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Guide bien-être

Personnalité évitante : différence avec l’anxiété sociale et ce qui aide

Le trouble de la personnalité évitante selon la recherche : signes, différence avec la timidité, l’anxiété sociale et l’attachement évitant, évolution et aide.

Le trouble de la personnalité évitante : désirer les autres mais redouter le rejet

Le dictionnaire de psychologie de l’APA décrit le trouble de la personnalité évitante comme un fonctionnement durable dans lequel la personne est très sensible au rejet et à la critique, aspire à être acceptée sans être jugée, se tient à l’écart des autres tout en désirant leur affection et leur approbation, et a une piètre opinion d’elle-même, au point d’en souffrir réellement et d’être gravement gênée dans son travail et ses relations (APA, n.d.). L’essentiel n’est pas de ne pas aimer les autres : c’est vouloir être proche et rester à distance par peur d’être repoussé. Le manuel diagnostique américain (DSM-5-TR) envisage ce diagnostic lorsque l’inhibition sociale, le sentiment d’être inapte et l’hypersensibilité au jugement négatif commencent au plus tard au début de l’âge adulte et traversent de nombreux domaines de la vie (Zimmerman, 2023). Ce guide ne reproduit pas la liste des critères.

Dans les dossiers médicaux coréens, qui suivent la CIM-10, ce trouble est classé sous le nom de « personnalité anxieuse [évitante] » (F60.6) (OMS, 1992 ; Service d’examen et d’évaluation de l’assurance maladie, 2026). La CIM-11, la nouvelle classification de l’Organisation mondiale de la santé, n’a en revanche plus de catégorie distincte appelée personnalité évitante. Elle fait du trouble de la personnalité un diagnostic unique auquel on ajoute sa sévérité et ses domaines de traits les plus marqués, un modèle présenté dans le guide Trouble de la personnalité borderline. Dans la table fournie pour retraduire les diagnostics de la CIM-11 vers la CIM-10, l’équivalent le plus proche de l’ancienne catégorie évitante est un trouble de la personnalité avec les domaines « affectivité négative » et « détachement » (OMS, 2024). Le détachement ne désigne pas ici une distance au sens de l’attachement, mais un trait de personnalité qui consiste à éviter les contacts sociaux et l’intimité elle-même. Le NHS britannique explique lui aussi que la façon de poser le diagnostic évolue et qu’au lieu d’un type nommé, on peut recevoir un diagnostic de trouble de la personnalité léger, modéré ou sévère, avec des traits particuliers (NHS, 2024).

mind.io ne propose pas de test de personnalité évitante. Le diagnostic ne découle pas d’un score : il repose sur un examen clinique direct des fonctionnements anciens, présents dans de nombreuses situations, de la souffrance qu’ils causent et de leur retentissement sur la vie (Zimmerman, 2023 ; OMS, 2024). Ce guide présente les formes que peut prendre le trouble de la personnalité évitante, ce qui le distingue de la timidité, de l’anxiété sociale et de l’attachement évitant, sa fréquence et son évolution, pourquoi il apparaît et persiste, ainsi que les traitements étayés par des données et où trouver de l’aide. Il n’est pas fait pour coller une étiquette à quelqu’un d’autre.

Comment il peut se manifester

Les personnes qui ont un trouble de la personnalité évitante désirent la compagnie des autres, mais craignent que leur bien-être dépende des autres. Quand elles paraissent tendues, on se moque parfois d’elles, et cela peut sembler prouver ce qu’elles redoutaient déjà à leur sujet, ce qui entretient le cercle vicieux (Zimmerman, 2023). Les chercheurs y voient deux éléments centraux : le sentiment d’être inférieur aux autres et l’attente d’être rejeté (Lampe & Malhi, 2018). Un seul refus peut alors être vécu comme un verdict sur sa valeur en tant que personne tout entière (Lampe, 2015).

Au quotidien, cela peut se traduire par le fait d’éviter les emplois où il faut côtoyer beaucoup de monde ou les situations où l’on risque d’être embarrassé (McGlashan et al., 2005), et par une difficulté à se confier, même dans les relations proches, de peur d’être rabaissé (American Psychiatric Association, 2024). L’évitement ne se limite pas toujours aux autres. Dans quatre études, les traits de personnalité évitante étaient faiblement à modérément liés à la tendance à éviter aussi les émotions désagréables et la nouveauté (Taylor et al., 2004). La CIM-11 note aussi que les personnes marquées par l’affectivité négative réagissent de façon excessive aux menaces extérieures, aux critiques et aux revers, et peuvent fuir des situations jugées trop difficiles même quand tout montre qu’elles en seraient capables (OMS, 2024).

Une revue consacrée au trouble de la personnalité évitante décrit comment l’ambivalence envers les autres, que l’on désire et que l’on craint, le doute de soi, une autocritique sévère et l’habitude de s’effacer devant autrui rendent difficile de savoir ce que l’on veut et d’agir en conséquence (Weme et al., 2023). Présenter certains de ces traits ne signifie pas pour autant avoir un trouble. La CIM-11 souligne que la façon dont les personnes élevées dans des cultures collectivistes entrent en relation peut paraître « évitante » selon des normes individualistes, et demande de ne diagnostiquer un trouble de la personnalité que lorsque le fonctionnement dépasse ce qui est habituel dans la société concernée (OMS, 2024). Une personne calme et réservée n’a donc pas forcément un trouble.

Ce qui le distingue de la timidité, de l’introversion, de l’anxiété sociale et de l’attachement évitant

La timidité et l’introversion sont des traits de personnalité ordinaires que chacun possède à un certain degré. L’introversion est un trait large qui varie d’une personne à l’autre, et les personnes très timides peuvent avoir un risque plus élevé d’anxiété sociale (APA, n.d.). Une revue relève des éléments en faveur d’un continuum entre la timidité, le trouble d’anxiété sociale et le trouble de la personnalité évitante, tout en suggérant que ce qui le compose pourrait devoir être repensé (Rettew, 2000). On parle de trouble de la personnalité quand la souffrance et le retentissement sur la vie sont importants et durables (APA, n.d.). La différence entre introversion et hypersensibilité est traitée dans le guide Hypersensibilité ou introversion : quelle différence ?.

Le recoupement avec l’anxiété sociale est important. Dans une enquête par entretien auprès de plus de 43 000 adultes américains, près de 40 % des personnes ayant un trouble de la personnalité évitante présentaient aussi un trouble d’anxiété sociale, et avoir les deux allait avec une qualité de vie plus basse que l’anxiété sociale seule. Les chercheurs concluent que les deux sont très proches mais pourraient être distingués (Cox et al., 2009). Dans les études en population générale, environ deux tiers des personnes ayant un trouble de la personnalité évitante ne remplissaient pas les critères de l’anxiété sociale (Lampe & Malhi, 2018). Dans une étude où des jumelles norvégiennes ont été interrogées deux fois à dix ans d’intervalle, les facteurs de risque des deux troubles se recoupaient fortement (r = 0,76) sans être identiques, et la part des personnes ayant un trouble de la personnalité évitante qui présentaient aussi une anxiété sociale passait d’un tiers au départ à la moitié dix ans plus tard (Torvik et al., 2016). D’autres chercheurs voient dans le trouble de la personnalité évitante une forme sévère d’anxiété sociale (Reich, 2009) : le débat n’est pas tranché. Les moyens d’agir sur l’anxiété sociale elle-même sont présentés dans le guide Anxiété sociale.

Malgré la ressemblance des noms, le style d’attachement évitant n’est pas le trouble de la personnalité évitante. Dans la recherche sur l’attachement, le style détaché (dismissing), le plus proche de l’« évitant », consiste à minimiser l’importance des relations proches et à ne compter que sur soi (APA, n.d.), et un résultat au test de style d’attachement n’est pas un diagnostic. Une étude comparant 90 patients norvégiens a montré que les personnes ayant un trouble de la personnalité évitante avaient davantage d’anxiété d’attachement, la peur d’être abandonné, que celles ayant seulement une anxiété sociale, et présentaient plus souvent un style craintif, qui désire la proximité tout en la redoutant, appelé sur ce site craintif-évitant (Eikenaes et al., 2016). L’attachement évitant est traité dans le guide Attachement évitant.

L’hypersensibilité (sensibilité de traitement sensoriel) est elle aussi une autre notion. Dans une étude auprès de 127 étudiants, les scores de sensibilité étaient liés aux traits de personnalité évitante (Meyer & Carver, 2000), mais l’hypersensibilité est un tempérament, pas une maladie (voir le guide Signes de l’hypersensibilité). Contrairement au trouble de la personnalité schizoïde, où le désir de relations proches est lui-même faible, les personnes ayant un trouble de la personnalité évitante désirent la proximité et se retirent par peur du rejet (APA, n.d. ; Zimmerman, 2023) ; et contrairement au trouble de la personnalité dépendante, où l’anxiété pousse à s’appuyer davantage sur quelqu’un, elles ont tendance à s’éloigner (Lampe & Malhi, 2018).

Sa fréquence, et son évolution avec le temps

Sa fréquence dépend beaucoup de la manière de la mesurer. Une enquête nationale américaine a recensé un trouble de la personnalité évitante chez 2,4 % des adultes, plus souvent chez les femmes (Grant et al., 2004), mais lorsque les données ont été réanalysées pour ne compter chaque caractéristique que si elle causait réellement une souffrance ou une gêne, le chiffre est tombé à 1,2 % (Trull et al., 2010). Une méta-analyse d’enquêtes en population générale menées dans de nombreux pays l’estimait à environ 2,7 %, le deuxième trouble de la personnalité le plus fréquent après le trouble obsessionnel-compulsif de la personnalité (Winsper et al., 2020), tandis qu’une autre méta-analyse limitée aux pays occidentaux trouvait 2,8 %, puis 1,2 % en ne retenant que les études où l’évaluation était faite par des experts (Volkert et al., 2018). Une revue des recherches de 1980 à 2020 situe la prévalence en population générale entre 0,8 et 5 % et note que ce trouble, bien que fréquent, est sous-diagnostiqué et insuffisamment traité (Reich & Schatzberg, 2021).

Il n’existe pas d’estimation en population pour la Corée. L’enquête nationale de santé mentale de 2021 ne comportait aucun module sur les troubles de la personnalité (NCMH, n.d.). Dans les données de l’assurance maladie, 438 personnes ont été soignées en 2025 avec une personnalité anxieuse [évitante] (F60.6) comme diagnostic principal, dont plus de la moitié avaient entre 20 et 29 ans, mais il s’agit seulement du nombre de personnes soignées sous ce diagnostic, pas du nombre de personnes concernées (Service d’examen et d’évaluation de l’assurance maladie, 2026).

Le trouble peut aussi évoluer avec le temps. Dans une étude collaborative américaine qui a suivi des adultes en demande de soins, la moitié des personnes ayant un trouble de la personnalité évitante ne remplissaient plus les critères deux ans plus tard, mais selon une définition plus stricte d’une nette amélioration, les taux étaient bien plus bas, de 23 à 38 % selon les quatre troubles de la personnalité étudiés (Grilo et al., 2004). Ce qui changeait le plus facilement, c’était le comportement d’évitement, comme fuir les emplois exigeant beaucoup de contacts ou les situations potentiellement gênantes ; ce qui persistait le plus, c’était le sentiment d’être inapte et maladroit avec les autres (McGlashan et al., 2005). Sur dix ans, le niveau moyen des caractéristiques a régulièrement baissé (Sanislow et al., 2009). La CIM-11 note elle aussi que le trouble de la personnalité est assez stable après le début de l’âge adulte, mais peut ne plus remplir les critères vers le milieu de la vie, en ajoutant que des traits comme le détachement s’atténuent moins (OMS, 2024).

Ce n’est pas non plus une simple timidité à prendre à la légère. Dans une étude norvégienne en population générale, les personnes ayant un trouble de la personnalité évitante figuraient parmi celles dont la qualité de vie était le plus largement réduite, tous troubles de la personnalité confondus (Cramer et al., 2006) ; dans l’étude collaborative américaine, leurs difficultés au travail, dans les relations et les loisirs se situaient au milieu des troubles étudiés (Skodol et al., 2002), et les difficultés relationnelles avaient tendance à peu diminuer avec le temps (Skodol et al., 2005). Sur 410 personnes diagnostiquées dans une consultation norvégienne spécialisée dans les troubles de la personnalité, 79,5 % n’avaient pas travaillé pendant les six mois précédant l’étude, mais il s’agit de personnes venues consulter, ce qui ne vaut pas pour tout le monde (Sveen et al., 2025).

Pourquoi il apparaît, et pourquoi il persiste

On considère que plusieurs facteurs agissent ensemble, plutôt qu’une cause unique. Une revue des recherches de 1980 à 2020 a trouvé une héritabilité moyenne pondérée de 0,55 (Reich & Schatzberg, 2021), et une étude norvégienne de jumelles a montré que son risque génétique recoupait largement celui de l’anxiété sociale (Torvik et al., 2016). L’héritabilité est toutefois une statistique sur les différences au sein d’une population, pas un destin individuel, et dans la même étude, les facteurs environnementaux comptaient le plus pour les changements à un moment donné (Torvik et al., 2016). Une revue propose qu’un tempérament en partie héréditaire, porté à ressentir facilement les émotions négatives et moins les positives, joint à une éducation négligente ou émotionnellement froide, puisse préparer le terrain à l’image de soi négative, à la tendance à la honte et à l’hypersensibilité relationnelle qui caractérisent ce trouble (Lampe, 2016).

Dans une étude comparant 91 patients norvégiens, ceux qui avaient un trouble de la personnalité évitante rapportaient davantage de négligence dans l’enfance, surtout physique, que ceux qui n’avaient qu’une anxiété sociale (Eikenaes et al., 2015), et une méta-analyse de 48 études a montré que les expériences difficiles de l’enfance étaient régulièrement liées aux troubles de la personnalité du groupe C, dont la personnalité évitante (Crișan et al., 2023). La plupart de ces études demandent toutefois à des adultes de se souvenir de leur enfance, à un moment donné : elles ne prouvent pas une cause et ne justifient pas d’accuser les parents. Beaucoup de personnes ayant vécu ces expériences ne développent jamais ce trouble.

Un cercle vicieux entretient l’évitement. Les chercheurs décrivent le retrait comme une manière d’échapper à la honte ressentie sur le moment ou sur le point de survenir (Schoenleber & Berenbaum, 2012). Cela peut soulager tout de suite, mais réduit d’autant les occasions de vérifier si ce que l’on redoute est fondé. Selon une interprétation, retenir ses émotions pour éviter le rejet peut donner une impression de froideur et finir par provoquer ce rejet (Lampe & Malhi, 2018). Se retirer même des relations que l’on désire peut aussi accroître la solitude, même si peu d’études l’ont mesuré directement (Reinhard et al., 2022). Des moyens d’y faire face sont présentés dans le guide Sentiment de solitude.

Dans une enquête coréenne auprès de 222 jeunes de 13 à 24 ans, le groupe le plus replié sur lui-même avait les scores de dépression et de personnalité évitante les plus élevés et le moins de soutien émotionnel, mais il s’agit d’une enquête ponctuelle sur un échantillon de convenance, difficile à généraliser (Lee & Cha, 2026). Si sortir de chez vous est devenu difficile, le retrait social prolongé et les lieux d’aide sont décrits dans le guide Hikikomori (retrait social prolongé). Le trouble de la personnalité évitante s’accompagne souvent de dépression ou de problèmes de consommation de substances, et serait associé à un risque accru d’idées suicidaires et de tentatives de suicide (Lampe & Malhi, 2018). Si vous avez des idées de vous faire du mal, ne gardez pas ces pensées pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Les traitements étayés par des données

Peu d’études ont porté sur le trouble de la personnalité évitante en tant que tel. Une revue de 2016 le qualifie de trouble négligé, tout en concluant que les données en faveur de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et de la thérapie des schémas sont prometteuses (Weinbrecht et al., 2016). Dans un essai néerlandais où 62 personnes ont été réparties au hasard entre 20 semaines de TCC, 20 semaines de thérapie psychodynamique brève et une liste d’attente, la TCC a fait mieux que les deux autres groupes, et la thérapie psychodynamique brève n’a pas fait mieux que la liste d’attente : six mois après le traitement, 9 % du groupe TCC remplissaient encore les critères, contre 36 % du groupe psychodynamique bref. Il s’agit d’une seule petite étude, ce qu’il faut garder à l’esprit (Emmelkamp et al., 2006). Dans un ancien essai randomisé d’un traitement de groupe de dix semaines, l’exposition graduée, qui consiste à approcher peu à peu les situations redoutées, suffisait à elle seule à apporter une nette amélioration par rapport à un groupe non traité, et l’ajout d’un entraînement aux habiletés sociales ne renforçait pas l’effet, même si, en fin de traitement, les participants n’avaient pas encore rejoint les niveaux habituels (Alden, 1989).

D’autres traitements s’appuient aussi sur des données. Dans un essai où 50 personnes ayant un trouble de la personnalité du groupe C, dont la personnalité évitante, ont suivi 40 séances de thérapie psychodynamique brève ou de thérapie cognitive, les deux traitements ne différaient pas ; deux ans plus tard, 54 % et 42 % respectivement s’étaient rétablis sur le plan des symptômes, et environ 40 % dans les deux groupes sur le plan des relations et du fonctionnement de la personnalité (Svartberg et al., 2004). Dans un essai mené auprès de 323 personnes ayant un trouble de la personnalité du groupe C ou d’un autre type, dans 12 centres néerlandais, la thérapie des schémas, qui travaille sur des manières anciennes de penser et de ressentir (« schémas »), a permis le rétablissement d’une plus grande part des patients que les soins habituels, sans différence selon le type de trouble, même si cet écart n’apparaissait qu’aux évaluations par entretien, et non dans les questionnaires remplis par les patients (Bamelis et al., 2014). Dans un essai auprès de 154 personnes ayant à la fois une anxiété sociale et un trouble de la personnalité évitante, la thérapie des schémas en groupe et la TCC en groupe ont toutes deux apporté une amélioration importante, sans différence entre elles, et davantage de participants sont allés au bout de la thérapie des schémas en groupe (Baljé et al., 2024).

Dans l’ensemble, les progrès obtenus par la TCC, la thérapie psychodynamique et l’entraînement aux habiletés sociales dans les troubles du groupe C se maintenaient généralement après la fin du traitement (Simon, 2009), et dans les troubles borderline et du groupe C, la thérapie psychodynamique faisait à peu près aussi bien que les autres traitements actifs (Keefe et al., 2020). Rien ne permet encore de dire qu’un traitement est meilleur que les autres. Aucun médicament n’a été testé pour le trouble de la personnalité évitante lui-même (Lampe & Malhi, 2018) : c’est au médecin de décider lorsqu’il s’agit de traiter une dépression ou une anxiété associées. Les applications ou programmes en ligne testés spécifiquement pour ce trouble restent eux aussi difficiles à trouver : une revue de 11 études sur les programmes par internet pour les troubles de la personnalité montre que la plupart portaient sur le trouble borderline (van der Boom et al., 2022).

Commencer un traitement et le poursuivre peut être difficile en soi. Les personnes ayant un trouble de la personnalité évitante évitent souvent les soins (Zimmerman, 2023), d’où l’importance de le reconnaître tôt et d’en parler dans la thérapie (Lampe, 2015). Dans une étude où 15 personnes ont raconté leur expérience du traitement, elles décrivaient le lien émotionnel et la confiance naissante envers la personne qui menait leur thérapie comme importants pour trouver le courage d’approcher, peu à peu, ce qu’elles redoutaient (Sørensen et al., 2019). La question de savoir si les traits de personnalité peuvent évoluer avec un traitement est abordée dans le guide La personnalité peut-elle changer ?.

Ce que vous pouvez essayer vous-même, et où trouver de l’aide

Nous n’avons trouvé aucun programme d’auto-assistance conçu et testé spécifiquement pour le trouble de la personnalité évitante, et une revue des programmes par internet pour les troubles de la personnalité n’en recense aucun qui lui soit consacré (van der Boom et al., 2022). Les exercices ci-dessous s’inspirent donc de ce que travaillent les thérapies, et ne remplacent pas un traitement. En thérapie, on considère comme importants d’approcher par petites étapes les situations évitées (Alden, 1989), de mieux supporter la détresse des moments vécus comme une critique ou un rejet, et d’essayer d’exprimer ses émotions de façon appropriée plutôt que de les cacher (Lampe & Malhi, 2018).

1. Classez les situations que vous évitez de la plus facile à la plus difficile, et commencez par la plus facile. Les méthodes utilisées pour l’anxiété sociale sont présentées dans le guide Anxiété sociale. 2. Face à un sentiment de rejet, remarquez si vous le lisez comme un verdict sur votre personne tout entière (Lampe, 2015). 3. Au lieu de vous rabaisser, essayez de vous parler avec douceur, comme vous parleriez à quelqu’un de proche ; des exercices sont proposés dans le guide Cultiver l’autocompassion. 4. N’étouffez pas la tension avec l’alcool. Dans une réanalyse d’une enquête nationale américaine, environ 35 % des personnes ayant un trouble de la personnalité évitante avaient connu une dépendance à l’alcool au cours de leur vie, contre environ 12 % des autres (Trull et al., 2010). Le guide Trouble de l’usage de l’alcool peut aussi aider.

Consulter un médecin ou un service de santé mentale est un bon point de départ. En Corée, on peut se faire aider en psychiatrie ou par un centre local de santé mentale, et la ligne de crise en santé mentale 1577-0199 (24 h/24) vous met en relation avec un centre proche (ministère coréen de la Santé et du Bien-être, 2025). Si votre humeur est basse depuis plus de deux semaines, le PHQ-9 permet de faire le point, et si l’anxiété est forte, l’auto-évaluation GAD-7. Aucun des deux n’est un test de personnalité évitante.

Questions fréquentes

Q. Existe-t-il un test de personnalité évitante ? R. mind.io ne propose pas de test de personnalité évitante. La recherche et la pratique clinique utilisent des outils d’entretien et des questionnaires, mais ce guide n’en reproduit ni les items ni les seuils. Le diagnostic est posé en consultation, après un examen direct des fonctionnements anciens, de la souffrance qu’ils causent et de leur retentissement sur la vie (Zimmerman, 2023). Ne collez d’étiquette ni à vous-même ni à quelqu’un d’autre sur la foi d’une liste en ligne.

Q. Est-ce la même chose que l’attachement évitant ? R. Non. Le style d’attachement évitant décrit une manière de se rapprocher et de s’éloigner dans les relations, et ce n’est pas un diagnostic. Par rapport aux patients n’ayant qu’une anxiété sociale, ceux qui avaient un trouble de la personnalité évitante montraient au contraire davantage de peur d’être abandonnés et plus souvent un style craintif-évitant, qui désire la proximité tout en la redoutant (Eikenaes et al., 2016). Un résultat « évitant » au test de style d’attachement ne signifie pas que vous avez un trouble de la personnalité évitante.

Q. En quoi est-ce différent de l’anxiété sociale ? R. Les deux se recoupent beaucoup sans être identiques. Au cœur du trouble de la personnalité évitante, il y a le sentiment d’être inférieur aux autres et l’attente d’être rejeté, et en population générale, environ deux tiers des personnes concernées ne remplissaient pas les critères de l’anxiété sociale (Lampe & Malhi, 2018). Avoir les deux allait avec une qualité de vie plus basse que l’anxiété sociale seule (Cox et al., 2009).

Q. Peut-on s’en sortir ? R. Les choses peuvent beaucoup changer. Dans une étude qui a suivi des personnes en demande de soins, la moitié ne remplissaient plus les critères deux ans plus tard (Grilo et al., 2004), et dans des essais randomisés, la TCC et la thérapie des schémas ont aidé (Emmelkamp et al., 2006 ; Bamelis et al., 2014). Le sentiment d’être inapte a toutefois tendance à durer plus longtemps que les comportements d’évitement (McGlashan et al., 2005) : le traitement doit donc s’attaquer à ce sentiment et à la sensibilité au jugement négatif, pas seulement à l’inhibition sociale (Weinbrecht et al., 2016).

Q. Faut-il prendre des médicaments ? R. Aucun médicament n’a été testé pour le trouble de la personnalité évitante lui-même (Lampe & Malhi, 2018). Si une dépression ou une anxiété associées sont sévères, un médecin peut vous proposer un traitement. Les thérapies par la parole sont au centre de la prise en charge des troubles de la personnalité (NHS, 2024).

Q. J’ai un tempérament introverti. Est-ce que j’ai un trouble de la personnalité évitante ? R. L’introversion est un trait de personnalité ordinaire, qui varie d’une personne à l’autre (APA, n.d.). Si vous êtes à l’aise dans la solitude et que voir peu de monde ne vous dérange pas, ce n’est pas un trouble. Le trouble de la personnalité évitante désigne le fait de désirer les autres tout en les évitant par peur du rejet, avec une souffrance et un retentissement durables sur la vie (APA, n.d.). Vous pouvez explorer vos propres tendances dans le guide Hypersensibilité ou introversion : quelle différence ?.

Q. Je pense que quelqu’un de proche, peut-être même dans mon couple, a un trouble de la personnalité évitante. R. Le diagnostic relève des professionnels de santé, et ce guide n’est pas fait pour coller une étiquette à quelqu’un d’autre. Les personnes ayant ce trouble sont sensibles au rejet et à la critique (APA, n.d.) et évitent souvent les soins (Zimmerman, 2023) : écouter sans juger passe peut-être avant le fait de les presser. Des pistes pour parler avec quelqu’un qui garde ses distances dans le couple sont présentées dans le guide Parler avec une personne évitante.

Q. À force d’éviter les autres, la solitude me pèse au point que j’ai envie de disparaître. R. Ne gardez pas cela pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, 7 j/7, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. La solitude que vous ressentez aujourd’hui ne dit rien de votre valeur.

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