Guide d’interprétation
Les tests d’estime de soi sont-ils fiables ? Ce que dit la recherche
Un test d’estime de soi est-il fiable ? Ce que dit la recherche sur l’échelle de Rosenberg, pourquoi elle n’a pas de seuil officiel et pourquoi le score bouge.
Peut-on se fier à un score d’estime de soi ?
Votre test d’estime de soi affiche 14, « Une période d’exigence envers vous-même » ; quelques semaines plus tard, vous le refaites et obtenez 16, « Une estime de soi plutôt stable » ; ou un autre site vous a donné 28 sur 40 en le qualifiant de « normal ». C’est fréquent, et cela pose deux questions : lequel a raison, et peut-on se fier à un test d’estime de soi ?
En bref : l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg, 1965) qu’utilise mind.io mesure l’estime de soi de façon assez cohérente dans la recherche. Le département de sociologie de l’université du Maryland, qui publie les pages de référence de l’échelle, résume sa cohérence interne selon les échantillons à 0,77 à 0,88 le plus souvent, et ses corrélations test-retest à 0,82 à 0,88 (University of Maryland, n.d.-a). Ce même département indique qu’il n’existe pas de seuil fixe séparant une estime de soi élevée d’une estime de soi faible (University of Maryland, n.d.-b). Une même échelle peut aussi donner des chiffres différents selon la traduction, la formulation, les choix de réponse et la notation, et mind.io vous demande de répondre en pensant aux dernières semaines : ce que vous avez vécu récemment se retrouve donc aussi dans le score.
Ce guide explique ce que vaut l’échelle de Rosenberg dans la recherche, pourquoi il n’existe pas de score officiel en dessous duquel l’estime de soi serait faible, le débat sur ses phrases positives et négatives, pourquoi votre score bouge quand vous refaites le test, ce qu’un score d’estime de soi repère mal et comment lire et utiliser votre résultat. Votre position sur le test d’estime de soi de mind.io par rapport aux adultes coréens est traitée dans le guide Le score moyen d’estime de soi, les tendances liées à une faible estime de soi dans le guide Faible estime de soi : cinq signes, et les habitudes qui la renforcent dans le guide Renforcer l’estime de soi.
L’échelle de Rosenberg est-elle fiable ?
L’échelle d’estime de soi de Rosenberg est une échelle de 10 items créée par le sociologue Morris Rosenberg. Elle a été mise au point dans les années 1960 auprès d’élèves des deux dernières années de lycée de 10 établissements tirés au sort dans l’État de New York, 5 024 au total, et se notait d’abord comme une échelle de Guttman, où les items s’empilent comme des marches ; aujourd’hui, on additionne simplement les réponses, en général un choix parmi quatre pour chaque phrase (University of Maryland, n.d.-a). Ce qu’elle cherche à mesurer a été décrit comme le sentiment d’être « assez bien » plutôt que « très bien » par rapport aux autres (Rosenberg, 1965, cité par Uchida et Ueno, 2010). La précision d’une telle échelle se juge en général de trois façons : les items vont-ils dans le même sens (cohérence interne), un nouveau passage peu après donne-t-il des résultats proches (fidélité test-retest), et mesure-t-elle ce qu’elle veut mesurer, en lien cohérent avec d’autres mesures (validité) ?
La recherche soutient globalement l’échelle. Le département du Maryland résume sa cohérence interne selon les échantillons à 0,77 à 0,88 le plus souvent, et ses corrélations test-retest à 0,82 à 0,88 (University of Maryland, n.d.-a). Dans une étude qui a proposé l’échelle, traduite en 28 langues, dans 53 pays, à 16 998 personnes au total, les items se regroupaient de façon très semblable d’un pays à l’autre, et dans presque tous les pays les scores étaient liés au névrosisme, à l’extraversion et aux styles d’attachement amoureux (Schmitt et Allik, 2005, d’après le résumé). Une autre étude a montré qu’une mesure de l’estime de soi en un seul item présentait chez l’adulte presque le même profil de corrélations que l’échelle de Rosenberg, même si les deux ne concordaient que modérément chez l’enfant (Robins et al., 2001, d’après le résumé).
En Corée, plusieurs traductions sont utilisées, dont une de 1974. Dans une étude auprès de 3 498 élèves et étudiants (écoliers, collégiens et lycéens de la région de Séoul, étudiants de plusieurs régions), la cohérence interne était de 0,75 à 0,87, mais l’item 8, traduit par « J’aimerais pouvoir me respecter un peu plus » (noté à l’envers), se comportait à part. Alors que les autres items étaient corrélés de 0,43 à 0,71 avec le total, l’item 8 l’était de −0,23 chez les écoliers, −0,18 chez les collégiens, −0,02 chez les lycéens et 0,14 chez les étudiants, et sans lui la cohérence interne passait à 0,81, 0,85, 0,83 et 0,89. Les auteurs ont avancé que le « I wish… » anglais se lit peut-être en coréen comme un souhait de progresser plutôt que comme le sentiment d’un manque (Lee et al., 2009a). La même équipe a comparé trois reformulations auprès de 338 collégiens et lycéens, et « Je regrette de ne pas pouvoir me respecter davantage » convenait le mieux (Lee et al., 2009b, d’après le résumé) ; une analyse de 2 351 élèves de première année de collège du panel coréen des enfants et des jeunes, qui avait gardé l’item 8 d’origine, l’a écarté et n’a retenu que neuf items (Choi et Cho, 2013). Dans l’étude des 53 pays aussi, 10 pays avaient une saturation de 0,30 ou moins sur l’item 8 (Schmitt et Allik, 2005, cité par Lee et al., 2009a).
Au Japon, une analyse des études parues dans des revues de 1980 à mars 2013, 256 au total avec 48 927 personnes, a relevé plusieurs traductions en usage : celle de Yamamoto et al. (1982) dans 59,8 % des études et celle de Hoshino (1970) dans 15,2 %, tandis que seules 20,3 % utilisaient les quatre choix de réponse de Rosenberg (Oshio et al., 2014). La plus utilisée, celle de Yamamoto et al. (1982), a trouvé un seul facteur chez 644 étudiants puis additionné neuf items, sans dire lequel était écarté (Yamamoto et al., 1982 ; Uchida et Ueno, 2010). Une version japonaise affinée par des allers-retours avec l’anglais (la RSES-J) présentait presque la même structure que l’original chez 1 320 locuteurs du japonais (Mimura et Griffiths, 2007, d’après le résumé) ; chez 329 étudiants, sa cohérence interne était de 0,81, et chez les 50 d’entre eux qui ont répondu de nouveau deux semaines plus tard, l’accord test-retest (CCI) était de 0,78. Dans cette version aussi, l’item 8 avait la saturation la plus faible des dix items, 0,40, sans aller pour autant en sens inverse (Uchida et Ueno, 2010).
En français, une version canadienne-française a été vérifiée dans quatre études : cohérence interne (étude 1) et structure à un facteur (étude 2) auprès d’élèves de niveau collégial, puis validité de construit (étude 3) et stabilité dans le temps (étude 4), mais les auteurs qualifient leurs résultats de préliminaires (Vallières et Vallerand, 1990, d’après le résumé). Une étude de la version française chez des personnes âgées a trouvé un facteur global d’estime de soi, avec des effets de méthode davantage liés aux phrases négatives (Gana et al., 2005, d’après le résumé).
Le test d’estime de soi de mind.io pose les 10 items de l’échelle avec quatre réponses, de « Tout à fait d’accord » à « Pas du tout d’accord », les note de 3 à 0, inverse les cinq phrases qui vous dévalorisent (items 2, 5, 6, 8 et 9) et les additionne pour un score de 0 à 30. La formulation en coréen, anglais, japonais et français est une traduction ou une reformulation propre à mind.io, différente des versions des études ci-dessus, et mind.io n’a pas étudié la fiabilité ni la validité de son test. Les chiffres ci-dessus portent donc sur des versions de recherche de l’échelle, pas sur la précision d’un résultat mind.io.
Il n’existe pas de seuil officiel de faible estime de soi
Les questionnaires de dépistage de la dépression ou de l’anxiété fixent leurs seuils en comparant les scores à des entretiens diagnostiques : combien de personnes atteintes un seuil repère (sensibilité) et combien de personnes non atteintes il écarte (spécificité). L’estime de soi n’est pas un diagnostic, il n’y a donc rien de tel à quoi comparer un score. Le département du Maryland indique lui-même qu’il n’existe pas de seuils précis pour une estime de soi élevée ou faible, et conseille de chercher des normes dans les études menées auprès de personnes semblables à celles que l’on veut comparer (University of Maryland, n.d.-b). Les moyennes des adultes coréens se trouvent dans le guide Le score moyen d’estime de soi.
Les seuils varient donc selon qui les trace. Au Japon, une étude de 1984 a relevé qu’avec les traductions à quatre choix, les jeunes obtenaient en moyenne environ 25 (sur une notation de 10 à 40), et elle a aussi proposé, comme repère très simple, de lire 20 ou moins comme bas et 30 ou plus comme élevé (cité par Uchida et Ueno, 2010). Sur la notation de 0 à 30 de mind.io, cela donne par le calcul 10 ou moins et 20 ou plus. Les chiffres eux-mêmes peuvent aussi changer pour une même échelle. Noter les quatre choix de 0 à 3, comme l’indiquent les consignes du département du Maryland, donne 0 à 30, les noter de 1 à 4 donne 10 à 40, et certains chercheurs utilisent cinq ou sept choix de réponse (University of Maryland, n.d.-a). Dans l’analyse des 256 études japonaises, les études à cinq choix avaient des moyennes un peu plus élevées que les autres, de façon significative, alors que la traduction utilisée ne faisait pas de différence significative (Oshio et al., 2014).
La numérotation des items change aussi selon les versions. Dans la version que publie le département du Maryland, l’item 7 de mind.io (une personne de valeur, au moins autant que les autres) est l’item 1 et l’item 1 de mind.io (satisfait de soi dans l’ensemble) est l’item 7, même si la phrase sur le souhait de se respecter davantage est l’item 8 dans les deux (University of Maryland, n.d.-a). Avant de comparer avec le score d’un autre site, vérifiez donc que les choix de réponse et la notation sont les mêmes. Un score sur 40 obtenu avec quatre choix se compare à celui de mind.io en retirant 10.
Le résultat de mind.io découpe lui aussi les scores en 0 à 14, « Une période d’exigence envers vous-même », 15 à 25, « Une estime de soi plutôt stable », et 26 à 30, « Une estime de soi solide », mais ces zones sont des repères de lecture de mind.io, pas des seuils fixés par la recherche. La zone du milieu étant large, 15 à 20 et 21 à 25 reçoivent des paragraphes différents. Un 14 et un 15 ne désignent pas deux sortes de personnes : ces noms résument une position sur un score continu.
Phrases positives et négatives : deux estimes de soi ou une façon de répondre ?
Sur les 10 items de l’échelle de Rosenberg, cinq vous valorisent et cinq vous dévalorisent. Ce mélange empêche l’habitude d’acquiescer, quel que soit le contenu, de pousser le total dans un seul sens. Calcul fait avec la notation de mind.io, donner la même réponse à toutes les phrases, « Tout à fait d’accord » comme « Pas du tout d’accord », donne toujours un total de 15.
La façon de lire ces deux volets fait pourtant débat depuis longtemps. Dans l’analyse du panel coréen, les données s’ajustaient mieux avec les dix items répartis en deux volets que lus comme un seul (le score moyen d’estime de soi). Selon une lecture, ce sont deux estimes de soi distinctes ; selon l’autre, c’est une seule estime de soi à laquelle s’ajoute une différence dans la façon de répondre aux phrases négatives (un effet de méthode). Chez des adolescents américains, les réponses reflétaient un facteur d’estime de soi relativement unidimensionnel et des effets de méthode liés aux phrases négatives (Marsh, 1996, d’après le résumé), et une autre analyse trouvait aussi un facteur global d’estime de soi, mais il fallait ajouter des effets de méthode pour bien s’ajuster aux données (Tomás et Oliver, 1999, d’après le résumé). Chez des adolescents mesurés quatre fois en 8 ans, le modèle à deux facteurs perdait de son appui, et les effets de méthode n’étaient pas passagers mais formaient des habitudes de réponse assez stables (Marsh et al., 2010, d’après le résumé).
Une méta-analyse de 113 échantillons, 140 671 personnes au total, a trouvé que le modèle associant un facteur global d’estime de soi à des facteurs pour les phrases positives et négatives s’ajustait le mieux, mais le facteur global prenait l’essentiel de la variance commune expliquée et les deux volets moins de 15 %. Les liens des items avec le facteur global étaient les mêmes aux États-Unis et dans les autres pays très individualistes, mais plus faibles dans les pays moins individualistes, si bien que les auteurs jugent difficile de comparer tels quels les scores entre pays (Gnambs et al., 2018, d’après le résumé). Chez 12 437 élèves allemands, l’échelle se rapprochait d’un seul facteur à mesure que la lecture et le raisonnement étaient meilleurs, et les auteurs lisent l’effet de formulation comme un style de réponse lié aux capacités cognitives (Gnambs et Schroeders, 2020, d’après le résumé). Chez des élèves coréens de première année de collège aussi, un facteur général plus un facteur de méthode pour les items négatifs s’ajustait le mieux (Choi et Cho, 2013). Le total n’est pas inutile pour autant : chez 1 127 étudiants, les facteurs globaux des modèles de structure qui s’ajustaient se reliaient aux critères à peu près comme le score total, ce que les auteurs voient comme une inquiétude réduite, mais pas éliminée, au sujet des scores totaux (Donnellan et al., 2016, d’après le résumé).
Les scores « Regard bienveillant sur soi » (votre accord avec les cinq phrases positives) et « Voix autocritique » (votre accord avec les cinq phrases négatives) de la page de résultat de mind.io sont un découpage indicatif, pas des sous-échelles officielles. Calcul fait avec la notation de mind.io, répondre « Plutôt d’accord » partout donne 10 et 10, et « Tout à fait d’accord » partout 15 et 15, ce que la page lit comme deux voix présentes à la fois. « Plutôt pas d’accord » partout donne 5 et 5, et « Pas du tout d’accord » partout 0 et 0, ce qu’elle lit comme une réponse prudente qui hésite aussi à reconnaître vos qualités. Avant d’interpréter l’écart entre les deux, demandez-vous donc si une habitude de répondre toujours dans le même sens, plutôt que le contenu des phrases, s’est glissée dans vos réponses. Si la voix autocritique est forte, le guide Autocompassion et estime de soi peut aussi aider.
Pourquoi votre score bouge : les dernières semaines et une seule réponse
Dans la recherche, l’estime de soi apparaît comme un trait assez stable. La version japonaise donnait un accord test-retest de 0,78 chez 50 étudiants qui ont répondu de nouveau deux semaines plus tard (Uchida et Ueno, 2010), et les corrélations test-retest que résume le département du Maryland vont de 0,82 à 0,88 (University of Maryland, n.d.-a). Une étude réunissant 50 articles publiés avec 29 839 personnes et quatre grandes enquêtes nationales avec 74 381 personnes a trouvé que l’ordre des scores se maintenait, après correction de l’erreur de mesure, à un niveau de l’ordre de 0,50 à 0,70, comparable aux traits de personnalité ; cette stabilité était faible dans l’enfance, montait à l’adolescence et au début de l’âge adulte, puis redescendait à partir du milieu de la vie (Trzesniewski et al., 2003, d’après le résumé). Chez 3 180 personnes de 14 à 102 ans mesurées six fois en 29 ans, la corrélation baissait à mesure que l’intervalle s’allongeait mais se stabilisait vers 0,43, et les auteurs voient l’estime de soi comme proche d’un trait (Kuster et Orth, 2013, d’après le résumé). L’évolution de la moyenne avec l’âge est présentée dans le guide Faible estime de soi : cinq signes.
Un score isolé garde pourtant la trace de votre état récent. Les consignes d’origine portent sur vos sentiments généraux envers vous-même (University of Maryland, n.d.-a), mais mind.io vous demande de répondre en pensant aux dernières semaines : quelques semaines difficiles se retrouvent donc naturellement dans le score. Quand un résultat précédent est enregistré dans le même navigateur, la page de résultat indique de combien de points il a changé et rappelle que le score d’estime de soi varie naturellement selon votre forme, vos relations et le cours des choses : c’est la tendance qui compte, pas un seul écart.
Calcul fait avec la notation de mind.io, changer une réponse d’un cran déplace le total d’exactement 1 point. Ainsi, 14, « Une période d’exigence envers vous-même », et 15, « Une estime de soi plutôt stable », ou 25, « Une estime de soi plutôt stable », et 26, « Une estime de soi solide », ne sont séparés que d’une réponse, et les paragraphes pour le bas (15 à 20) et le haut (21 à 25) de la zone du milieu se départagent entre 20 et 21. La page de résultat ne signale pas un score proche d’une limite : regardez le chiffre plutôt que le nom de la zone.
Une phrase demande une attention particulière. L’item 8 de la version coréenne de mind.io, sa traduction de « J’aimerais pouvoir me respecter davantage », est formulé presque exactement comme l’item coréen qui se comportait à part dans l’étude ci-dessus, et mind.io ne l’a pas modifié. Il est noté à l’envers, de 3 pour « Pas du tout d’accord » à 2, 1 et 0 pour « Tout à fait d’accord » : par le calcul, il pèse 0 à 3 des 30 points. Si vous avez répondu « Plutôt d’accord » (1 point) par envie de vous respecter davantage plutôt que par sentiment d’un manque, votre total a pu sortir 1 à 2 points plus bas que si vous aviez lu la phrase comme un manque (jusqu’à 3 avec « Tout à fait d’accord »). C’est la lecture de la recherche que fait mind.io ; ce n’est pas le résultat d’une étude des utilisateurs de mind.io. Dans la version japonaise, l’item 8 était peu lié aux autres sans aller en sens inverse, et nous n’avons pas trouvé d’étude montrant un problème propre à cet item en anglais ou en français.
Ce qu’un score d’estime de soi repère mal
Un test d’estime de soi vous demande d’évaluer vous-même votre regard sur vous : un score élevé peut donc recouvrir bien des choses. Des psychologues qui ont passé la recherche en revue notent que les personnes qui déclarent une forte estime de soi comprennent des personnes qui reconnaissent franchement leurs qualités, mais aussi des personnes narcissiques ou défensives, et que beaucoup de personnes à l’estime de soi élevée exagèrent leurs réussites et leurs qualités ; leurs affirmations d’être plus appréciées et d’avoir de meilleures relations n’étaient le plus souvent pas confirmées par des mesures objectives (Baumeister et al., 2003, d’après le résumé). L’estime de soi n’est pas sans importance pour autant : une revue des études qui ont suivi des personnes dans le temps conclut qu’une estime de soi élevée prédit de bons résultats dans les relations, le travail et la santé (Orth et Robins, 2014, d’après le résumé). La différence entre estime de soi et narcissisme est aussi traitée dans le guide Narcissisme.
Prudence aussi pour comparer des pays. Dans l’étude des 53 pays, la moyenne de chaque pays dépassait le milieu théorique de l’échelle, mais dans les cultures plus collectivistes on tendait à répondre vers le milieu, et les phrases négatives étaient lues différemment d’un pays à l’autre, ce qui limite les comparaisons directes (Schmitt et Allik, 2005, d’après le résumé). La moyenne du Japon y était la plus basse (Schmitt et Allik, 2005, cité par Oshio et al., 2014). Certains y voient un regard sur soi plus critique, caractéristique de la culture japonaise (Heine et al., 1999, d’après le résumé), tandis qu’une autre étude a trouvé une estime de soi mesurée par questionnaire plus basse au Japon, mais pas sur un test de réactions automatiques, implicites (Yamaguchi et al., 2007, cité par Oshio et al., 2014). Mieux vaut comparer votre score à des personnes semblables mesurées avec la même version qu’à la moyenne d’un autre pays.
Un score d’estime de soi ne permet pas non plus de repérer une dépression. Des études relient une faible estime de soi à une dépression ultérieure (voir le guide Faible estime de soi : cinq signes), mais le test d’estime de soi de mind.io ne diagnostique ni dépression, ni anxiété, ni autre difficulté psychique. Si une humeur basse dure depuis plus de deux semaines, faites aussi le questionnaire sur la dépression (PHQ-9). Ce n’est pas non plus un diagnostic ; la façon de lire son score est présentée dans le guide Fiabilité du PHQ-9.
L’échelle de Rosenberg ne porte que sur votre regard global sur vous-même : elle ne montre pas une estime de soi qui varie selon les domaines, comme le travail, les relations ou l’apparence. Et n’utilisez pas le score pour juger les autres : faire passer le test à un enfant, à votre partenaire ou à quelqu’un du travail pour le qualifier de « personne à faible estime de soi », ou s’en servir pour recruter ou évaluer, ne fait pas partie de son usage.
Lire et utiliser votre résultat
Premièrement, regardez le chiffre et sa distance aux limites plutôt que le nom de la zone. 14 et 15, ou 25 et 26, ne sont séparés que d’une réponse : des noms différents, une même zone de voisinage.
Deuxièmement, en regardant les deux scores de direction, demandez-vous si vous avez répondu dans le même sens quelles que soient les phrases, et comment vous avez lu l’item 8.
Troisièmement, comparez ce qui est comparable. Sur l’échelle de mind.io, les adultes du panel coréen obtiennent en moyenne environ 18 à 22 (guide Le score moyen d’estime de soi). Retirez 10 à un score sur 40 obtenu avec quatre choix avant de comparer, et ne comparez pas tels quels des scores issus de versions à cinq ou sept choix, d’autres traductions ou la moyenne d’un autre pays.
Quatrièmement, si vous refaites le test, laissez passer quelques semaines et refaites-le dans des circonstances semblables. Le refaire tout de suite parce que le résultat ne vous plaît pas permet de retenir les items et de choisir les réponses voulues. Notez brièvement ce qui s’est passé entre-temps, et regardez la direction sur plusieurs résultats plutôt que quelques points une seule fois. Pour en faire des habitudes, le guide Renforcer l’estime de soi est un bon point de départ.
Cinquièmement, si votre regard sur vous-même pèse depuis des semaines, ou si votre humeur est si basse que le quotidien devient difficile, ne gardez pas cela pour vous : parlez-en à une personne de confiance, au service d’écoute de votre établissement ou de votre travail, ou lors d’une consultation. La page de résultat de mind.io affiche elle aussi ce type d’aide pour les scores de 0 à 14, et y ajoute les lignes d’écoute de crise pour les scores de 9 ou moins.
À éviter : vous qualifier de « personne à faible estime de soi » sur la foi d’un seul score, voir dans un score élevé la preuve que vous valez mieux que les autres, ou juger une culture en comparant des moyennes de pays. Un score d’estime de soi reflète la façon dont vous vous voyez ces derniers temps ; ce n’est pas un verdict.
Questions fréquentes sur la fiabilité des tests d’estime de soi
Q. Peut-on se fier à un test d’estime de soi ? R. Les versions de recherche de l’échelle de Rosenberg sont assez cohérentes et donnent des résultats proches d’un passage à l’autre. Le département du Maryland résume la cohérence interne à 0,77 à 0,88 le plus souvent (University of Maryland, n.d.-a) ; elle était de 0,75 à 0,87 chez des élèves coréens (Lee et al., 2009a), et la version japonaise donnait 0,81 avec un accord test-retest de 0,78 à deux semaines (Uchida et Ueno, 2010). Mais il n’existe pas de limite officielle entre haut et bas, et la formulation de mind.io n’a pas été validée séparément : servez-vous-en comme d’un repère approximatif de votre regard sur vous-même ces derniers temps.
Q. À partir de quel score l’estime de soi est-elle faible ? R. Il n’existe pas de seuil fixe (University of Maryland, n.d.-b). Le 15 et le 26 de mind.io ne sont que des limites qui facilitent la lecture du résultat. Sur l’échelle de mind.io, les adultes du panel coréen obtiennent en moyenne environ 18 à 22 ; situez votre score dans le guide Le score moyen d’estime de soi.
Q. Mon score diffère de celui d’un autre site. R. Les versions diffèrent par leur notation, comme 0 à 30 contre 10 à 40, et certaines proposent cinq ou sept choix (University of Maryland, n.d.-a). Dans les études japonaises, les versions à cinq choix donnaient des moyennes un peu plus élevées, alors que la traduction ne faisait pas de différence significative (Oshio et al., 2014). L’ordre des items change aussi d’une version à l’autre : ne comparez que des scores obtenus avec les mêmes choix de réponse et la même notation.
Q. Mon score a changé depuis la dernière fois. Lequel est le bon ? R. Les deux reflètent ce que vous étiez à ce moment-là. Sur mind.io, une seule réponse différente déplace le total de 1 point, et même la version de recherche japonaise avait un accord test-retest de 0,78 à deux semaines (Uchida et Ueno, 2010). mind.io vous demande de répondre en pensant aux dernières semaines : regardez la direction sur plusieurs résultats, avec ce qui s’est passé entre-temps.
Q. J’ai hésité sur l’item 8. R. Dans l’étude auprès d’élèves coréens, la phrase coréenne « J’aimerais pouvoir me respecter un peu plus » se comportait à part (Lee et al., 2009a), et une étude comparant des reformulations a proposé « Je regrette de ne pas pouvoir me respecter davantage » (Lee et al., 2009b, d’après le résumé). L’item 8 coréen de mind.io a le même sens et, par le calcul, pèse 0 à 3 points du total. Selon la lecture de mind.io, si vous l’avez lu comme un souhait et répondu « Plutôt d’accord » (1 point), votre total a pu sortir 1 à 2 points plus bas que si vous l’aviez lu comme un manque (jusqu’à 3 avec « Tout à fait d’accord »).
Q. Les scores d’estime de soi diffèrent-ils selon les pays ? R. L’étude des 53 pays a constaté que les phrases négatives étaient lues différemment d’un pays à l’autre, ce qui limite les comparaisons directes (Schmitt et Allik, 2005, d’après le résumé). La moyenne japonaise la plus basse (Schmitt et Allik, 2005, cité par Oshio et al., 2014) reflète-t-elle des habitudes de réponse ou une vraie différence ? La question est débattue. Comparez-vous à des personnes semblables mesurées avec la même version plutôt qu’à une moyenne nationale.
Q. Un score élevé est-il une bonne chose ? R. Les scores élevés mêlent des personnes qui reconnaissent franchement leurs qualités et des personnes défensives ou narcissiques (Baumeister et al., 2003, d’après le résumé). Une revue a toutefois trouvé qu’une estime de soi élevée prédisait de bons résultats dans les relations, le travail et la santé (Orth et Robins, 2014, d’après le résumé). Ce que vise l’échelle de Rosenberg est plus proche du sentiment d’être « assez bien » que de celui de valoir mieux que les autres.
Q. Faut-il consulter quand on a une faible estime de soi ? R. Ce n’est pas un diagnostic, beaucoup de choses peuvent se travailler par soi-même, et consulter peut aider même sans crise. Mais si une humeur basse dure ou si vous avez des idées de vous faire du mal, demandez tout de suite de l’aide à une personne qualifiée en santé mentale ou appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
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Vous n’avez pas à garder cela pour vous
Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.
En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
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Tests et guides à découvrir ensuite
Faire le test d’estime de soi
Voyez à quelle distance votre total sur les 10 items se situe des limites de 15 et 26, avec vos deux scores de direction.
Le score moyen d’estime de soi
Les adultes du panel coréen obtiennent en moyenne environ 18 à 22 sur l’échelle de mind.io : comment y comparer votre score.
Signes d’une faible estime de soi
Au-delà du score : cinq tendances repérées par la recherche et les idées reçues.