Guide comparatif
MBTI, groupe sanguin, astrologie, saju : quelles différences ?
MBTI, Big Five, groupe sanguin, signe astrologique et saju comparés : ce que chacun lit, sur quelles preuves, et lequel choisir selon le but.
Tous répondent à « qui suis-je ? », mais pas sur les mêmes bases
« Le MBTI est-il plus juste que le groupe sanguin ? » « Quelle différence entre signe astrologique et saju ? » Ces questions reviennent dès qu’on parle personnalité entre amis. Le MBTI, le Big Five, la personnalité selon le groupe sanguin, les signes du zodiaque et le saju (les quatre piliers, dans sa version coréenne) promettent tous de répondre à « quel genre de personne suis-je ? », mais ils tirent cette réponse de sources tout à fait différentes.
En bref, les cinq forment deux groupes. Le MBTI et le Big Five sont des tests psychologiques qui mesurent vos tendances actuelles à partir de vos propres réponses. Le groupe sanguin, le signe astrologique et le saju sont des grilles culturelles qui lisent la personnalité à partir d’informations fixées à la naissance. Dans le premier groupe, le résultat change quand vous changez ; dans le second, il reste le même toute la vie.
Mieux vaut donc savoir ce que vous cherchez avant de demander lequel a raison. Ce guide compare les cinq côte à côte, selon ce que chacun observe, la façon dont il arrive à un résultat et le poids des preuves, puis indique lequel choisir pour s’amuser et lequel pour mieux se comprendre. Une comparaison plus poussée entre saju et tests psychologiques se trouve dans le guide saju ou tests de personnalité.
En un coup d’œil : ce que chacun observe, comment il tranche, quelles preuves
Placés sous la même règle, les cinq se distinguent nettement. Pour chaque système, un premier paragraphe dit ce qu’il observe, comment il arrive à un résultat et à quoi il sert le mieux ; un second dit ce que la recherche montre de sa capacité à décrire la personnalité.
Big Five. Il observe cinq traits : l’ouverture, la conscienciosité, l’extraversion, l’agréabilité et la sensibilité émotionnelle (névrosisme). Vos réponses donnent un score par trait, placé sur un continuum : utile pour connaître finement vos tendances ou suivre leur évolution.
Preuves pour le Big Five : les plus solides des cinq. C’est le cadre de référence de la recherche sur la personnalité, et le lien entre ses scores et la vie réelle est étudié depuis des décennies.
MBTI. Il observe quatre préférences : d’où vient votre énergie (E/I), comment vous recueillez l’information (S/N), sur quoi vous décidez (T/F) et comment vous organisez votre vie (J/P). Vos réponses indiquent votre pente sur chaque axe et donnent l’un des seize types : utile comme langage commun et léger pour parler des différences.
Preuves pour le MBTI : moyennes. Les scores des quatre axes sont liés de façon significative aux traits du Big Five, mais comme chaque score est coupé en deux au milieu, les personnes proches de la limite changent souvent de lettre en refaisant le test.
Groupe sanguin. Il observe les quatre groupes ABO (groupe A, groupe B, groupe O, groupe AB), hérités des parents et fixés à vie : utile comme sujet de conversation léger, très courant en Corée et au Japon.
Preuves pour le groupe sanguin : aucune pour prédire la personnalité. L’idée est née d’une petite enquête menée en 1927 au Japon par Takeji Furukawa et s’est largement répandue dans les années 1970 grâce aux livres de Masahiko Nomi ; de grandes enquêtes n’ont trouvé aucun lien significatif entre groupe sanguin et personnalité.
Signe astrologique. Il observe la section de l’écliptique, parmi douze, que traversait le Soleil le jour de votre naissance, soit les douze signes et leurs quatre éléments (feu, terre, air, eau). Il dépend du jour et du mois de naissance : utile pour parler anniversaires, ou s’amuser avec la compatibilité des signes.
Preuves pour les signes : aucune pour prédire la personnalité. Ni une expérience demandant à des astrologues d’associer des thèmes natals à des résultats de tests de personnalité, ni des études comparant les dates de naissance et les scores de personnalité de nombreuses personnes n’ont trouvé plus que le hasard.
Saju. Il observe quatre piliers qui traduisent l’année, le mois, le jour et l’heure de naissance en huit caractères du cycle sexagésimal, et les cinq éléments. Il se calcule à partir de la date et de l’heure de naissance, si bien que les personnes nées le même jour dans la même tranche de deux heures ont les mêmes huit caractères : utile comme cadre narratif pour les projets du Nouvel An ou l’introspection, et comme plaisir culturel avec la compatibilité des signes chinois.
Preuves pour le saju : aucune preuve validée pour prédire la personnalité. C’est un système symbolique issu d’un ancien calendrier et d’une philosophie, pas un outil de mesure.
Pourquoi les preuves diffèrent autant
Les preuves d’un outil de personnalité se jugent en général sur deux questions. La même personne obtient-elle un résultat proche en refaisant le test (fidélité) ? Et le résultat est-il lié de façon significative au comportement réel et aux événements de la vie (validité) ? Un système fixé à la naissance réussit la première d’office, puisque son résultat ne change jamais ; le problème est la seconde. Un résultat qui ne change pas n’est pas pour autant un résultat juste.
C’est le Big Five qui a accumulé le plus de réponses à cette seconde question. Dans une synthèse de nombreuses études, la capacité de traits comme la conscienciosité à prédire la longévité, le divorce et la réussite professionnelle était comparable à celle du niveau socio-économique familial ou des capacités cognitives (Roberts et al., 2007), et un vaste projet de réplication qui a revérifié 78 liens publiés entre personnalité et vie réelle en a retrouvé près de neuf sur dix (Soto, 2019), les effets retrouvés atteignant environ 77 % de leur taille d’origine. Un score ne décide pas pour autant de l’avenir de quelqu’un : des tendances significatives apparaissent quand on réunit beaucoup de personnes.
Le MBTI se situe entre les deux. Ses quatre scores sont liés de façon significative à l’extraversion, l’ouverture, l’agréabilité et la conscienciosité du Big Five (McCrae & Costa, 1989) : il mesure donc de vraies tendances. Mais comme des scores continus sont coupés en deux pour former des types, ses critiques rappellent depuis longtemps que beaucoup de gens changent au moins une lettre en refaisant le test quelques semaines plus tard (Pittenger, 2005). Pourquoi les résultats changent et comment les lire : voir le guide sur la fiabilité du MBTI.
Les signes astrologiques et les groupes sanguins ont été testés directement. Dans une expérience en double aveugle publiée dans Nature en 1985, des astrologues ne disposant que des thèmes natals n’ont pas fait mieux que le hasard pour retrouver le résultat de test de personnalité correspondant (Carlson, 1985), et une vaste étude comparant les dates de naissance de nombreuses personnes à leurs scores de personnalité et d’intelligence n’a trouvé aucune différence selon le signe (Hartmann et al., 2006). La personnalité selon le groupe sanguin est née d’une petite enquête menée en 1927 par l’éducateur japonais Takeji Furukawa et s’est largement répandue dans les années 1970 grâce aux livres de Masahiko Nomi, mais une étude de 2014 portant sur les réponses de plus de 10 000 personnes au Japon et aux États-Unis n’a trouvé aucun lien significatif entre groupe sanguin et personnalité (Nawata, 2014).
Le saju n’a jamais été conçu pour être testé comme prédicteur de la personnalité, et les études montrant de telles preuves sont introuvables ou presque. Sa structure donne en outre les mêmes huit caractères à toutes les personnes nées le même jour dans la même tranche de deux heures : le saju seul explique mal pourquoi des personnes nées au même moment grandissent avec des personnalités différentes. C’est pourquoi ce site présente la lecture du saju comme une lecture culturelle, pas comme une mesure.
Lequel utiliser, et quand : un guide de choix
La règle est simple. Si vous voulez changer ou décider quelque chose à partir du résultat, prenez un test qui mesure vos réponses ; si le but est la conversation et le plaisir, choisissez ce qui vous tente. Voici le détail selon la situation.
Pour connaître précisément vos tendances : commencez par le test de personnalité Big Five. Chaque trait reçoit un score, ce qui montre forces et points sensibles ensemble (« extraversion moyenne, conscienciosité élevée »), et le refaire quelques mois plus tard montre ce qui a bougé.
Pour parler des différences entre amis ou en équipe : le test MBTI est le plus simple. Quatre lettres se retiennent facilement et tout le monde les connaît déjà, la conversation démarre vite. Si votre résultat change d’une fois à l’autre, voyez comment lire le MBTI et le Big Five ensemble.
Quand la question est précise, en amour ou pour l’orientation : un test conçu pour cette question vaut mieux qu’un type de personnalité. Si l’anxiété ou la distance qui reviennent dans vos relations vous intriguent, essayez le test de style d’attachement ; si vous cherchez quel travail vous intéresse, essayez le test d’intérêts professionnels RIASEC.
Pour bavarder entre amis ou profiter de l’ambiance du Nouvel An : signes astrologiques, groupes sanguins et saju sont parfaits. Si vous êtes Lion, lisez le portrait du signe et la compatibilité du Lion avec vos proches, ou riez ensemble de la compatibilité des groupes sanguins. Puisque c’est pour le plaisir, laissez filer sans regret une lecture qui ne vous plaît pas.
Pour recruter ou choisir avec qui sortir : n’utilisez aucun des cinq comme critère unique. Les tests psychologiques aident à se comprendre, ce ne sont pas des notes pour sélectionner des personnes, et trier des personnes selon une information fixée à la naissance revient à les juger sur ce qu’elles ne peuvent pas changer.
Pourquoi une lecture semble juste même sans preuve
S’il vous est déjà arrivé de lire un portrait astrologique ou sanguin en pensant « comment est-ce si juste ? », rien d’étrange à cela. Dans une expérience en classe publiée en 1949, le psychologue Bertram Forer a remis à ses étudiants ce qu’il présentait comme des portraits de personnalité individuels, en réalité tous identiques, et les étudiants ont jugé que le texte leur correspondait très bien (Forer, 1949). Cette tendance à prendre pour soi des phrases larges qui conviennent à presque tout le monde s’appelle l’effet Barnum.
Des phrases comme « un air enjoué, mais beaucoup de pensées en tête » ou « de la chaleur avec les proches, mais de la réserve au début » s’appliquent plus ou moins à la plupart des gens. Ajoutez le biais de confirmation, qui nous fait retenir les moments qui confirment nos idées et oublier les autres, et la description paraît de plus en plus exacte. Une analyse de données d’enquêtes japonaises annuelles de 1978 à 1988 a aussi rapporté qu’à mesure que ces discours se répandaient, les gens se décrivaient un peu plus selon le stéréotype de leur propre groupe (Sakamoto & Yamazaki, 2004) : la croyance peut créer une partie de la ressemblance.
Les tests psychologiques n’échappent pas complètement à ce piège. Sentir qu’une description vous va et que le test soit exact sont deux choses différentes, c’est pourquoi les chercheurs jugent les preuves en refaisant passer les mêmes personnes et en comparant les résultats au comportement réel, plutôt qu’à l’impression. Autrement dit, l’impression de justesse ne suffit pas pour décider quel système est le meilleur. Il en va de même des « cerveaux gauches » et des « cerveaux droits », qui ont l’air de sortir des neurosciences : les deux hémisphères se partagent bien une partie du travail, mais d’après les études présentées dans le guide Cerveau gauche, cerveau droit, rien ne permet de classer les gens en deux types.
Questions fréquentes
Q. Lequel est le plus juste : MBTI, groupe sanguin, signe astrologique ou saju ? R. Pour mesurer la personnalité, le Big Five a les preuves les plus solides, le MBTI vient ensuite, et le groupe sanguin, le signe astrologique et le saju n’ont aucune preuve de pouvoir prédire la personnalité. Ces trois-là relèvent davantage d’histoires culturelles à savourer que d’outils en concurrence sur la précision.
Q. Le MBTI n’est-il pas aussi peu scientifique que le groupe sanguin ? R. Non : le MBTI mesure des tendances à partir de vos propres réponses, et la recherche montre que ses scores sont liés de façon significative aux traits du Big Five. Sa faiblesse nette est que couper les scores en deux pour attribuer un type rend les résultats instables.
Q. Pourtant, la description de mon signe ou de mon groupe sanguin me ressemble parfaitement. R. Sentir qu’elle vous ressemble est naturel, mais ce sentiment n’est pas une preuve. L’effet Barnum (prendre pour soi des phrases qui conviennent à tous) et le biais de confirmation (ne retenir que ce qui colle) agissent ensemble.
Q. Le saju et l’astrologie fonctionnent-ils de la même façon ? R. Non : les deux dépendent du moment de la naissance, mais le saju utilise huit caractères du calendrier d’Asie de l’Est, tandis que le signe dépend de la section de l’écliptique où se trouvait le Soleil le jour de votre naissance. Le saju utilise aussi la date et l’heure, donc il découpe bien plus finement, comme le montrent les 60 piliers du jour, mais un découpage plus fin ne crée pas de preuve.
Q. Faut-il arrêter de les lire pour s’amuser ? R. Inutile d’arrêter. Profitez-en comme sujet de conversation, en évitant simplement de vous en servir pour juger quelqu’un ou prendre une décision importante.
S’amuser, avec trois règles simples
D’abord, ne pas s’en servir pour juger les gens. Des phrases comme « tu es égoïste parce que tu es du groupe B » ou « je ne m’entends jamais avec ce signe » commencent comme des blagues mais deviennent des étiquettes. Au Japon, s’en prendre à quelqu’un à cause de son groupe sanguin est devenu assez problématique pour recevoir un nom, « bura-hara » (harcèlement lié au groupe sanguin).
Ensuite, prendre les décisions importantes avec des informations réelles. Les choix lourds, changer d’emploi, se marier, investir, la santé, relèvent des conditions concrètes, d’informations fiables et, si besoin, d’un avis professionnel, pas du saju ni des astres. Les résultats des tests psychologiques ne sont pas non plus des diagnostics : si la difficulté dure, cherchez de l’aide avant de chercher des résultats.
Enfin, donner au plaisir et à la connaissance de soi des places distinctes. Prenez les signes, les groupes sanguins et le saju comme des histoires qui animent la conversation, le Big Five et le MBTI comme des miroirs pour vous observer, et les deux ne se heurtent jamais. Aujourd’hui, trouvez votre signe dans les dates des signes et riez-en avec vos proches ; un jour où vous voulez mieux vous connaître, faites le test Big Five.
Références : McCrae & Costa (1989), Journal of Personality 57(1) ; Pittenger (2005), Consulting Psychology Journal: Practice and Research 57(3) ; Roberts, Kuncel, Shiner, Caspi & Goldberg (2007), Perspectives on Psychological Science 2(4) ; Soto (2019), Psychological Science 30(5) ; Carlson (1985), Nature 318 ; Hartmann, Reuter & Nyborg (2006), Personality and Individual Differences 40(7) ; Nawata (2014), Japanese Journal of Psychology 85(2) ; Sakamoto & Yamazaki (2004), Progress in Asian Social Psychology 4 ; Forer (1949), Journal of Abnormal and Social Psychology 44(1).
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Tests et guides à découvrir ensuite
Test de personnalité Big Five
Découvrez vos cinq traits sous forme de scores : des cinq systèmes de ce guide, celui que la recherche soutient le mieux.
Test MBTI
Voyez de combien vous penchez sur chaque préférence, avec les axes proches du 50/50 signalés à part.
Saju ou tests de personnalité
Une comparaison plus poussée du saju et des tests psychologiques, et comment les lire quand ils divergent.