Guide bien-être
Syndrome prémenstruel (SPM) et TDPM : symptômes, causes et ce qui aide
SPM et trouble dysphorique prémenstruel : quand viennent les symptômes, fréquence, causes, journal des symptômes, ce qui aide et quand consulter.
Ce que sont le SPM et le TDPM
Le syndrome prémenstruel (SPM) regroupe des symptômes physiques et psychiques qui apparaissent entre quelques jours et deux semaines avant les règles, puis s’atténuent ou disparaissent dans les jours qui suivent leur début (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2026 ; Pinkerton, 2026). Comme ils surviennent pendant la phase lutéale, après l’ovulation, ils ne concernent que les femmes qui ovulent (Asan Medical Center, s. d.). Les symptômes s’aggravent souvent nettement environ 6 jours avant les règles et culminent environ 2 jours avant (Yonkers et al., 2008), et il doit y avoir une période nette sans symptômes entre la fin des règles et l’ovulation (O’Brien et al., 2011).
Un léger changement du corps ou de l’humeur avant les règles est fréquent. La plupart des femmes en âge de procréer ont au moins un symptôme prémenstruel, mais il est généralement léger (Yonkers et al., 2008). Quand ces symptômes reviennent chaque mois et gênent la vie quotidienne, on parle de SPM (ACOG, 2021) ; quand les symptômes de l’humeur sont bien plus sévères et causent une grande détresse ou perturbent nettement la vie, il s’agit d’un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) (OMS, 2024). Les recommandations de la Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie décrivent les deux comme un continuum plutôt que comme deux troubles bien séparés (Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie, 2025a).
La Classification internationale des maladies (CIM-11) place le SPM et le TDPM dans un groupe de troubles prémenstruels, au chapitre des maladies de l’appareil génito-urinaire (OMS, 2026). Comme les symptômes de l’humeur y sont au premier plan, le TDPM figure aussi dans le groupe des troubles de l’humeur (OMS, 2024). Dans le manuel diagnostique de l’Association américaine de psychiatrie, le TDPM ne figurait qu’en annexe de l’édition précédente, le DSM-IV (Epperson et al., 2012), et il est devenu un diagnostic à part entière parmi les troubles dépressifs dans le DSM-5, en 2013 (Zhitnik et al., 2026 ; Prasad et al., 2021).
Les noms varient. On parle aussi de tension prémenstruelle, et TDPM est l’abréviation de trouble dysphorique prémenstruel. Les règles douloureuses sont un autre trouble, qui commence avec les règles et non avant, et qui ne s’accompagne généralement pas de symptômes de l’humeur (OMS, 2024) : ce guide ne les traite pas. mind.io ne propose pas de test du SPM ou du TDPM, et ce guide ne remplace pas un diagnostic. Il présente, d’après la recherche et des sources officielles, les symptômes et leur calendrier, leur fréquence, les causes, comment les distinguer de troubles proches, ce qui aide et où consulter.
Symptômes physiques et psychiques : ce qui distingue le TDPM
Les symptômes psychiques fréquents sont l’irritabilité, la colère, une humeur basse, l’anxiété, la nervosité, les sautes d’humeur, des difficultés de concentration, des changements du sommeil (insomnie ou excès de sommeil) et de l’appétit, surtout des fringales ; les symptômes physiques comprennent des douleurs aux seins, des gonflements, une prise de poids, des maux de tête, de la fatigue et des douleurs articulaires et musculaires (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2026 ; NHS, 2024). Les symptômes de l’humeur et du comportement, dont les pleurs faciles, sont les plus pénibles, mais les symptômes physiques comme la sensibilité des seins et le ballonnement peuvent aussi être difficiles (Yonkers et al., 2008).
Dans une enquête coréenne auprès de 2 970 adolescentes de 14 à 17 ans, les symptômes les plus fréquents étaient l’irritabilité (43,8 %), le ballonnement (32,8 %) et la sensibilité des seins (27,5 %) (Lee et al., 2025). Dans une enquête auprès de 238 114 utilisatrices d’une application de suivi des règles dans 140 pays, les fringales étaient le symptôme le plus cité, par 85,28 %, mais il s’agissait d’utilisatrices répondant elles-mêmes (Hantsoo et al., 2022). Les mêmes symptômes reviennent généralement à chaque cycle (Yonkers et al., 2008), mais ils peuvent changer d’une année à l’autre : dans une enquête française, trois femmes sur quatre qui répondaient à la définition du SPM une année n’y répondaient pas les deux années (Potter et al., 2009).
Le TDPM est centré sur l’humeur. Les lignes directrices diagnostiques de l’Organisation mondiale de la santé le décrivent comme la présence, au cours de la plupart des cycles de l’année écoulée, d’au moins un symptôme de l’humeur comme les sautes d’humeur, l’irritabilité, l’humeur dépressive ou l’anxiété, avec des symptômes physiques ou cognitifs comme la léthargie, des douleurs articulaires, des excès alimentaires, un excès de sommeil, une sensibilité des seins, des gonflements des mains ou des pieds, des difficultés de concentration ou des oublis. Les symptômes commencent quelques jours avant les règles, s’améliorent dans les jours qui suivent leur début et sont minimes ou absents environ une semaine après, et ils doivent causer une grande détresse ou une gêne nette dans la vie. Les légers changements d’humeur que connaissent beaucoup de femmes ne sont pas comptés comme un TDPM (OMS, 2024). Le manuel diagnostique américain (DSM-5) regarde lui aussi si plusieurs symptômes, dont un symptôme central de l’humeur, étaient présents pendant la plupart des cycles de l’année écoulée (Hantsoo & Epperson, 2015). Ce guide ne transforme pas ces critères en liste à cocher : le diagnostic n’est confirmé qu’avec un relevé quotidien sur au moins deux cycles, et reste sinon provisoire (Reilly et al., 2024).
Dans le TDPM, l’intérêt pour les activités habituelles peut chuter fortement, et des pensées suicidaires peuvent survenir (Pinkerton, 2026 ; Centre national coréen de santé mentale, 2021). Dans une méta-analyse portant sur 13 études, les personnes atteintes de TDPM avaient un rapport de cotes d’environ sept pour les tentatives de suicide (373 personnes comparées à 3 355) et d’environ quatre pour les pensées suicidaires (227 comparées à 4 463), mais la plupart des études portaient sur un seul moment (Prasad et al., 2021). Si avant vos règles vous allez mal au point de penser à vous faire du mal, n’attendez pas : appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit).
Fréquence : pourquoi les chiffres varient autant
La fréquence du SPM varie beaucoup d’une enquête à l’autre, car les chiffres changent selon la définition et l’outil utilisés, et selon que les personnes ont répondu de mémoire ou tenu un relevé quotidien. Un consensus international d’experts donne l’exemple d’estimations allant de 80 à 95 % pour les symptômes prémenstruels légers à 30 à 40 % pour le SPM et 3 à 8 % pour le TDPM, selon la définition (O’Brien et al., 2011). Une analyse de 17 études menées dans plusieurs pays (18 803 personnes) situait le SPM à 47,8 % en moyenne, mais avec des écarts allant de 12 % en France à 98 % en Iran (Direkvand-Moghadam et al., 2014).
Dans une méta-analyse de 44 études (50 659 participantes), le TDPM confirmé par un relevé quotidien sur au moins deux cycles touchait 3,2 %, les diagnostics provisoires posés sans relevé donnaient 7,7 %, et les diagnostics confirmés dans les seuls échantillons en population générale 1,6 % ; les auteurs notent que les études fondées sur des diagnostics provisoires tendent à gonfler la prévalence (Reilly et al., 2024). Dans un échantillon aléatoire de 1 246 Américaines qui ont tenu un relevé quotidien pendant deux cycles, 1,3 % répondaient aux critères du DSM-IV (Gehlert et al., 2009). Dans une enquête coréenne par entretien auprès de 2 499 femmes de 18 à 64 ans, la prévalence sur 12 mois était de 2,4 %, un chiffre fondé sur des entretiens et non sur des relevés quotidiens (Hong et al., 2012).
Les symptômes prémenstruels et le SPM déclarés sont bien plus fréquents, mais les chiffres dépendent de la question posée. Dans une enquête nationale coréenne de 2022 auprès de 3 088 femmes de 13 à 55 ans, 41,1 % jugeaient sévères, à 7 sur 10 ou plus, leurs symptômes prémenstruels des trois dernières années ; il s’agit d’une sévérité auto-évaluée, pas d’un taux de diagnostic (Han et al., 2025). Dans une enquête coréenne auprès de 2 970 adolescentes de 14 à 17 ans, 70,5 % répondaient à la définition du SPM de l’étude, là encore d’après leurs propres réponses (Lee et al., 2025). Dans une enquête française auprès de femmes de 18 à 44 ans interrogées en 2003 (1 587) et en 2004 (1 440), 12,2 % déclaraient, sur les deux années, un SPM ayant un impact sur leur vie quotidienne, et 4,1 % de l’ensemble un SPM sévère (Potter et al., 2009). Parmi 1 187 Japonaises de 20 à 49 ans venues pour un dépistage du cancer de l’utérus, 95 % avaient des symptômes prémenstruels, mais, d’après un questionnaire, un SPM modéré à sévère ne concernait que 5,3 % d’entre elles et le TDPM 1,2 % (Takeda et al., 2006). La Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie indique que 70 à 80 % des Japonaises ressentent un malaise avant les règles et que 5 % ont un SPM sévère qui rend la vie quotidienne difficile (Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie, 2025b).
Même avec des symptômes, peu de personnes consultent. Dans l’étude japonaise ci-dessus, 5,3 % des femmes ayant des symptômes modérés à sévères avaient été traitées (Takeda et al., 2006). Dans les données d’assurance maladie de 121 024 salariées coréennes suivies pendant huit ans, 7,0 % avaient consulté pour un SPM (Lee et al., 2022). Le portail national coréen de santé mentale souligne que beaucoup de femmes ne distinguent pas le SPM du TDPM, pensent que cela passera avec le temps et ne font rien (Centre national coréen de santé mentale, 2021).
Pourquoi : une sensibilité aux variations hormonales, pas des taux anormaux
La cause exacte du SPM n’est pas encore entièrement connue ; les variations hormonales, celles des neurotransmetteurs et la génétique sont les principales pistes (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2026). Mais aucune différence constante des taux d’hormones n’a été démontrée entre les femmes avec et sans SPM (O’Brien et al., 2011). Dans une expérience, la mise au repos des ovaires par un médicament a amélioré les symptômes des femmes ayant un SPM ; quand on a rajouté des œstrogènes ou de la progestérone, les symptômes sont revenus chez ces 10 femmes, alors que les 15 femmes sans SPM n’ont eu aucun changement d’humeur avec le même traitement. Les chercheurs y voient une réaction anormale à des variations hormonales normales (Schmidt et al., 1998).
Une expérience ultérieure chez des femmes atteintes de TDPM a montré que les symptômes apparaissaient quand les taux d’hormones passaient d’un niveau bas à un niveau élevé, et non quand ils restaient stables (Schmidt et al., 2017). Ces deux expériences sont petites, avec quelques dizaines de participantes au plus, mais le NHS britannique explique lui aussi que certaines femmes peuvent être plus touchées que d’autres par les mêmes variations hormonales (NHS, 2024).
Dans le cerveau, les systèmes de la sérotonine et du GABA sont les plus étudiés. Faire baisser la sérotonine peut provoquer des symptômes proches du SPM (Rapkin & Akopians, 2012), et les traitements qui renforcent la sérotonine atténuent, selon les études, les symptômes prémenstruels (Yonkers et al., 2008). Les chercheurs étudient aussi l’hypothèse d’une réaction forte, chez certaines personnes, à l’alloprégnanolone, une substance que le corps fabrique à partir de la progestérone (Bixo et al., 2025). Pour autant, un défaut d’un seul neurotransmetteur ne suffit probablement pas à l’expliquer (Rapkin & Akopians, 2012), et la vieille idée d’un « manque de progestérone » n’est pas étayée (Yonkers et al., 2008).
La génétique semble aussi jouer un rôle. Les études de jumelles estiment la part génétique des symptômes prémenstruels à 56 % (Kendler et al., 1998) et 44 % (Treloar et al., 2002), toutes deux à partir de symptômes rapportés de mémoire. Le lien avec la dépression varie selon les études : dans la première étude de jumelles, les facteurs de risque des deux troubles se recoupaient peu (Kendler et al., 1998), mais dans la première grande étude génomique, portant sur 72 297 femmes, la corrélation génétique avec la dépression était assez élevée, et les chercheurs précisent qu’elle doit être confirmée dans des groupes plus larges (Hysaj et al., 2026).
Les symptômes peuvent s’aggraver en période de stress ou dans les années qui précèdent la ménopause (Pinkerton, 2026). Dans une enquête coréenne, le TDPM allait souvent de pair avec la dépression, le trouble de stress post-traumatique, des phobies, des problèmes d’alcool et l’insomnie (Hong et al., 2012), mais cela signifie qu’ils surviennent ensemble, pas que la cause est connue. Le SPM tend à s’atténuer avec l’âge : dans une étude américaine qui a suivi pendant 5 ans 436 femmes en période de transition vers la ménopause, il diminuait avec l’âge (Freeman et al., 2004).
Un carnet plutôt que la mémoire : le distinguer de la dépression, de l’anxiété, du trouble bipolaire, du TDAH et de la ménopause
Pour savoir si des symptômes sont vraiment prémenstruels, un relevé quotidien est plus fiable que la mémoire. Quand 200 Américaines recrutées parce qu’elles signalaient des symptômes émotionnels prémenstruels ont noté leurs symptômes chaque jour pendant deux à quatre mois, 19 % répondaient aux critères du TDPM, 23 % avaient un trouble de l’humeur lié aux règles plus léger et 58 % n’avaient ni l’un ni l’autre (Eisenlohr-Moul et al., 2017). Une petite étude auprès de 49 femmes a aussi montré qu’elles décrivaient des changements prémenstruels plus marqués quand elles répondaient après coup, de mémoire, que lorsqu’elles les notaient au fur et à mesure (Marván & Cortés-Iniestra, 2001).
C’est pourquoi un carnet de symptômes tenu chaque jour pendant au moins deux cycles est recommandé pour le diagnostic (OMS, 2024 ; NHS, 2024). Notez chaque jour vos symptômes et leur intensité, ainsi que les dates de vos règles (ACOG, 2021). La recherche et certaines consultations utilisent un relevé standard comme le DRSP (Endicott et al., 2006), mais aucun modèle n’est imposé : une application de suivi des règles ou de simples notes suffisent (Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie, 2025a). Aucune prise de sang ne confirme à elle seule un SPM, mais une analyse peut écarter d’autres causes de symptômes semblables, comme une hypothyroïdie (Asan Medical Center, s. d.).
Les confusions les plus fréquentes concernent la dépression et les troubles anxieux. Environ la moitié des femmes qui consultent pour un SPM ont l’un de ces troubles, et dans la dépression les symptômes sont présents tout le mois et peuvent s’aggraver avant ou pendant les règles (ACOG, 2021). Quand un trouble déjà présent s’aggrave ainsi avant les règles, on parle d’exacerbation prémenstruelle ; environ 60 % des femmes ayant un trouble de l’humeur la signalent. Les traitements efficaces dans le TDPM agissent moins, voire pas du tout, sur l’exacerbation prémenstruelle : d’où l’importance de les distinguer (Kuehner & Nayman, 2021). Les lignes directrices de l’OMS distinguent aussi le TDPM par l’absence de symptômes une semaine après le début des règles (OMS, 2024). Si votre humeur reste basse une fois les règles terminées, regardez donc du côté des symptômes de la dépression ou des symptômes de l’anxiété avant de penser au SPM.
Le trouble bipolaire peut aussi varier avec le cycle. Une revue a montré que, dans les études fondées sur la mémoire, 25 à 77 % des femmes atteintes de trouble bipolaire répondaient aux critères du SPM et 15 à 27 % à ceux du TDPM (Teatero et al., 2014). Le TDPM recoupe aussi le TDAH : dans une enquête en ligne menée par des chercheurs britanniques auprès de 715 personnes de 18 à 34 ans, 31,4 % de celles qui disaient avoir un diagnostic de TDAH étaient positives au dépistage du TDPM, contre 9,8 % de celles sans TDAH (Broughton et al., 2025). Plus de détails dans TDAH de l’adulte.
Vers la quarantaine, les symptômes peuvent se mêler à ceux de la périménopause : les symptômes prémenstruels reviennent avec le cycle, tandis que ceux de la ménopause surviennent sans lien avec les règles (Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie, 2025a). Les maladies de la thyroïde, le syndrome de fatigue chronique et le syndrome de l’intestin irritable peuvent aussi imiter le SPM ou s’y ajouter (ACOG, 2021). Des symptômes de l’humeur apparus après le début d’un traitement hormonal comme la pilule peuvent être des effets indésirables, et des symptômes qui disparaissent à l’arrêt du médicament ne sont pas diagnostiqués comme un TDPM (OMS, 2024). Parlez-en à un médecin avant de changer de pilule ou de l’arrêter.
Ce qui aide, et ce qui repose sur peu de preuves
Aucun traitement unique ne marche pour tout le monde (Pinkerton, 2026) : on commence généralement par l’hygiène de vie, puis on ajoute une psychothérapie et des médicaments si les symptômes sont sévères. Quelle que soit l’option choisie, continuez le carnet de symptômes au moins 2 à 3 mois de plus pour voir si elle fonctionne (RCOG, 2018). Les recommandations 2023 du Collège américain des obstétriciens et gynécologues indiquent aussi que beaucoup de patientes peuvent bénéficier d’une approche combinant plusieurs moyens (ACOG, 2023).
Plusieurs recommandations proposent l’activité physique en premier. Une revue de 15 essais randomisés (717 femmes) portant sur au moins 8 semaines d’exercice, dont 7 regroupés, a trouvé moins de symptômes prémenstruels dans les groupes actifs, mais la plupart des essais présentaient un risque de biais élevé : il est trop tôt pour en être sûr (Pearce et al., 2020). Bougez régulièrement, pas seulement les jours de symptômes ; se coucher et se lever à heures fixes tous les jours, week-ends compris, peut atténuer les variations d’humeur et la fatigue (ACOG, 2021). Le SPM va souvent de pair avec un sommeil de mauvaise qualité et une somnolence diurne, mais la plupart de ces études portaient sur un seul moment : on ne sait pas lequel vient en premier (Jeon & Baek, 2023).
Il est recommandé de ne pas trop boire d’alcool et de ne pas fumer (NHS, 2024). Dans une analyse de 19 études d’observation, le SPM était plus fréquent chez les buveuses, et davantage en cas de forte consommation (Fernández et al., 2018), et dans une cohorte américaine d’infirmières, les fumeuses avaient environ 2,1 fois plus de risque que les femmes n’ayant jamais fumé de développer un SPM dans les 2 à 4 années suivantes (Bertone-Johnson et al., 2008) ; dans les deux cas, il s’agit d’associations. Réduire la caféine est aussi un conseil fréquent (ACOG, 2021), mais dans la même cohorte, la consommation de caféine n’était pas liée à l’apparition d’un SPM ; cette étude ne vérifiait pas si réduire la caféine soulage des symptômes déjà présents (Purdue-Smithe et al., 2016). Les conseils alimentaires comme manger moins salé ne sont encore, dans une synthèse de la recherche, que des pistes qui pourraient aider ; de grands essais randomisés restent nécessaires pour des recommandations claires (Oboza et al., 2024).
Au Royaume-Uni, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est proposée comme option de traitement (RCOG, 2018). Dans une analyse regroupant des essais randomisés, la TCC réduisait l’anxiété et la dépression prémenstruelles, mais les preuves étaient de faible qualité (Busse et al., 2009). Une analyse de 22 études a trouvé des effets faibles à modérés pour la TCC comme pour les antidépresseurs (Kleinstäuber et al., 2012), et une analyse récente de 20 essais randomisés (1 369 femmes) a aussi montré que les psychothérapies réduisaient les symptômes prémenstruels, mais les essais sont petits et il est trop tôt pour en être sûr (Liu et al., 2026). Dans un essai auprès de 174 femmes atteintes de TDPM, 8 semaines de TCC en ligne guidée par des thérapeutes ont eu des effets qui duraient encore 6 mois plus tard, mais le groupe de comparaison était une liste d’attente (Weise et al., 2019). L’information seule n’a pas aidé (Busse et al., 2009).
Les preuves en faveur des compléments alimentaires sont faibles. Une revue de 2025 portant sur 31 essais randomisés a trouvé des résultats régulièrement favorables pour la vitamine B6, le calcium et le zinc sur les symptômes de l’humeur, mais un seul essai présentait un faible risque de biais, et les preuves manquaient pour la vitamine D, le magnésium, les multivitamines et les régimes conçus pour le SPM (Robinson et al., 2025). Sur 62 plantes, vitamines et minéraux présentés comme utiles contre le SPM, seuls 10 avaient fait l’objet d’essais randomisés, et l’huile d’onagre n’a montré aucun bénéfice (Whelan et al., 2009). Les extraits de gattilier (Vitex agnus-castus) semblent efficaces dans les essais, mais les biais et le biais de publication ont pu gonfler l’effet (Verkaik et al., 2017), et le gattilier n’est peut-être pas sûr pendant la grossesse, l’allaitement ou en cas de maladie sensible aux hormones (NCCIH, 2025). À forte dose, la vitamine B6 peut abîmer les nerfs et provoquer une perte de sensibilité des bras et des jambes : le NHS britannique conseille de ne pas dépasser 10 mg par jour en complément sauf avis médical (NHS, 2020). Le NHS rappelle aussi que les preuves de l’efficacité des compléments sont minces et conseille, si vous prenez des médicaments, de demander conseil à un médecin ou en pharmacie avant d’en commencer un (NHS, 2024).
Si les symptômes sont sévères, vous pouvez parler de médicaments avec un médecin. Dans une revue Cochrane de 34 essais randomisés, les antidépresseurs de type ISRS réduisent probablement les symptômes prémenstruels (niveau de preuve modéré) et sont probablement plus efficaces pris tous les jours que seulement pendant les deux semaines avant les règles. Les nausées passaient de 7 % sous placebo à 20 % et le manque d’énergie de 5 à 14 %, et 68 % des études incluses étaient financées par l’industrie pharmaceutique (Jespersen et al., 2024). Certaines pilules œstroprogestatives qui bloquent l’ovulation pourraient réduire un peu à modérément les symptômes des femmes atteintes de TDPM, mais les preuves sont de faible qualité et l’effet placebo était important (Ma & Song, 2023), et la pilule aggrave parfois les symptômes (Pinkerton, 2026). Dans les formes sévères qui résistent aux autres traitements, des analogues de la GnRH, qui mettent temporairement les ovaires au repos, peuvent être utilisés avec un apport d’hormones, et la chirurgie n’est envisagée que lorsque tous les autres traitements ont échoué (RCOG, 2018 ; Wyatt et al., 2004). L’efficacité de la progestérone n’a pas été démontrée (Ford et al., 2012). Ne commencez ni n’arrêtez aucun médicament de vous-même, et n’arrêtez un antidépresseur que progressivement, avec votre médecin (RCOG, 2018).
Quand et où consulter
Consultez si les changements d’hygiène de vie n’ont pas suffi ou si les symptômes gênent la vie quotidienne (NHS, 2024), ou s’ils posent problème au travail ou dans les relations, ou que les symptômes qui reviennent chaque mois sont difficiles à supporter (ministère japonais de la Santé, s. d.). Apportez un carnet de symptômes couvrant au moins deux cycles (NHS, 2024).
En Corée, consulter en gynécologie est jugé important quand les symptômes sont sévères (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2026) ; si l’hygiène de vie ne suffit pas, un traitement hormonal comme la pilule peut être essayé, et une consultation en psychiatrie peut être nécessaire quand les symptômes de l’humeur sont sévères (Asan Medical Center, s. d.). Les centres de santé mentale présents dans la plupart des villes et arrondissements proposent aussi des consultations de psychiatrie (Centre national coréen de santé mentale, 2021). Si vous n’avez jamais consulté en psychiatrie, lisez le guide Première consultation en psychiatrie.
Au Japon, le diagnostic se fait en gynécologie ou dans une consultation pour femmes (ministère japonais de la Santé, s. d.), et une orientation vers la psychiatrie ou la médecine psychosomatique est envisagée quand les symptômes psychiques sont sévères ou qu’une maladie psychique déjà présente semble s’aggraver avant les règles (Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie, 2025a). Au Royaume-Uni, on consulte d’abord en médecine générale ; si les symptômes persistent après traitement, une orientation est possible vers la gynécologie, la psychiatrie ou un accompagnement psychologique (NHS, 2024). En France, en cas de SPM sévère, il est conseillé de prendre un avis gynécologique pour un bilan complet (VIDAL, 2020).
mind.io ne propose pas de test du SPM ou du TDPM. L’auto-évaluation PHQ-9 porte sur votre humeur des 2 dernières semaines, pas sur votre cycle : elle peut aider à voir si une humeur basse se prolonge après les règles. Son résultat n’est pas un diagnostic.
Si avant vos règles vous pensez au suicide ou à vous faire du mal, ne gardez pas cela pour vous. Les recommandations de la Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie recommandent d’envisager une orientation vers la psychiatrie quand les idées suicidaires augmentent, et signalent que des travaux décrivent la phase prémenstruelle comme une période de risque suicidaire plus élevé (Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie, 2025a). Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Questions fréquentes
Q. Le SPM, ce n’est pas « dans la tête » ? R. Non. Le SPM semble être une réaction différente à des variations hormonales normales (Schmidt et al., 1998), et le ministère japonais de la Santé précise que ces troubles ne tiennent ni à la personnalité ni à un manque de discipline (ministère japonais de la Santé, s. d.). Le portail national coréen de santé mentale souligne que ne voir dans le TDPM qu’une réaction normale au cycle est ce qui aide le moins le traitement (Centre national coréen de santé mentale, 2021), et l’agence coréenne de contrôle des maladies rappelle que les symptômes liés aux règles doivent être vus non comme une simple gêne, mais comme un problème de santé qui peut toucher la santé mentale (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2025).
Q. Toutes les femmes sont-elles irritables avant leurs règles ? R. Non. Sur 47 études qui ont suivi l’humeur quotidienne de femmes de la population générale, seules 7 (14,9 %) trouvaient plus d’humeur négative uniquement avant les règles, et 18 (38,3 %) ne trouvaient aucun lien entre l’humeur et le cycle (Romans et al., 2012). Seule une minorité, bien moins de 10 %, a une détresse prémenstruelle assez sévère pour répondre aux critères du TDPM : il est donc inexact de la généraliser à toutes les femmes (Epperson et al., 2012).
Q. Le SPM, est-ce seulement une question d’humeur ? R. Non, les symptômes physiques sont fréquents aussi. Dans une étude australienne portant sur 720 paires de jumelles, la sensibilité des seins et le ballonnement ou la prise de poids étaient plus souvent signalés que les symptômes de l’humeur (Treloar et al., 2002).
Q. Existe-t-il un score d’auto-évaluation du TDPM ? R. Ce guide n’en propose pas. Les réponses de mémoire prédisent mal qui sera diagnostiquée avec un relevé quotidien (Eisenlohr-Moul et al., 2017) : le diagnostic repose donc sur un relevé quotidien sur au moins deux cycles (OMS, 2024). mind.io n’a pas non plus de tel test, et l’auto-évaluation PHQ-9 porte sur l’humeur dépressive des 2 dernières semaines ; ce n’est pas un test du TDPM.
Q. Avant mes règles, j’ai plus faim et envie de sucré. R. C’est un symptôme fréquent. Les changements d’appétit et les fringales font partie des symptômes prémenstruels typiques (NHS, 2024), et les fringales étaient le symptôme le plus cité par les utilisatrices d’une application (Hantsoo et al., 2022). Le NHS suggère qu’il peut être préférable de manger de plus petites quantités plus souvent, toutes les 2 à 3 heures (NHS, 2024).
Q. Avant mes règles, je dors mal ou je suis très somnolente. R. L’insomnie comme l’excès de sommeil font partie des symptômes prémenstruels (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2026). Se coucher et se lever à heures fixes tous les jours peut aider (ACOG, 2021), et si les problèmes de sommeil persistent sans lien avec le cycle, lisez Insomnie : ce qui aide vraiment.
Q. Cela peut-il gêner le travail ou les études ? R. Oui. Dans une étude auprès de 822 femmes de plusieurs pays qui ont tenu un relevé quotidien pendant deux mois, celles qui avaient un SPM modéré à sévère ou un TDPM notaient en moyenne 5,6 jours de productivité nettement réduite, contre 1,1 jour pour les autres (Heinemann et al., 2010). Dans une enquête britannique auprès de 125 salariées, très peu parlaient de leurs symptômes prémenstruels au travail ou s’absentaient pour cette raison (Hardy & Hunter, 2021). Le ministère japonais de la Santé note que le TDPM peut s’aggraver au point de nécessiter un arrêt de travail (ministère japonais de la Santé, s. d.), et les recommandations de la Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie indiquent que les symptômes prémenstruels peuvent aussi peser sur la scolarité, par des absences et une baisse des résultats (Société japonaise d’obstétrique et de gynécologie, 2025a).
Q. Est-ce que cela disparaît avec l’âge ? R. En général, cela s’atténue. Dans une étude américaine qui a suivi 436 femmes pendant 5 ans, le SPM diminuait avec l’âge (Freeman et al., 2004), mais les symptômes peuvent s’aggraver dans les années qui précèdent la ménopause (Pinkerton, 2026). Les changements d’humeur autour de la ménopause sont traités dans Ménopause et humeur, et les autres causes fréquentes des sautes d’humeur dans Sautes d’humeur.
Q. On m’a dit que la pilule aidait contre le SPM. R. Cela dépend des personnes. Certaines pilules œstroprogestatives peuvent réduire les symptômes du TDPM (Ma & Song, 2023), mais la pilule peut aussi les aggraver, surtout pendant les 6 premières semaines (Pinkerton, 2026). Décidez-en avec un médecin, et ne la changez pas ni ne l’arrêtez de vous-même, pour ne pas vous retrouver sans contraception.
Q. Chaque mois, avant mes règles, j’ai envie de mourir. R. Ne gardez pas cela pour vous. Le TDPM est une maladie qui se soigne, et de l’aide existe (Centre national coréen de santé mentale, 2021). Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
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