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Guide bien-être

Trouble de la personnalité borderline : différence avec le bipolaire, évolution et ce qui aide

Trouble borderline selon l’OMS, le NICE et la recherche : traits, différences avec le bipolaire et le TDAH, évolution, stigmatisation et ce qui aide.

Ce qu’est le trouble de la personnalité borderline, et comment le diagnostic se pose

Le trouble de la personnalité borderline (TPB, aussi appelé état-limite) est un trouble de la personnalité dans lequel les émotions, l’image de soi et les relations sont très instables, où les actes impulsifs viennent facilement, et où ce schéma dure longtemps. L’Institut national américain de la santé mentale le décrit comme « une maladie mentale grave qui affecte la façon dont une personne se perçoit et perçoit les autres et rend difficile le fonctionnement au quotidien », impliquant souvent des difficultés à réguler les émotions qui mènent à l’impulsivité, à un sens de soi instable ou changeant et à des relations troublées (NIMH, 2025). Le diagnostic est entré dans le DSM-III en 1980 et ses critères ont peu changé jusqu’au DSM-5 ; le cœur en est l’instabilité de l’image de soi, des relations et des affects (Leichsenring et al., 2024). Le mot « borderline » en dit peu à lui seul : c’est ce schéma d’instabilité, et non le nom, qui définit le diagnostic.

La CIM-11 de l’Organisation mondiale de la santé n’a pas de catégorie distincte appelée « trouble de la personnalité borderline ». Elle retient un seul diagnostic de trouble de la personnalité, coté léger, modéré ou sévère, auquel s’ajoutent des domaines de traits marquants, et un spécificateur facultatif « profil borderline » (6D11.5) peut être appliqué. La CDDR indique que ce spécificateur « a été inclus pour renforcer l’utilité clinique de la classification » et « peut faciliter l’identification des personnes susceptibles de répondre à certaines psychothérapies ». Les exigences essentielles du trouble de la personnalité lui-même sont des problèmes de fonctionnement du soi, comme l’identité, le sentiment de sa propre valeur et la justesse de l’image de soi, ou du fonctionnement interpersonnel, qui persistent sur une longue période, « par exemple 2 ans ou plus », se manifestent dans des situations variées et s’accompagnent d’une détresse importante ou d’une altération significative du fonctionnement. On ne pose pas le diagnostic quand le schéma est approprié au développement, comme les difficultés à construire une identité à l’adolescence, ou s’explique surtout par des facteurs sociaux ou culturels (OMS, 2024).

mind.io ne propose pas de test du trouble de la personnalité borderline. Le diagnostic est posé par une personne habilitée en santé mentale après un entretien approfondi sur les symptômes et l’histoire personnelle et familiale, en général à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte (NIMH, 2025). Il existe des preuves qu’il peut être posé de façon fiable et distingué d’autres troubles par des entretiens semi-structurés (Leichsenring et al., 2024). Ce guide ne reproduit donc aucune liste de critères, aucun item d’échelle ni aucun seuil, et ne juge aucune personne précise « borderline ». Il explique ce qu’est le trouble, comment ses traits centraux se manifestent, en quoi il diffère des sautes d’humeur, du trouble bipolaire, du TDAH et du TSPT complexe, sa fréquence et son évolution, pourquoi il est stigmatisé et pourquoi c’est injuste, quels traitements ont des preuves, ce que peuvent faire les proches et quand demander de l’aide.

Les traits centraux : émotions, image de soi et relations instables, et impulsivité

Le profil borderline de la CIM-11 se résume à une instabilité envahissante des relations, de l’image de soi et des affects, avec une impulsivité marquée. Les relations oscillent facilement entre idéalisation et dévalorisation de l’autre, avec à la fois un fort désir de proximité et la peur de celle-ci. On trouve des efforts éperdus pour éviter un abandon réel ou imaginé, et une image de soi ou un sens de soi nettement et durablement instable. L’humeur réagit fortement à des déclencheurs internes, comme ses propres pensées, ou à des événements extérieurs, avec des états dysphoriques intenses qui durent en général quelques heures mais peuvent aller jusqu’à plusieurs jours. Un sentiment chronique de vide, une colère intense et inappropriée ou difficile à contrôler, et des expériences dissociatives ou pseudo-psychotiques passagères dans les situations de forte activation émotionnelle sont aussi décrits (OMS, 2024). Le NIMH ajoute que les personnes concernées tendent à voir les choses en extrêmes, tout bon ou tout mauvais, ce qui se voit dans des relations qui passent d’une proximité extrême à une aversion extrême (NIMH, 2025). Ce guide ne présente pas ces traits sous forme de liste à cocher. Tout le monde ne les a pas tous, et leur sévérité, leur fréquence et leur durée varient d’une personne à l’autre (NIMH, 2025).

L’impulsivité peut se traduire par des actes précipités dans des états de forte émotion négative, susceptibles de nuire à soi-même, comme des conduites sexuelles à risque, une conduite dangereuse, une consommation excessive d’alcool ou de substances ou des crises de boulimie, et les automutilations répétées font partie du profil (OMS, 2024). Les personnes ayant un trouble de la personnalité borderline ont un taux nettement plus élevé d’automutilation et de pensées et comportements suicidaires que la population générale, et toute personne qui pense à se faire du mal ou à se suicider a besoin d’aide tout de suite (NIMH, 2025). Si vous avez des idées de vous faire du mal, ne gardez pas ces pensées pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de blessure ou de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

D’autres manifestations sont possibles : se voir comme une personne insuffisante, mauvaise, coupable ou méprisable, ressentir une profonde différence et un isolement par rapport aux autres, avec une solitude douloureuse, être hypersensible au rejet et avoir tendance à mal lire les signaux sociaux (OMS, 2024). Il n’y a pas de cause unique. Le NIMH indique que la cause exacte est inconnue mais que des facteurs génétiques, physiques, environnementaux et sociaux peuvent augmenter le risque ; beaucoup de personnes rapportent des événements traumatiques dans l’enfance, comme des abus, de la négligence, un abandon ou des privations, ou des relations instables et invalidantes, mais vivre cela ne signifie pas qu’on développera le trouble, et des personnes sans ces facteurs peuvent l’avoir aussi (NIMH, 2025). La CIM-11 traite de même l’adversité précoce comme un facteur de risque qui n’est pas déterminant, et indique que les manifestations tendent à apparaître dans l’enfance et à augmenter à l’adolescence ; comme l’automutilation et l’humeur changeante sont plus fréquentes à l’adolescence qu’à l’âge adulte, les seuils appliqués aux adolescents doivent être d’autant plus élevés (OMS, 2024). Un syndrome cohérent débute en général à l’adolescence, après 12 ans, et est souvent précédé ou accompagné de dépression et d’anxiété, de problèmes de conduite, d’hyperactivité ou d’usage de substances (Bohus et al., 2021).

Différences avec les sautes d’humeur, le trouble bipolaire, le TDAH et le TSPT complexe

Des émotions intenses et des relations qui alternent le chaud et le froid ne font pas à elles seules un trouble de la personnalité. Dans la CIM-11, le trouble de la personnalité n’est diagnostiqué que lorsque les problèmes de fonctionnement du soi ou des relations durent longtemps, « par exemple 2 ans ou plus », se manifestent dans des situations variées plutôt que dans une seule relation ou un seul rôle, et s’accompagnent d’une détresse ou d’une altération importantes. Les difficultés propres au développement, comme la confusion identitaire à l’adolescence, ou les schémas qui s’expliquent surtout par des facteurs sociaux ou culturels sont exclus. Il existe aussi une notion distincte de « difficulté de personnalité » : des caractéristiques de personnalité prononcées qui n’atteignent pas le niveau d’un trouble, ne se manifestant que par intermittence, par exemple sous stress, ou à faible intensité, avec des problèmes de fonctionnement trop légers pour perturber notablement la vie. Et les réactions suscitées par l’exclusion sociale de groupes marginalisés peuvent être confondues avec des manifestations du profil borderline, comme l’impulsivité, l’instabilité, la labilité affective ou les comportements explosifs, si bien qu’un diagnostic ne doit être posé que lorsque les symptômes dépassent ce qui est normatif dans le contexte socioculturel (OMS, 2024).

La différence avec le trouble bipolaire, c’est l’épisode. La CIM-11 indique que les personnes ayant un trouble de la personnalité peuvent présenter de l’impulsivité ou une instabilité de l’humeur, mais que le trouble de la personnalité ne comprend pas d’épisodes dépressifs, hypomaniaques, maniaques ou mixtes ; comme les deux diagnostics coexistent assez souvent, les symptômes du trouble de la personnalité doivent être évalués en dehors d’un épisode thymique (OMS, 2024). Le NIMH explique de même que les symptômes du trouble borderline surviennent en l’absence de l’humeur nettement élevée des épisodes maniaques ou hypomaniaques, et que si des comportements impulsifs comme les dépenses excessives, les rapports sexuels non protégés ou l’usage de substances surviennent surtout pendant des périodes d’humeur ou d’énergie élevées, ils peuvent relever d’un trouble de l’humeur (NIMH, 2025). L’échelle de temps diffère aussi : les états dysphoriques du profil borderline durent en général quelques heures et au plus plusieurs jours (OMS, 2024). Une revue du chevauchement des deux diagnostics a trouvé qu’à travers les études, environ 10 % des personnes ayant un trouble borderline avaient un trouble bipolaire de type I et 10 % de plus un type II, tandis qu’environ 20 % des personnes ayant un bipolaire de type II et 10 % de celles ayant un type I recevaient un diagnostic de trouble borderline. Le chevauchement est réel, mais dans la grande majorité des cas (80 à 90 %) chaque trouble est diagnostiqué sans l’autre, et les auteurs en concluent que cela contredit l’idée d’un trouble borderline appartenant au spectre bipolaire (Zimmerman & Morgan, 2013). Une méta-analyse de 42 articles a estimé à 21,6 % la part des personnes bipolaires ayant aussi un trouble borderline, parmi 5 273 personnes (37,7 % dans le type II, 6 études), et ses auteurs lisent les données comme soulignant les différences plutôt que les ressemblances entre les deux (Fornaro et al., 2016). Le trouble bipolaire lui-même est traité dans le guide Trouble bipolaire.

Le TDAH de l’adulte se recoupe aussi. La CIM-11 note que lorsque le TDAH persiste à l’adolescence et à l’âge adulte, il peut être difficile à distinguer d’un trouble de la personnalité à désinhibition marquée, qui comprend l’irresponsabilité, l’impulsivité, la distractibilité et l’imprudence, ou à affectivité négative marquée, qui comprend l’anxiété, la colère, la haine de soi et l’irritabilité (OMS, 2024). Selon une revue, l’impulsivité est un trait des deux troubles, mais dans le trouble borderline elle dépend du stress et les personnes ont plus de mal à utiliser les indices du contexte pour inhiber une réponse, alors que dans le TDAH l’impulsivité motrice est plus forte, ce qui rend l’interruption d’une réponse en cours plus difficile ; les difficultés de régulation émotionnelle vont croissant du TDAH au trouble borderline puis à la combinaison des deux, la plus touchée (Ditrich et al., 2021). Une autre revue dresse le même tableau : le TDAH adulte montre une impulsivité de trait plus sévère, le trouble borderline une dysrégulation émotionnelle de trait plus sévère, et les personnes ayant les deux sont sévères sur les deux dimensions (Weiner et al., 2019). Le TSPT complexe diffère ainsi. La CIM-11 indique que beaucoup de personnes ayant un trouble de la personnalité ont des antécédents de traumatisme, surtout dans l’enfance, et que la dysrégulation des affects peut être présente dans les deux, mais que l’évitement des rappels du traumatisme et le sentiment accru de menace actuelle ne sont pas des traits diagnostiques du trouble de la personnalité ; les relations dans le TSPT complexe sont marquées par l’évitement et un sentiment général de déconnexion plutôt que par la peur de l’abandon et l’instabilité ; et les personnes ayant un TSPT complexe ont tendance à une image de soi stable mais durablement négative, alors que dans le trouble de la personnalité un sens de soi instable est plus fréquent (OMS, 2024). Une analyse des profils de symptômes de 280 femmes ayant subi des abus dans l’enfance a dégagé des groupes distincts correspondant au TSPT, au TSPT complexe et au trouble borderline, et quatre traits augmentaient fortement la probabilité d’appartenir au groupe borderline plutôt qu’au groupe TSPT complexe : les efforts éperdus pour éviter l’abandon, un sens de soi instable, des relations instables et intenses, et l’impulsivité (Cloitre et al., 2014). Une revue conclut que, malgré un chevauchement important, il n’est pas justifié de faire du TSPT complexe un remplaçant du trouble borderline ni un de ses sous-types (Ford & Courtois, 2014). Le traumatisme est traité dans le guide Traumatisme et TSPT, le TDAH adulte dans le guide TDAH de l’adulte, et le narcissisme, autre sujet lié aux troubles de la personnalité, dans le guide Narcissisme.

Quelle fréquence, et quelle évolution avec le temps

Les estimations varient beaucoup selon la méthode d’enquête. Dans une enquête nationale américaine (NESARC) qui a interrogé 34 653 adultes en 2004-2005, la prévalence vie entière était de 5,9 %, sans différence entre les hommes (5,6 %) et les femmes (6,2 %) (Grant et al., 2008). Quand les mêmes données ont été réanalysées de façon à ne compter chaque critère que s’il s’accompagnait d’une détresse ou d’une altération significatives, le chiffre est tombé à 2,7 % (dans le même tableau, une enquête britannique donnait 0,7 % et une autre enquête américaine 1,4 %), et l’ensemble des troubles de la personnalité de 21,5 % à 9,1 %, plus proche d’autres enquêtes récentes ; dans cette réanalyse, les femmes étaient un peu plus souvent concernées que les hommes (Trull et al., 2010). Une revue des études en population situe la prévalence ponctuelle médiane autour de 1 %, avec 10 à 12 % en consultation psychiatrique externe et 20 à 22 % parmi les personnes hospitalisées (Ellison et al., 2018), et une revue récente donne une prévalence vie entière de 0,7 à 2,7 % chez les adultes en général (Leichsenring et al., 2024). La CIM-11 indique que la répartition entre les sexes du trouble de la personnalité dans son ensemble est à peu près égale, les élévations d’affectivité négative étant plus fréquentes chez les femmes (OMS, 2024).

La Corée n’a pas d’estimation en population que nous ayons pu trouver. La liste des items de l’enquête nationale de santé mentale de 2021 ne comporte aucun module sur les troubles de la personnalité (NCMH, n.d.). Il existe en revanche une étude des données de l’assurance maladie nationale : entre 2010 et 2019, le nombre de personnes soignées avec un trouble de la personnalité borderline (F60.3) en diagnostic principal ou secondaire est passé de 3 756 à 4 538, soit de 0,96 à 1,06 pour 10 000 habitants ; le taux chez les hommes est resté presque inchangé (0,81 à 0,80) tandis que celui des femmes est passé de 1,12 à 1,32, et les personnes dans la vingtaine formaient le groupe le plus nombreux (Shin et al., 2023). Ce sont des comptes de personnes ayant reçu des soins, et les auteurs ont noté que seules les personnes ayant réellement utilisé des services médicaux étaient incluses et que l’exactitude des diagnostics ne pouvait pas être vérifiée. Ces données ne permettent pas de dire si ce chiffre, bien inférieur aux estimations d’autres pays, signifie que le trouble est plus rare ou que beaucoup de personnes ne sont ni diagnostiquées ni soignées.

L’évolution est bien plus encourageante que ne le veut l’idée reçue. Dans une étude collaborative américaine qui a suivi pendant 10 ans des personnes de 18 à 45 ans demandant des soins, 85 % des 175 personnes ayant un trouble borderline ont atteint une rémission d’au moins 12 mois (91 % avec une définition à 2 mois), et la rechute après rémission n’a touché que 11 % selon la définition à 12 mois (21 % selon celle à 2 mois). Le fonctionnement social s’est amélioré plus lentement : le score moyen de fonctionnement (GAF) n’est passé que de 53 à 57, et à 10 ans seulement 21 % avaient atteint un bon fonctionnement (GAF supérieur à 70), moins qu’avec d’autres troubles de la personnalité (48 %) ou qu’avec la dépression (61 %). Les auteurs ont noté que ces rémissions sont survenues sans traitement prolongé ni spécifique du trouble (Gunderson et al., 2011). Dans l’étude McLean, qui a réévalué 290 anciens patients hospitalisés tous les 2 ans pendant 16 ans, 99 % ont atteint une rémission symptomatique d’au moins 2 ans et 78 % d’au moins 8 ans ; une récidive a suivi 36 % des rémissions de 2 ans et 10 % de celles de 8 ans. Le « rétablissement », c’est-à-dire la rémission plus un bon fonctionnement social et professionnel, a été atteint par 60 % pour 2 ans et 40 % pour 8 ans, et perdu après 44 % des rétablissements de 2 ans et 20 % de ceux de 8 ans (Zanarini et al., 2012). La CIM-11 indique de même que le trouble de la personnalité est relativement stable après le début de l’âge adulte, mais peut changer au point qu’une personne ne remplisse plus les critères à l’âge mûr (OMS, 2024). Le risque suicidaire doit être dit clairement. Dans une étude qui a suivi 64 anciens patients hospitalisés pendant 27 ans en moyenne, la plupart allaient tellement mieux que cinq seulement remplissaient encore les critères, mais 10,3 % de la cohorte initiale étaient morts par suicide (Paris & Zweig-Frank, 2001). Sur 24 ans de l’étude McLean, 5,9 % des 290 personnes ayant un trouble borderline sont mortes par suicide, plus que dans le groupe de comparaison ayant d’autres troubles de la personnalité (1,4 %), et celles qui n’avaient pas atteint le rétablissement couraient un risque particulièrement élevé de décès précoce (Temes et al., 2019). Vu autrement, la plupart ne sont pas mortes par suicide, la plupart sont allées mieux, et les soins, comme le montre la section suivante, réduisent les tentatives de suicide. Si vous avez des idées de vous faire du mal, ne gardez pas ces pensées pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Pourquoi la stigmatisation est lourde, et pourquoi elle est injuste

Une revue sur la stigmatisation des troubles de la personnalité conclut que le public les connaît mal, que les personnes concernées peuvent être perçues comme se conduisant mal exprès plutôt que comme vivant une maladie, et que la stigmatisation de la part des soignants semble particulièrement néfaste dans le trouble borderline (Sheehan et al., 2016). Une autre revue note que le trouble est souvent vu négativement par les équipes de santé mentale et le public, que sa stigmatisation peut dépasser celle d’autres maladies mentales, et qu’une partie du personnel soignant prend une distance émotionnelle ; les personnes particulièrement sensibles au rejet et à l’abandon peuvent réagir à cette distance en se faisant du mal ou en quittant les soins, et ces réactions nourrissent à leur tour la stigmatisation, un cercle que les auteurs appellent une prophétie autoréalisatrice (Aviram et al., 2006). Désigner une personne par son diagnostic, ou coller « borderline » à quelqu’un après une dispute, c’est la même stigmatisation au quotidien. Un diagnostic relève de la clinique ; une étiquette n’explique rien.

Cette stigmatisation est injuste parce que les données vont dans l’autre sens. Comme on l’a vu, 85 % ont atteint une rémission symptomatique en 10 ans et 99 % en 16 ans (rémissions de 12 mois et de 2 ans respectivement ; Gunderson et al., 2011 ; Zanarini et al., 2012), et plusieurs psychothérapies ont des preuves. La revue du Lancet écrit que le trouble « était auparavant considéré comme intraitable », mais que les progrès de la compréhension et de la prise en charge ont permis un diagnostic plus précoce et de meilleurs résultats (Bohus et al., 2021). La cause n’est pas non plus un « mauvais caractère ». La CIM-11 explique que le trouble de la personnalité tend à apparaître quand les expériences de vie d’une personne ne soutiennent pas suffisamment un développement typique de la personnalité compte tenu de son tempérament (OMS, 2024), et il existe des preuves convaincantes que l’interaction entre facteurs génétiques et adversité dans l’enfance joue un rôle central (Leichsenring et al., 2024). Les recommandations britanniques du NICE affirment que les personnes concernées « ne doivent être exclues d’aucun service de santé ou d’aide sociale en raison de leur diagnostic ou parce qu’elles se sont fait du mal », demandent d’explorer les options de traitement « dans un climat d’espoir et d’optimisme, en expliquant que le rétablissement est possible et atteignable », et rappellent que beaucoup ont vécu le rejet, des abus et des traumatismes, ainsi que la stigmatisation qui accompagne souvent l’automutilation et ce diagnostic (NICE, 2009).

L’idée d’un « trouble de femmes » repose elle aussi sur peu de choses. Dans l’enquête nationale américaine, la prévalence ne différait pas entre hommes et femmes (Grant et al., 2008) ; dans la réanalyse plus stricte, les femmes étaient un peu plus souvent concernées (Trull et al., 2010) ; et la CIM-11 indique que la répartition entre les sexes du trouble de la personnalité dans son ensemble est à peu près égale (OMS, 2024). La part plus élevée de femmes dans les données de soins coréennes (Shin et al., 2023) décrit qui a été soigné, pas le trouble lui-même. Les preuves sur la réduction de la stigmatisation restent minces, mais des données limitées suggèrent que la formation des soignants peut améliorer les attitudes et que les interventions associant des messages positifs sur les chances de rétablissement et des explications biologiques seront les plus efficaces (Sheehan et al., 2016). C’est aussi pourquoi ce guide met l’évolution et les preuves des traitements au premier plan.

Ce qui aide : la psychothérapie au centre, les médicaments pour les problèmes associés

Le traitement de première intention du trouble de la personnalité borderline est la psychothérapie (NIMH, 2025 ; Leichsenring et al., 2024). Dans une revue Cochrane de 75 essais randomisés (4 507 participants, en majorité des femmes, âges moyens de 14,8 à 45,7 ans), la psychothérapie adaptée au trouble a réduit la sévérité des symptômes davantage que le traitement habituel (DMS −0,52 ; 22 essais, 1 244 participants), avec des preuves de certitude modérée et une ampleur cliniquement pertinente. L’automutilation (DMS −0,32 ; 13 essais, 616 participants), les issues liées au suicide (DMS −0,34 ; 13 essais, 666 participants) et le fonctionnement psychosocial (DMS −0,45 ; 22 essais, 1 314 participants) se sont aussi améliorés, mais pour ces trois issues les preuves étaient de faible certitude et les différences n’atteignaient pas le seuil de pertinence clinique défini à l’avance. Une analyse par type de thérapie n’a pas trouvé de preuve claire d’une différence pour la sévérité ou le fonctionnement (Storebø et al., 2020). Une autre méta-analyse de 33 essais chez l’adulte (2 256 participants) a trouvé, en fin de traitement, des effets sur les issues propres au trouble (symptômes, automutilation et suicide) de g = 0,32 dans les plans en traitement autonome et de g = 0,40 dans les plans en traitement ajouté, et de g = 0,45 au suivi (13 essais). La thérapie comportementale dialectique (g = 0,34) et les approches psychodynamiques (g = 0,41) étaient les seules plus efficaces que les interventions de contrôle, et les auteurs ont conclu que les effets sont petits, gonflés par le risque de biais et le biais de publication, et particulièrement instables au suivi (Cristea et al., 2017). Une revue d’ensemble donne des tailles d’effet de 0,50 à 0,65 sur la sévérité des symptômes centraux par rapport au traitement habituel, tout en notant que près de la moitié des patients ne répondent pas suffisamment et qu’aucune approche n’a prouvé sa supériorité (Leichsenring et al., 2024). Ni « le traitement guérit » ni « le traitement ne sert à rien » ne correspond donc aux preuves.

Quelques traitements ont accumulé des preuves. La thérapie comportementale dialectique (TCD, DBT) a été développée spécifiquement pour ce trouble ; elle utilise la pleine conscience et la prise de conscience de son état émotionnel présent, et enseigne des compétences pour gérer les émotions intenses, réduire les comportements autodestructeurs et améliorer les relations (NIMH, 2025). Dans un essai qui a réparti au hasard 101 femmes ayant eu récemment des comportements suicidaires et automutilatoires entre un an de TCD et un an de traitement par des spécialistes de la communauté, puis les a suivies un an de plus, le groupe TCD avait deux fois moins de risque de faire une tentative de suicide, a eu moins d’hospitalisations pour idées suicidaires et a moins abandonné le traitement (Linehan et al., 2006). Dans la revue Cochrane, la TCD représentait un tiers des essais et faisait mieux que le traitement habituel sur la sévérité (DMS −0,60 ; 3 essais, 149 participants), l’automutilation (DMS −0,28 ; 7 essais, 376 participants) et le fonctionnement (DMS −0,36 ; 6 essais, 225 participants), avec des preuves de faible certitude. La thérapie basée sur la mentalisation (TBM, MBT) comptait 7 essais et réduisait l’automutilation (RR 0,62 ; 3 essais, 252 participants) et la suicidalité (RR 0,10 ; 3 essais, 218 participants) par rapport au traitement habituel, là encore avec une faible certitude (Storebø et al., 2020). Un essai de TBM fait ressortir un point important : 134 personnes ont été réparties au hasard entre 18 mois de TBM ambulatoire et une « prise en charge clinique structurée », les deux groupes se sont nettement améliorés sur toutes les issues, et les problèmes du groupe TBM, tentatives de suicide et hospitalisations comprises, ont diminué plus vite. Les auteurs ont conclu que les traitements structurés améliorent les résultats et qu’un travail centré sur des processus psychologiques précis y ajoute un bénéfice (Bateman & Fonagy, 2009). La thérapie des schémas et la psychothérapie focalisée sur le transfert ont aussi l’appui d’essais randomisés, mais aucune approche n’a prouvé sa supériorité (Leichsenring et al., 2024). Les recommandations du NICE demandent que la psychothérapie s’appuie sur une approche théorique explicite et intégrée partagée par l’équipe et la personne qui mène la thérapie, des soins structurés et une supervision, indiquent que deux séances par semaine peuvent être envisagées, et déconseillent les interventions psychologiques brèves de moins de 3 mois ciblant spécifiquement le trouble en dehors d’un tel service ; pour les femmes chez qui réduire l’automutilation répétée est prioritaire, elles recommandent d’envisager un programme complet de TCD (NICE, 2009). En Corée, une revue systématique a examiné les preuves de la TCD et sa diffusion (Choi, 2018), mais nous n’avons trouvé aucune liste officielle des lieux où elle est proposée : demandez directement à un service de psychiatrie ou de soutien psychologique s’il propose la TCD ou un autre programme structuré.

Les médicaments ne traitent pas le trouble lui-même. Les recommandations du NICE disent qu’un traitement médicamenteux ne doit pas être utilisé spécifiquement pour le trouble borderline ni pour ses symptômes isolés, comme l’automutilation répétée, l’instabilité émotionnelle marquée, les conduites à risque ou les symptômes psychotiques passagers, que les antipsychotiques ne doivent pas être utilisés à moyen ou long terme, et que des médicaments peuvent être envisagés dans le traitement global de troubles associés. Un sédatif à court terme en situation de crise peut être envisagé avec prudence pour 1 semaine au plus, avec un plan pour l’arrêter en général dans la semaine qui suit la crise, et les personnes sans diagnostic associé qui reçoivent des médicaments doivent voir leur traitement réévalué dans le but de réduire et d’arrêter ce qui est inutile (NICE, 2009). Une revue Cochrane de 46 essais randomisés (2 769 participants) n’a trouvé, par rapport au placebo, aucune différence en fin de traitement pour aucun médicament sur aucune issue principale, à savoir la sévérité des symptômes, l’automutilation, les issues liées au suicide et le fonctionnement, avec des preuves le plus souvent de très faible certitude, et ses auteurs ont conclu que cela conforte l’idée qu’aucun traitement pharmacologique ne semble efficace pour traiter spécifiquement le trouble (Stoffers-Winterling et al., 2022). Le NIMH indique de même que les bénéfices des médicaments sont incertains et qu’ils ne sont pas un traitement de première intention, mais que l’équipe soignante peut parfois en recommander en complément de la psychothérapie pour des symptômes précis ou des troubles associés comme la dépression (NIMH, 2025). Ce guide ne nomme aucun médicament. Un médicament se prend uniquement sur ordonnance et, si vous en prenez déjà un, ne l’arrêtez pas brutalement de vous-même : parlez-en d’abord au médecin qui l’a prescrit. Le traitement quand une dépression est aussi présente est décrit dans le guide Dépression : ce qui aide.

Ce que peuvent faire les proches, et quand demander de l’aide

Si un membre de votre famille, votre partenaire ou quelqu’un de votre entourage a reçu un diagnostic de trouble de la personnalité borderline, vous pouvez agir. Le NIMH conseille d’abord de s’informer sur le trouble pour comprendre ce que vit votre proche ; de garder en tête que le changement peut être difficile et effrayant mais que les choses peuvent s’améliorer avec le temps ; et d’offrir soutien émotionnel, validation, compréhension, patience et encouragements. Il recommande d’encourager la personne à se renseigner sur une thérapie familiale, de veiller à ce que les troubles associés soient traités, de l’aider à prendre ses médicaments comme prescrits et à en parler à son médecin avant d’arrêter ou de modifier un traitement, de connaître son plan de soins et de soutenir ses objectifs, et d’encourager une structure par des routines quotidiennes et une hygiène de vie. Prenez au sérieux toute parole sur l’automutilation ou le suicide et encouragez un contact rapide avec une équipe soignante ou une ligne de crise, et consultez pour vous-même, dans un suivi distinct du sien. Les proches peuvent, sans le vouloir, agir d’une façon qui aggrave les symptômes, si bien qu’une thérapie pour les personnes aidantes et la famille est souvent utile, même si le NIMH note aussi qu’il faut davantage de recherches sur l’apport de la thérapie familiale dans ce trouble (NIMH, 2025). Les recommandations du NICE demandent de demander directement à la personne si elle souhaite que sa famille ou ses proches soient associés, d’encourager cette participation avec son accord, et d’informer les familles des groupes de soutien locaux quand ils existent (NICE, 2009). Il existe aussi des preuves pour l’éducation des familles : 44 proches issus de 34 familles ayant suivi Family Connections, un programme de 12 semaines fondé sur la TCD et animé par des membres de famille formés, ont rapporté après le programme moins de chagrin et de fardeau et plus de sentiment de maîtrise, et ces changements se maintenaient à 6 mois, mais il s’agissait d’une comparaison avant-après sans groupe témoin (Hoffman et al., 2005). On ne peut pas faire le traitement à la place de quelqu’un, et protéger ses propres limites et sa sécurité fait partie du soin.

Quand demander de l’aide pour soi-même ? Le NIMH conseille, si l’on s’inquiète pour sa santé mentale, de parler à son médecin de premier recours, qui peut orienter vers un suivi en psychologie, en psychiatrie ou en travail social clinique (NIMH, 2025). En France, parlez-en à votre médecin traitant, qui pourra vous orienter vers une consultation en psychiatrie ou en psychologie. Si l’instabilité de vos émotions, de votre image de vous-même et de vos relations, avec des actes impulsifs, dure depuis longtemps, dans des situations variées, et gêne votre vie, c’est une raison suffisante pour demander une évaluation. En Corée, on peut consulter en psychiatrie ou se faire aider par le centre de santé mentale de sa ville ou de son arrondissement, et la ligne de crise en santé mentale 1577-0199 (24 h/24) met en relation avec un centre proche (ministère coréen de la Santé et du Bien-être, 2025). Les conditions du chèque psychologique 2026 sont décrites dans le guide Dépression : ce qui aide. mind.io ne propose pas de test du trouble de la personnalité borderline ; l’auto-évaluation PHQ-9 fait le point sur les symptômes dépressifs, mais ne repère pas ce trouble. Le test de style d’attachement montre comment vous vous rapprochez et vous éloignez dans vos relations, et le test d’autocompassion comment vous vous traitez, mais aucun des deux n’est un outil de diagnostic. Les recommandations du NICE veulent qu’un plan de soins comprenne un plan de crise : les déclencheurs possibles d’une crise, les stratégies d’autogestion susceptibles d’aider, et la façon de joindre les services, avec une liste de numéros, quand ces stratégies ne suffisent pas (NICE, 2009).

En cas de crise, faites ceci. Toute personne qui pense à se faire du mal ou à se suicider a besoin d’aide tout de suite (NIMH, 2025). Si vous avez des idées de vous faire du mal, ne gardez pas ces pensées pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de blessure ou de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Si vous êtes la personne à côté, l’attitude que le NICE demande aux équipes soignantes en situation de crise est un bon repère : garder une attitude calme et non menaçante, essayer de comprendre la crise du point de vue de la personne, l’interroger sur les raisons de sa détresse, ne pas minimiser les raisons qu’elle donne, et s’abstenir de proposer des solutions avant que les problèmes soient bien clairs (NICE, 2009). Ne balayez pas les paroles sur l’automutilation ou le suicide comme une façon d’attirer l’attention : comme on l’a vu, le risque d’automutilation et de suicide dans ce trouble est réel (NIMH, 2025).

Questions fréquentes

Q. Existe-t-il un test du trouble de la personnalité borderline ? R. mind.io ne propose pas de test du trouble de la personnalité borderline. Le diagnostic est posé par une personne habilitée en santé mentale après un entretien approfondi sur les symptômes et l’histoire personnelle et familiale (NIMH, 2025), et il existe des preuves qu’il peut être posé de façon fiable par des entretiens semi-structurés (Leichsenring et al., 2024). Le résultat d’une liste à cocher en ligne n’est pas un diagnostic, et aucun test n’existe pour juger quelqu’un d’autre. L’auto-évaluation PHQ-9 fait le point sur les symptômes dépressifs des 2 dernières semaines, le test de style d’attachement sur la façon dont vous vous rapprochez et vous éloignez dans vos relations, et le test d’autocompassion sur la façon dont vous vous traitez, mais aucun des trois n’est un test de ce trouble.

Q. Quelle différence avec le trouble bipolaire ? R. Le trouble bipolaire comporte des épisodes maniaques, hypomaniaques et dépressifs, et le trouble de la personnalité ne comprend pas de tels épisodes (OMS, 2024). Les variations d’humeur du profil borderline durent en général quelques heures, au plus plusieurs jours, et surviennent sans l’humeur nettement élevée de la manie ou de l’hypomanie (OMS, 2024 ; NIMH, 2025). Les deux peuvent coexister : dans une revue, environ 10 % des personnes ayant un trouble borderline avaient un bipolaire de type I et 10 % de plus un type II, mais dans la grande majorité des cas (80 à 90 %) un seul des deux était diagnostiqué (Zimmerman & Morgan, 2013). La distinction se fait en consultation, avec une évaluation en dehors d’un épisode thymique. Voyez le guide Trouble bipolaire pour le détail.

Q. Est-ce pour la vie ? R. Bien plus souvent non. Sur 10 ans, 85 % ont atteint une rémission d’au moins 12 mois et la rechute après rémission était de 11 % (Gunderson et al., 2011). Sur 16 ans, 99 % ont atteint une rémission symptomatique d’au moins 2 ans et 78 % d’au moins 8 ans. Le rétablissement qui inclut aussi un bon fonctionnement social et professionnel a été plus lent et moins fréquent, à 60 % pour 2 ans et 40 % pour 8 ans (Zanarini et al., 2012). Les symptômes peuvent beaucoup s’apaiser alors que retrouver un fonctionnement quotidien prend plus de temps, et c’est pourquoi les soins s’occupent aussi du travail et des relations.

Q. Peut-on le traiter par des médicaments ? R. Aucun médicament ne traite le trouble lui-même. Les recommandations britanniques du NICE disent de ne pas utiliser de médicaments spécifiquement pour le trouble borderline ni pour ses symptômes isolés (NICE, 2009), et une revue Cochrane de 46 essais randomisés n’a trouvé aucune différence avec le placebo sur aucune issue principale, quel que soit le médicament (Stoffers-Winterling et al., 2022). Quand un trouble associé comme la dépression est présent, des médicaments peuvent faire partie de son traitement (NICE, 2009 ; NIMH, 2025). Un médicament se prend uniquement sur ordonnance et, si vous en prenez déjà un, ne l’arrêtez pas brutalement : parlez-en d’abord au médecin qui l’a prescrit.

Q. Est-ce que cela ne touche que les femmes ? R. Non. Dans l’enquête nationale américaine, la prévalence ne différait pas entre les hommes (5,6 %) et les femmes (6,2 %) (Grant et al., 2008), et dans une réanalyse plus stricte les femmes étaient un peu plus souvent concernées (Trull et al., 2010). La CIM-11 indique que la répartition entre les sexes du trouble de la personnalité dans son ensemble est à peu près égale (OMS, 2024). La part plus élevée de femmes dans les données de soins coréennes décrit qui a été soigné (Shin et al., 2023).

Q. Je pense qu’un membre de ma famille, ou l’autre, dans mon couple, a un trouble borderline. Que faire ? R. D’abord, ce jugement relève de la clinique. Plutôt qu’une étiquette, parlez de comportements précis et de leur effet sur vous deux. Si la personne a été diagnostiquée, suivez les conseils du NIMH : informez-vous sur le trouble, offrez validation et patience, soutenez le plan de soins, prenez au sérieux toute parole sur l’automutilation ou le suicide, et consultez pour vous-même (NIMH, 2025). Une étude avant-après a montré qu’un programme d’éducation des familles réduisait le fardeau des proches (Hoffman et al., 2005). Si la personne dit qu’elle va se faire du mal, appelez ensemble le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit) ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50 ; si elle s’est blessée ou en cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. S’il y a de la violence ou des menaces dans la relation, c’est une question de sécurité et non de soin. En danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 ; le 3919 (Violences Femmes Info), gratuit et anonyme, répond 24 h/24. Pour les schémas que vous répétez vous-même dans vos relations, le guide Attachement anxieux et le guide Autocompassion peuvent aussi aider.

Q. C’est si dur que j’ai des idées de me faire du mal. R. Ne gardez pas ces pensées pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de blessure ou de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Comme on l’a vu, ces pensées ne sont pas rares dans ce trouble, les soins réduisent les tentatives de suicide (Linehan et al., 2006) et la plupart des personnes vont mieux avec le temps (Gunderson et al., 2011).

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