études passées peuvent nuire au public, l’induire en erreur et le décevoir, et qu’il faudra bien plus de recherches pour savoir pour quels problèmes, et chez qui, ces programmes aident vraiment (Van Dam et al., 2018). Le Centre national américain pour la santé complémentaire et intégrative note aussi qu’une grande partie des recherches est préliminaire ou peu rigoureuse, et que les résultats ont pu être interprétés avec trop d’optimisme (NCCIH, 2022).

Les résultats positifs ont aussi tendance à ressortir davantage. Une analyse de 2016 a constaté que 108 des 124 essais publiés sur la thérapie basée sur la pleine conscience (87 %) rapportaient au moins un résultat positif dans leur résumé, soit 1,6 fois le nombre attendu d’après la taille d’effet, et que 13 des 21 essais enregistrés (62 %) n’étaient toujours pas publiés 30 mois après leur fin (Coronado-Montoya et al., 2016). À l’inverse, une revue de 44 méta-analyses a jugé les résultats globalement robustes au biais de publication, tout en relevant d’autres biais importants et des effets indésirables rapportés de façon inégale (Goldberg et al., 2022a).

L’idée que « la méditation change le cerveau » demande elle aussi de la prudence. Les études d’imagerie cérébrale regroupées suggèrent de modestes changements de structure, mais des changements semblables s’observent quand on apprend d’autres savoir-faire, comme un instrument de musique : ils ne sont donc peut-être pas propres à la méditation, et leur portée pratique reste floue (Van Dam et al., 2018). Dans deux essais regroupés qui ont réparti au hasard 218 personnes n’ayant jamais médité entre une liste d’attente, 8 semaines de MBSR et une activité de comparaison équivalente, rien n’indiquait que le MBSR modifie la structure du cerveau par rapport à l’un ou l’autre groupe de comparaison (Kral et al., 2022).

Les cours de pleine conscience proposés à tous les élèves n’ont pas non plus tenu leurs promesses. Dans un essai portant sur 8 376 élèves de 84 établissements britanniques, 10 leçons de pleine conscience n’ont pas montré de bénéfice pour la santé mentale au bout d’un an par rapport à l’éducation socio-émotionnelle habituelle, et aucun effet indésirable lié aux leçons n’a été observé (Kuyken et al., 2022).

Effets secondaires, et pour qui la prudence s’impose

La méditation et la pleine conscience sont en général considérées comme peu risquées, mais peu d’études ont examiné leurs effets néfastes : on ne peut donc pas affirmer avec certitude qu’elles sont sans danger (NCCIH, 2022). Le NHS indique aussi que la pleine conscience ne convient pas à tout le monde : certaines personnes trouvent qu’elle ne les aide pas, ou qu’elle les fait se sentir plus mal (NHS, 2026a).

Dans une revue de 83 études (6 703 personnes), les effets indésirables liés à la méditation atteignaient environ 8 % (8,3 %) au total, mais variaient fortement selon le type d’étude : 3,7 % dans les études expérimentales et 33,2 % dans les études observationnelles. Les plus fréquents étaient l’anxiété et la dépression, et ils pouvaient aussi survenir chez des personnes sans antécédents de troubles psychiques (Farias et al., 2020). Dans une étude où un évaluateur indépendant a interrogé 96 personnes après un programme de MBCT de 8 semaines, 37 % avaient eu au moins une réaction ayant nui à leur fonctionnement quotidien, et 6 à 14 % des effets négatifs durables, liés à des signes d’hyperéveil et de dissociation. Les chercheurs estiment que la détresse passagère et les effets négatifs surviennent à des taux comparables à ceux des autres psychothérapies (Britton et al., 2021).

Les enquêtes auprès de personnes ayant médité donnent des taux très différents selon la façon de poser la question. Dans une enquête auprès de 434 adultes américains, 32,3 % ont rapporté un effet indésirable de la méditation, 10,6 % une gêne dans la vie quotidienne et 1,2 % une gêne d’un mois ou plus. Les plus fréquents étaient l’anxiété, la reviviscence de souvenirs traumatiques et une sensibilité émotionnelle accrue, plus fréquents chez les personnes ayant connu l’adversité dans l’enfance. Celles qui avaient eu des effets indésirables étaient aussi contentes d’avoir médité que les autres (Goldberg et al., 2022b). Dans une enquête auprès de 886 adultes américains, 31,4 % ont rapporté une expérience difficile ou pénible et 9,1 % une gêne dans leur fonctionnement quotidien qui en découlait ; cela était associé à une détresse psychologique plus forte, à des traits de type psychotique et à la participation à une retraite de méditation (Van Dam et al., 2025). Parmi 1 232 méditants réguliers, 25,6 % ont rapporté une expérience particulièrement désagréable, plus souvent ceux qui avaient déjà fait une retraite (Schlosser et al., 2019).

Les programmes de pleine conscience courants excluent souvent les personnes ayant une dépendance à une substance, des pensées suicidaires, une psychose, un trouble de stress post-traumatique, une dépression sévère, une anxiété sociale sévère ou une crise récente, comme un deuil ou un divorce. Mais des programmes adaptés à certains de ces troubles ont donné des résultats prometteurs, si bien que ces critères doivent être appliqués avec souplesse (Baer et al., 2019). La recommandation britannique précise aussi que ces programmes peuvent être difficiles pour les personnes qui ont des pensées intenses ou très pénibles, ou qui ont du mal à porter leur attention sur le corps (NICE, 2022). Si c’est votre cas, parlez-en d’abord à votre médecin ou à votre thérapeute plutôt que de commencer sans accompagnement. Dans la revue des effets indésirables, quelques études rapportaient aussi des comportements suicidaires (Farias et al., 2020). Si vous pensez à mourir pendant ou après une méditation, ne gardez pas cela pour vous : appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit).

Il existe aussi des cas rapportés de symptômes graves, comme une psychose, une manie, une dépersonnalisation ou une déréalisation, ou des souvenirs traumatiques, déclenchés par la méditation. Ils concernaient plusieurs types de méditation, souvent lors de retraites intensives, et aucun ne concernait un programme de pleine conscience validé (Baer et al., 2019). Ces cas ne disent pas à quelle fréquence cela arrive. La dépersonnalisation et la déréalisation pendant la méditation sont présentées dans le guide Dépersonnalisation et déréalisation.

Psycom, site public français d’information en santé mentale, rappelle que la méditation peut entraîner chez certaines personnes, à certains moments, des effets indésirables comme des états d’euphorie, des visions, des douleurs physiques intenses, de la paranoïa, de la colère ou de la peur ; il recommande de surveiller les signes de mal-être, surtout si l’on vit avec un trouble psychique, et, si cela se produit, d’arrêter les séances et, si besoin, de consulter une personne qualifiée en santé mentale (Psycom, 2026).

Comment commencer

Aucun matériel particulier n’est nécessaire. Asseyez-vous dans un endroit confortable et chaud, le dos droit et à l’aise (NHS, 2026b). Portez votre attention sur l’air qui entre et qui sort ; quand l’attention s’égare et qu’une pensée, une émotion ou une sensation surgit, remarquez-la sans la juger ni la repousser (« tiens, j’ai eu cette pensée »), puis revenez à la respiration. Au début, il est difficile de se concentrer longtemps : commencez par quelques minutes et allongez peu à peu à mesure que vous vous habituez (portail national d’information en santé mentale, 2020).

Un esprit qui vagabonde fait naturellement partie de la méditation : ce n’est pas un échec, et cela arrive aussi aux personnes expérimentées. Faire le vide dans sa tête n’est pas non plus le but. Si votre esprit s’égare 10 fois, ramenez-le 10 fois vers la respiration, et à la fin, ne vous arrêtez pas trop brusquement. Il n’y a pas de règle sur la durée d’une séance, mais le NHS suggère environ 20 minutes comme bon repère (NHS, 2026b). Il existe aussi la méditation en marchant, en portant attention à la sensation des pieds qui touchent le sol (portail national d’information en santé mentale, 2020).

S’il est difficile de dégager du temps, choisissez un moment régulier de la journée, comme le trajet vers le travail ou une promenade à midi, pour remarquer les sensations autour de vous, ou essayez de nommer en silence les pensées et les émotions qui surgissent (NHS, 2026a).

Les programmes de 8 semaines utilisés dans la recherche comprennent en général un cours hebdomadaire de 2 à 2,5 heures, une journée entière de pratique et environ 45 minutes de pratique à la maison 6 jours sur 7. Dans une analyse de 43 études (1 427 personnes), les participants en faisaient 64 %, soit environ 30 minutes par jour. Dans les 28 études (898 personnes) qui l’ont examiné, une pratique déclarée plus importante allait de pair avec des résultats un peu meilleurs (corrélation 0,26). Ce n’est qu’une association, pas la preuve que pratiquer plus longtemps rend les effets plus grands (Parsons et al., 2017).

Pour choisir un cours, renseignez-vous sur la formation et l’expérience de la personne qui l’anime (NCCIH, 2022). Vous pouvez commencer avec une application, mais, comme on l’a vu, les effets étaient faibles.

Où apprendre, et quand se faire soigner

N’utilisez pas la méditation pour remplacer les soins habituels ni comme une raison de repousser une consultation (NCCIH, 2022). La chronique du portail coréen rappelle aussi que la méditation n’est pas une panacée et que d’autres traitements, dont les médicaments, peuvent compter davantage (portail national d’information en santé mentale, 2020). De nombreux centres de pleine conscience s’efforcent d’ailleurs de préciser que la pleine conscience n’a pas vocation à remplacer les soins psychiatriques habituels (Van Dam et al., 2018).

Si l’humeur basse ou l’anxiété dure depuis plus de 2 semaines et perturbe la vie quotidienne, faites le point sur les 2 dernières semaines avec l’auto-évaluation PHQ-9 ou l’auto-évaluation GAD-7, et consultez le guide Dépression : ce qui aide ou Première consultation en psychiatrie pour vous faire soigner. Pour alléger le stress du quotidien, d’autres pistes étayées, comme l’exercice, le sommeil et la respiration lente, sont présentées dans le guide Comment évacuer le stress.

Les lieux où apprendre varient selon les pays. En Corée, demandez au centre de santé publique ou au centre de santé mentale de votre commune s’il propose un programme de pleine conscience. Au Japon, la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience n’est pas une psychothérapie prise en charge par l’assurance maladie (Société japonaise des troubles de l’humeur, 2025) : si vous avez besoin de soins, mieux vaut en parler d’abord à votre médecin. Le programme d’autocompassion en pleine conscience, qui ajoute un entraînement à la bienveillance envers soi, est présenté dans le guide Cultiver l’autocompassion.

Questions fréquentes

Q. Faut-il faire le vide dans sa tête pour méditer ? R. Non. Avoir l’esprit complètement vide n’est pas le but de la méditation ; si une pensée s’impose, ramenez doucement votre attention sur la respiration (NHS, 2026b). La pleine conscience ne consiste pas à faire disparaître les pensées, mais à les voir comme des événements mentaux qui vont et viennent. C’est très difficile au début, mais avec une persévérance bienveillante, c’est possible (NHS, 2026a).

Q. La méditation est-elle une religion ? R. Beaucoup de techniques de méditation sont nées de pratiques religieuses diverses, mais des programmes de méditation débarrassés de leur dimension religieuse ont été utilisés contre le stress et la douleur chronique (portail national d’information en santé mentale, 2020). Le NHS présente la méditation non comme quelque chose de mystique, mais comme une façon de s’arrêter un moment pour retrouver le calme (NHS, 2026b), et l’Association japonaise de pleine conscience décrit des recherches et des pratiques dans de nombreux domaines, dont la psychologie, la médecine, l’éducation, la religion et l’industrie (Association japonaise de pleine conscience, s. d.).

Q. La méditation apaise-t-elle à coup sûr ? R. Pas forcément. Les effets observés dans les essais étaient en moyenne faibles à modérés (Goyal et al., 2014), et certaines personnes trouvent qu’elle ne les aide pas ou les fait se sentir plus mal (NHS, 2026a). Si une réaction difficile survient, arrêtez et, si besoin, consultez une personne qualifiée en santé mentale (Psycom, 2026).

Q. Plus on pratique longtemps, mieux c’est ? R. Pas forcément. Dans les programmes de 8 semaines, les personnes qui pratiquaient davantage avaient des résultats un peu meilleurs, ce qui reste une association (Parsons et al., 2017), mais la participation à des retraites de méditation était aussi liée à des expériences difficiles (Van Dam et al., 2025). Il n’y a pas de règle établie sur la durée d’une séance (NHS, 2026b).

Q. La méditation peut-elle remplacer un traitement ? R. Non. Il ne faut pas l’utiliser pour remplacer les soins habituels ni comme une raison de repousser une consultation (NCCIH, 2022). Les approches étayées, comme la MBCT pour prévenir les rechutes dépressives, sont des programmes de soin structurés, et même dans cet essai, la réduction du médicament se faisait avec l’aide du médecin (Kuyken et al., 2015). Parlez-en à votre prescripteur avant de réduire ou d’arrêter un traitement.

Q. Je pense à mourir pendant ou après une méditation. R. Arrêtez de méditer et ne gardez pas cela pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Références : National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH) (2022), Meditation and mindfulness: Effectiveness and safety, https://www.nccih.nih.gov/health/meditation-and-mindfulness-effectiveness-and-safety ; National Center for Mental Health (2020), Meditation as psychiatric treatment [National Mental Health Information Portal column, in Korean], https://www.mentalhealth.go.kr/portal/bbs/bbsDetail.do?bbsId=BBSINIT_2&nttId=302 ; Korea Disease Control and Prevention Agency (2026), Feeling depressed [National Health Information Portal, in Korean], https://health.kdca.go.kr/healthinfo/biz/health/gnrlzHealthInfo/gnrlzHealthInfo/gnrlzHealthInfoView.do?cntnts_sn=6788 ; NHS (2026a), Mindfulness, https://www.nhs.uk/mental-health/self-help/tips-and-support/mindfulness/ ; National Center of Neurology and Psychiatry (n.d.), Mindfulness [CBT map, in Japanese], https://cbtmap.ncnp.go.jp/material/mindfulness/%E3%83%9E%E3%82%A4%E3%83%B3%E3%83%89%E3%83%95%E3%83%AB%E3%83%8D%E3%82%B9/ ; Goyal, M., Singh, S., Sibinga, E. 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Vous n’avez pas à garder cela pour vous

Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.

En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

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