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Guide relations

Lien traumatique et emprise : pourquoi on reste et comment en sortir

Pourquoi une relation violente est si dure à quitter : le lien traumatique et ses limites, signes d’emprise, risques de la séparation et où trouver de l’aide.

Ce qu’est le lien traumatique : une explication, pas un diagnostic

Le lien traumatique (trauma bonding) désigne un attachement émotionnel entre une personne qui maltraite et la personne qu’elle maltraite (Casassa et al., 2022). On s’en sert comme l’une des explications possibles au fait que beaucoup de personnes ne quittent pas une relation violente (Shaughnessy et al., 2023). Le point de départ le plus souvent cité est une théorie de Dutton et Painter, en 1981, selon laquelle l’attachement amoureux de la victime naît d’un schéma de violences répété et cyclique (Lesiak & Gelsthorpe, 2026).

Le lien traumatique n’est pourtant pas un diagnostic doté de critères. Il existe seulement quelques questionnaires de recherche (Graham et al., 1995 ; Chenneville et al., 2024), et l’expression voisine de « syndrome de Stockholm » sert à décrire un « phénomène hypothétique » d’attachement fort à l’agresseur (Bailey et al., 2023). Plutôt que de dire si vous « avez » un lien traumatique, ce guide expose donc, à partir de la recherche et de sources officielles, pourquoi il est si difficile de quitter une relation violente et comment en sortir en sécurité.

La violence ne se résume pas aux coups. L’Organisation mondiale de la santé définit la violence entre partenaires intimes comme un comportement, au sein d’une relation intime actuelle ou passée, qui cause un préjudice physique, sexuel ou psychologique, et y range les comportements de contrôle (OMS, 2026). Le NHS britannique rappelle que les formes de violence sont diverses, mais qu’il s’agit toujours de prendre le pouvoir et le contrôle sur l’autre (NHS, 2026). En Corée, dans une enquête de 2024 auprès de 7 027 femmes de 19 ans et plus, 19,2 % déclaraient avoir subi au moins une fois dans leur vie des violences physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, ou du contrôle, dans une relation intime (KWDI, 2025).

Ce que montre la recherche, et ce qu’elle ne montre pas

Un test de la théorie publié en 1993 a interrogé par entretiens et questionnaires 75 femmes qui venaient de quitter une relation violente (dont 50 victimes de violences physiques), juste après leur départ puis 6 mois plus tard. Plus la maltraitance intermittente était extrême et plus le déséquilibre de pouvoir était grand, plus l’attachement à l’ex-partenaire était fort ; la violence totale, son intermittence et les écarts de pouvoir expliquaient 55 % de la variance de l’attachement à 6 mois. L’attachement avait pourtant baissé d’environ 27 % en 6 mois (Dutton & Painter, 1993). Ce sont des corrélations observées dans un seul groupe de femmes déjà parties : elles ne prouvent pas que la violence intermittente crée l’attachement.

Les recherches suivantes restent peu nombreuses. Un questionnaire de recherche a été construit en 1995 auprès d’étudiantes en couple hétérosexuel (Graham et al., 1995), et une échelle plus récente, validée chez de jeunes adultes aux États-Unis, l’a aussi été auprès de 538 personnes de 18 à 29 ans au Kenya (Chenneville et al., 2024). Ses auteurs notent que les outils validés sont rares et les études entre cultures limitées (Chenneville et al., 2025). Une étude de 2023 auprès de 354 personnes vivant une relation violente, présentée comme la première à tester un modèle complexe de facteurs de risque, a trouvé des scores de lien traumatique plus élevés en cas de maltraitance dans l’enfance et d’attachement insécure, scores qui allaient de pair avec davantage de symptômes de TSPT (Shaughnessy et al., 2023).

Les résultats divergent aussi. Dans une enquête auprès de 345 femmes venues dans deux services d’aide au Nigeria, l’intensité des violences subies n’était pas nettement liée au score de lien traumatique, alors qu’une empathie plus forte allait de pair avec un score plus élevé (Effiong et al., 2022). Cela ne cadre pas avec l’idée centrale de la théorie, selon laquelle la violence crée le lien. Une revue de 15 articles sur la traite à des fins d’exploitation sexuelle n’a trouvé aucun article montrant comment rompre ces liens et les remplacer par des attachements sains (Casassa et al., 2022). Il n’existe donc pas encore de méthode éprouvée pour « briser un lien traumatique », et la suite de ce guide s’appuie sur ce que l’on sait de la sécurité, du soutien et des soins.

Une étude britannique fondée sur des entretiens avec 18 femmes ayant subi des violences répétées estime que l’agresseur fabrique délibérément l’emprise émotionnelle, par la manipulation progressive, le partage de ses propres traumatismes et l’alternance de cruauté et d’attention, et que les modèles actuels sous-estiment son rôle, au risque de culpabiliser les victimes. Elle n’a toutefois interrogé que des femmes financièrement indépendantes qui disaient rester uniquement par amour (Lesiak & Gelsthorpe, 2026). En résumé, la plupart des études sur le lien traumatique sont petites et ponctuelles, et l’hypothèse selon laquelle la violence intermittente crée l’attachement compte des résultats pour et contre.

Ce qui le distingue du syndrome de Stockholm, de la codépendance et de l’attachement anxieux

Le « syndrome de Stockholm » désigne le lien positif que certaines victimes d’enlèvement nouent avec leur ravisseur. Une revue systématique sur le sujet n’a trouvé que 12 articles, surtout des cas cliniques ; aucun critère diagnostique validé n’avait été décrit et ce diagnostic ne figure dans aucune classification internationale (Namnyak et al., 2008). Plus récemment, des chercheurs ont proposé de le remplacer par l’« apaisement » (appeasement), une stratégie de survie (Bailey et al., 2023).

La « codépendance » est une notion contestée, appliquée à un large éventail de difficultés relationnelles. Une revue de 30 études l’a trouvée régulièrement associée à la détresse émotionnelle, à une identité fragilisée et à des difficultés relationnelles, tout en notant qu’elle n’a pas de critères diagnostiques formels et reste floue (Molina et al., 2026). Le fait de s’oublier pour répondre aux attentes des autres est traité dans le guide Besoin de plaire. La « dépendance amoureuse » n’a pas non plus de définition consensuelle ; dans une méta-analyse de 15 des 27 études (3 628 personnes), elle tendait à aller de pair avec l’attachement anxieux (corrélation 0,39), mais ce n’est pas une notion qui porte sur la violence (Cavalli et al., 2025).

L’attachement anxieux n’est pas non plus la même chose que le lien traumatique. Dans une méta-analyse de 34 études, l’anxiété et l’évitement d’attachement étaient tous deux liés au fait de subir des violences conjugales (Stefania et al., 2023), et dans une autre de 33 études, les attachements anxieux, évitant et désorganisé étaient liés au fait de subir comme de commettre des violences physiques, tandis que l’attachement sécure allait de pair avec moins des deux (Spencer et al., 2021). La plupart de ces études ne portent que sur un moment donné : l’attachement a aussi pu devenir insécure après les violences. Votre style d’attachement n’est pas la raison des violences que vous subissez.

Conflit et violence sont aussi deux choses différentes. Le gouvernement français explique que dans les disputes ou conflits conjugaux, deux points de vue s’opposent dans un rapport d’égalité et la négociation est possible, alors que dans les violences la personne violente installe un rapport de domination et prend le pouvoir sur la victime ; il rappelle que vous n’êtes pas responsable des actes de votre partenaire : ses violences relèvent de sa seule responsabilité (Gouvernement français, s. d.). Si l’on vous fait sans cesse douter de votre mémoire et de votre jugement, lisez aussi le guide sur le gaslighting.

Ne pas partir n’est pas un manque de volonté

On demande souvent pourquoi une personne ne quitte pas une relation violente. Selon un article de presse sur l’enquête coréenne de 2025 sur les violences domestiques, la part de personnes déclarant avoir du mal à comprendre pourquoi les victimes ne quittent pas une relation conjugale violente est passée de 41,2 % à 43,8 % (Newsis, 2026). Pourtant, les raisons que pointent la recherche et les sources officielles sont surtout concrètes. La National Domestic Violence Hotline américaine explique que la violence est une affaire de pouvoir et de contrôle, et cite la peur de ce qui arrivera en cas de départ, la dépendance financière envers la personne violente et l’espoir qu’elle redevienne celle qu’elle a été. Elle ajoute que subir des violences et éprouver une réelle affection pour la personne qui les commet ne s’excluent pas (National Domestic Violence Hotline, 2025a).

Le gouvernement japonais cite des raisons proches : la peur intense pour sa vie en cas de fuite, l’idée que l’autre changera peut-être un jour, la difficulté de vivre sans ses revenus, et l’inquiétude pour la sécurité et la scolarité des enfants (Bureau de l’égalité femmes-hommes du Japon, s. d.a). Dans une enquête du gouvernement japonais de 2023, parmi 462 personnes ayant subi des violences dans leur couple, 40,9 % avaient voulu se séparer sans le faire. Pour ces 189 personnes, les raisons les plus citées étaient les enfants (71,4 %) et l’inquiétude financière (46,0 %), et chez les hommes, la raison la plus citée après les enfants était « je pensais que l’autre changerait peut-être » (24,1 %) (Bureau de l’égalité femmes-hommes du Japon, 2024).

Rester peut aussi être une façon de se protéger. Les lignes directrices du gouvernement britannique expliquent que des victimes restent dans la relation pour gérer leur propre risque, ou celui de leurs proches, lorsqu’elles pensent que partir pourrait les mettre en plus grand danger, elles, leurs enfants ou leur famille (Home Office, 2023). Une étude des entretiens d’admission d’un foyer d’hébergement a montré que l’engagement envers la relation était plus fort chez les femmes qui avaient moins d’alternatives économiques et avaient davantage investi dans leur relation, par exemple en étant mariées, et que cet engagement distinguait nettement celles qui retournaient auprès de leur partenaire dès la sortie du foyer des autres (Rusbult & Martz, 1995). Dans une enquête auprès de 258 Israéliennes ayant quitté une relation violente, seuls le revenu et le fait d’être devenue hypersensible aux sentiments et aux besoins de l’autre expliquaient de façon indépendante la probabilité qu’elles s’attribuaient d’y retourner (Lahav, 2023).

Partir est davantage un processus qu’une décision unique. Une revue de la recherche décrit comment les femmes victimes de violences changent généralement plusieurs fois de regard sur ces violences avant de partir pour de bon (Anderson & Saunders, 2003). On entend souvent qu’il faut « en moyenne 7 tentatives » pour partir, mais la page de la Hotline américaine qui le reprend ne cite aucune étude (National Domestic Violence Hotline, 2025b), et aucune des études consultées pour ce guide ne rapporte un tel chiffre. Les obstacles à la demande d’aide ne tiennent pas seulement à la personne. Une revue de 29 études américaines a relevé six obstacles : ne pas connaître l’aide, avoir du mal à y accéder, craindre les conséquences d’en parler, manquer d’argent et de ressources, des freins personnels, et des institutions défaillantes ; les auteurs appellent à faciliter l’accès aux services, en particulier pour les personnes non anglophones, immigrées ou réfugiées, handicapées, les hommes et les personnes LGBTQIA (Robinson et al., 2021).

À quoi ressemble le contrôle

Le contrôle se manifeste comme un schéma plutôt que comme un incident isolé. Les lignes directrices du gouvernement britannique citent par exemple le fait de surveiller les activités quotidiennes de la personne et de lui faire rendre compte de son temps ; de lui dicter ce qu’elle peut porter et manger, où elle dort, qui elle voit et où elle travaille ; de l’isoler de sa famille, de ses amis et de ses collègues et d’intercepter ses messages ou ses appels. La surveillance par les outils numériques en fait aussi partie : restreindre et contrôler l’usage du téléphone, exiger les mots de passe des comptes, utiliser la géolocalisation (Home Office, 2023). En Angleterre et au pays de Galles, un comportement de contrôle ou de coercition répété au sein d’une relation intime ou familiale est une infraction pénale lorsqu’il fait craindre des violences au moins deux fois, ou cause une inquiétude ou une détresse graves qui pèsent fortement sur la vie quotidienne (UK Parliament, 2015).

Le NHS britannique propose des questions à se poser. Est-ce que votre partenaire vous isole de votre famille et de vos amis ? Est-ce que votre partenaire contrôle votre argent, ou ne vous en donne pas assez pour acheter à manger ou d’autres choses essentielles ? Surveille vos réseaux sociaux, partage des photos ou des vidéos de vous sans votre accord, ou utilise un traceur GPS pour savoir où vous êtes ? Avez-vous déjà changé votre comportement par peur de ce que votre partenaire pourrait faire (NHS, 2026) ? En Corée, la part des femmes ayant subi des violences psychologiques dans une relation intime au cours de l’année (1,8 %) était le double de celle des violences physiques (0,9 %) (KWDI, 2025). Dans une enquête du gouvernement japonais de 2023, 12,6 % des 462 personnes ayant subi des violences dans leur couple avaient senti leur vie en danger : 15,6 % des femmes et 7,5 % des hommes (Bureau de l’égalité femmes-hommes du Japon, 2024).

Les menaces sont aussi une forme de contrôle. Les lignes directrices britanniques citent le fait de menacer de se suicider pour contrôler la victime, en particulier pour l’empêcher de partir (Home Office, 2023), et le gouvernement français donne en exemple « il menace de se suicider si je le quitte » (Gouvernement français, s. d.). Entendre cela peut faire peur et culpabiliser, mais les actes de votre partenaire ne relèvent pas de votre responsabilité. Si votre partenaire semble en danger maintenant, ne gérez pas cela sans aide : appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Si tout devient trop lourd pour vous, ou si vous avez des pensées de vous faire du mal, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7, gratuit).

Certains signes appellent une vigilance particulière. Une méta-analyse de 17 études a retenu comme facteurs de risque les plus forts d’homicide conjugal l’accès direct de l’auteur à une arme à feu, une strangulation non mortelle antérieure, un viol antérieur de la victime, des menaces antérieures avec une arme, des comportements de contrôle et des menaces antérieures de s’en prendre à la victime (Spencer & Stith, 2020). Si l’un de ces signes est présent, n’évaluez pas la situation sans aide : construisez un plan de sécurité avec la police ou un service spécialisé. Cette liste ne sert pas à diagnostiquer votre partenaire. Le gouvernement japonais souligne qu’il n’existe pas de profil type des personnes violentes, sans lien avec l’âge, le niveau d’études, la profession ou le revenu (Bureau de l’égalité femmes-hommes du Japon, s. d.a).

Partir peut être le moment le plus dangereux : s’en sortir en sécurité

La période de la séparation peut être la plus dangereuse. Les lignes directrices britanniques indiquent que la période qui suit la séparation comporte un risque élevé de violence pour les victimes, enfants compris, et que dans un examen des décès liés aux violences domestiques d’avril 2021 à mars 2022, la relation venait de se terminer, ou il avait été question d’y mettre fin, avant l’homicide dans 19 % des cas entre partenaires intimes (Home Office, 2023). Dans l’enquête coréenne de 2025 sur les violences domestiques (9 077 adultes de 19 ans et plus), 50,0 % des 541 personnes ayant divorcé, s’étant séparées ou ayant mis fin à une cohabitation (59,6 % des femmes, 40,0 % des hommes) avaient subi des violences autour de la rupture (MOGEF, 2026 ; Newsis, 2026). Le ministère y voit plus du triple du taux sur la vie entière de 14,4 %, mais les deux taux portent sur des groupes différents : cela ne veut pas dire que se séparer triple le risque. Une étude menée dans 11 villes américaines a aussi trouvé que la séparation, surtout d’avec une personne contrôlante dans le couple, était, pour les femmes victimes de violences, un facteur de risque d’être tuée (Campbell et al., 2003).

C’est pourquoi mieux vaut préparer un départ avec un service spécialisé que sans aide. La National Domestic Violence Hotline américaine indique que ses conseillers sont joignables 24 h/24 par téléphone ou par chat pour examiner la situation et construire un plan de sécurité personnalisé (National Domestic Violence Hotline, s. d.). Le NHS conseille, si vous envisagez de partir, de faire attention à qui vous le dites : il est important que la personne violente ne sache pas où vous allez (NHS, 2026). L’usage d’Internet peut être surveillé et il est impossible d’en effacer complètement les traces (National Domestic Violence Hotline, s. d.). Parmi les conseils généraux : confier à une personne de confiance des copies de vos papiers d’identité, de vos relevés bancaires, de vos documents importants et de vos notes ; décider où aller et qui contacter en cas d’urgence ; et ne pas affronter sans quelqu’un à vos côtés une personne qui peut être dangereuse.

En cas de violence, une thérapie de couple avec votre partenaire n’est pas non plus la solution. La Hotline américaine ne conseille à personne vivant une relation violente de consulter en couple, car la violence n’est pas un problème de couple et une thérapie ne peut pas corriger le déséquilibre de pouvoir propre à une relation violente (National Domestic Violence Hotline, 2022). Le contrôle et la coercition peuvent se poursuivre, et souvent s’aggraver, après la fin de la relation (Home Office, 2023) : couper le contact ne suffit donc pas à garantir votre sécurité. Si le contact se poursuit à cause des enfants ou d’une procédure judiciaire, renseignez-vous sur les protections juridiques avec un service spécialisé.

Juste après le départ, tout peut sembler plus dur. Une revue de la recherche explique le constat en apparence paradoxal que certaines femmes tout juste sorties d’une relation violente ont plus de difficultés psychologiques que celles qui y sont encore, par un processus de stress qui se prolonge (Anderson & Saunders, 2003). Aller plus mal ne veut pas dire que partir était la mauvaise décision. Danger immédiat : 17 ou 112 · 3919 (Violences Femmes Info), gratuit et anonyme, 24 h/24.

Où trouver de l’aide, et se reconstruire

En Corée, la ligne d’urgence pour les femmes 1366 offre un premier accueil ainsi qu’une aide d’urgence et une protection, 365 jours par an et 24 h/24, à toute victime de violences domestiques, de violences dans les relations amoureuses, de harcèlement obsessionnel et d’autres violences, hommes comme femmes. On peut appeler le 1366 sans indicatif ou le joindre via la chaîne KakaoTalk « women1366 » ou son site de conseil en ligne. En 2024, le 1366 a traité environ 293 000 demandes de conseil pour des violences, dont 11 338 pour des violences dans les relations amoureuses, et 6,3 % venaient d’hommes (MOGEF, 2025). Il existe aussi des centres de conseil sur les violences domestiques, des foyers et une aide juridique gratuite (MOGEF, s. d.a), et les centres Sunflower (Haebaragi) offrent au même endroit, 24 h/24, un accompagnement psychologique, médical et juridique, y compris aux victimes de violences domestiques (MOGEF, s. d.b).

D’autres pays ont aussi leurs lignes d’écoute. Au Japon, le #8008 (DV Sōdan Navi) met en relation avec le centre de soutien aux victimes de violences conjugales le plus proche ; l’appel est facturé au tarif normal et n’est pris qu’aux heures d’ouverture de chaque centre (Bureau de l’égalité femmes-hommes du Japon, s. d.b). DV Sōdan Plus (0120-279-889) répond par téléphone 24 h/24 et accueille aussi les hommes (Bureau du Cabinet du Japon, s. d.). Au Royaume-Uni, la National Domestic Abuse Helpline (0808 2000 247) est gratuite, confidentielle et ouverte 24 h/24 (Refuge, s. d.), et en France, le 3919 (Violences Femmes Info) est anonyme, gratuit et ouvert 24 h/24 et 7 j/7, mais ce n’est pas un numéro d’urgence (Service Public, 2026). Aux États-Unis, la National Domestic Violence Hotline répond au 1-800-799-7233.

Si vous aidez quelqu’un de proche, respectez ses décisions plutôt que de pousser cette personne à rompre. Le NHS conseille de ne pas dire à la personne de quitter la relation ou le domicile si elle n’est pas prête : c’est sa décision (NHS, 2026). La Hotline américaine rappelle que, quelles que soient les circonstances, les victimes méritent d’être soutenues dans leurs décisions et aidées à reprendre le contrôle de leur vie (National Domestic Violence Hotline, 2025a). Les hommes aussi subissent des violences : en Angleterre et au pays de Galles, environ 9,1 % des femmes et 6,5 % des hommes de 16 ans et plus ont subi des violences domestiques au cours de l’année (ONS, 2025).

Un accompagnement peut aider à se reconstruire. Une revue Cochrane de 33 essais (5 517 femmes) portant sur les psychothérapies destinées aux femmes victimes de violences conjugales a montré que la thérapie réduisait probablement un peu la dépression (4 essais, 600 femmes, taille d’effet 0,24, certitude modérée) et pourrait réduire l’anxiété (4 essais, 158 femmes, faible certitude), sans que l’on sache si elle changeait quelque chose aux symptômes de TSPT ou au fait de subir à nouveau des violences. Les auteurs concluent que la thérapie améliore probablement la santé émotionnelle, mais qu’on ne sait pas si elle répond aux besoins de sécurité et de soutien des femmes (Hameed et al., 2020). Les soins accompagnent un plan de sécurité et un soutien ; ils ne les remplacent pas.

Les violences entre partenaires peuvent entraîner dépression, stress post-traumatique, troubles anxieux, troubles du sommeil, troubles liés à l’alcool et tentatives de suicide (OMS, 2026). Une revue de 16 études longitudinales (36 163 personnes) a trouvé chez les femmes un lien net entre les violences et l’apparition de nouveaux symptômes dépressifs, un lien dans l’autre sens entre symptômes dépressifs et violences ultérieures, ainsi qu’un lien entre violences et nouvelles tentatives de suicide (Devries et al., 2013). Si cauchemars, flashbacks ou vigilance constante persistent, voyez le guide Traumatisme et TSPT. Si tout devient trop lourd en ce moment, ou si vous avez des pensées de vous faire du mal, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7, gratuit). En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

Q. Je sais que je subis des violences et je n’arrive pas à partir : est-ce un manque de volonté ? R. Non. Des raisons concrètes comme la peur, les enfants et l’argent pèsent lourd (Bureau de l’égalité femmes-hommes du Japon, s. d.a, 2024), et rester peut être une façon de gérer le risque (Home Office, 2023). La responsabilité des violences revient uniquement à leur auteur (Gouvernement français, s. d.).

Q. Le lien traumatique est-il un diagnostic ? Un test peut-il le détecter ? R. Ce n’est pas un diagnostic doté de critères ; il existe seulement des questionnaires de recherche (Graham et al., 1995 ; Chenneville et al., 2024). Le test de style d’attachement de mind.io examine la façon dont vous vous rapprochez et vous éloignez dans vos relations ; il ne détecte ni lien traumatique ni violence.

Q. Si l’autre m’aime, ne va-t-il pas finir par changer ? R. Promettre de ne plus recommencer après des violences fait partie des exemples de violence que cite le gouvernement français (Gouvernement français, s. d.). Les recherches sur les programmes destinés aux auteurs de violences sont présentées dans le guide Gérer sa colère. Vous n’avez pas à attendre dans le danger que l’autre change.

Q. Suis-je en sécurité dès que je pars ? R. Pas forcément. La période autour de la séparation peut comporter un risque accru de violence (Home Office, 2023 ; MOGEF, 2026). Préparez votre départ avec un service spécialisé, comme le 3919.

Q. S’il n’y a pas de coups, est-ce encore de la violence ? R. Oui. Isoler de la famille et des amis, contrôler l’argent, surveiller, menacer, c’est aussi de la violence (NHS, 2026). En Angleterre et au pays de Galles, un contrôle répété est une infraction même sans violence physique (UK Parliament, 2015), et en Corée, les violences psychologiques entre partenaires au cours de l’année étaient deux fois plus fréquentes que les violences physiques (KWDI, 2025).

Q. L’autre, dans mon couple, menace de se tuer si je pars, et je me sens si mal que j’ai envie de disparaître. R. Ne gardez pas cela pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. Si vous ou votre partenaire êtes en danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112 ; pour les violences conjugales, le 3919 répond gratuitement et anonymement, 24 h/24.

Références : Casassa, K., Knight, L., & Mengo, C. (2022), Trauma bonding perspectives from service providers and survivors of sex trafficking: A scoping review, Trauma, Violence, & Abuse, 23(3), 969-984, https://doi.org/10.1177/1524838020985542 ; Shaughnessy, E. V., Simons, R. M., Simons, J. S., & Freeman, H. (2023), Risk factors for traumatic bonding and associations with PTSD symptoms: A moderated mediation, Child Abuse & Neglect, 144, 106390, https://doi.org/10.1016/j.chiabu.2023.106390 ; Lesiak, M., & Gelsthorpe, L. (2026), The invisible abuser: Attachment, victimization, and perpetrator perception in repeat abuse, Violence Against Women, 32(11), 4195-4214, https://doi.org/10.1177/10778012251379423 ; Graham, D. L. R., Rawlings, E. I., Ihms, K., Latimer, D., Foliano, J., Thompson, A., et al. 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Vous n’avez pas à garder cela pour vous

Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.

En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

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