Guide bien-être
Angoisse de séparation : enfant, adulte et ce qui aide
L’angoisse de séparation selon la recherche : la phase normale et sa fin, le trouble chez l’enfant et l’adulte, les au revoir à la crèche, ce qui aide.
L’angoisse de séparation est une étape normale, le trouble anxiété de séparation est autre chose
Il est courant qu’un bébé s’accroche et pleure quand un parent ou la personne qui s’occupe de lui s’en va, et c’est une étape normale du développement. Le NHS explique que l’angoisse de séparation est le signe que le bébé comprend qu’il est une personne distincte et à quel point il dépend de ceux qui prennent soin de lui, et que c’est généralement le signe d’un lien solide (NHS, 2026a). Une angoisse de séparation chez l’enfant ne veut pas dire que les parents font quelque chose de travers (Pregnancy, Birth and Baby, 2025).
Le trouble anxiété de séparation est différent. La classification de l’Organisation mondiale de la santé (CIM-11) le décrit comme une peur ou une anxiété liée à la séparation d’avec les personnes auxquelles on est profondément attaché, excessive pour l’âge, qui dure longtemps (par exemple au moins plusieurs mois) et entraîne une détresse ou une gêne marquées dans la vie quotidienne. Les adultes peuvent aussi en recevoir le diagnostic, et chez eux la crainte porte le plus souvent sur la personne aimée ou sur des enfants. C’est l’un des troubles anxieux les plus fréquents chez le jeune enfant (OMS, 2024).
Dans l’enquête nationale coréenne de 2022 sur la santé mentale de 6 275 enfants de 6 à 17 ans, 3,8 % avaient rempli à un moment de leur vie les critères du trouble anxiété de séparation (4,4 % des 6-11 ans et 3,2 % des 12-17 ans), mais 0,1 % au moment de l’enquête ; les parents répondaient pour les 6-11 ans (ministère coréen de la Santé et du Bien-être, 2024). La prévalence sur la vie compte toutes les personnes qui l’ont eu un jour, elle est donc bien plus élevée que la part de celles qui l’ont aujourd’hui.
mind.io ne propose pas de test de l’angoisse de séparation, et ce guide ne remplace pas un diagnostic. Il présente, d’après la recherche et des sources officielles, jusqu’à quel âge l’angoisse de séparation dure habituellement, les signes et les causes du trouble, ce qui aide à la maison et à la crèche, les traitements et l’anxiété de séparation chez l’adulte. L’angoisse de séparation des animaux n’est pas traitée. Les autres formes d’anxiété sont présentées dans Symptômes de l’anxiété.
Jusqu’à quel âge l’angoisse de séparation est-elle normale ?
Le NHS indique que l’angoisse de séparation est très fréquente entre environ 6 mois et 3 ans : les jeunes enfants peuvent devenir collants et pleurer quand ils sont séparés de leurs parents, ce qui est une étape normale du développement qui devrait cesser vers 2 ou 3 ans (NHS, 2026b). L’Académie américaine de pédiatrie précise que la plupart des bébés développent une angoisse de séparation plus marquée vers 9 mois, et que certains tout-petits ne commencent qu’à 15 ou 18 mois (American Academy of Pediatrics, 2026). Certains enfants la vivent plus tard, entre 18 mois et 2 ans et demi, et d’autres jamais (Nemours KidsHealth, 2023) : il n’existe donc pas de mois précis où elle commence ou finit. La peur des inconnus est aussi fréquente entre 6 mois et 3 ans (NHS, 2026a).
Il est rare qu’elle se poursuive chaque jour après l’âge préscolaire (American Academy of Pediatrics, 2026). Mais un changement, comme une nouvelle crèche ou une nouvelle personne qui garde l’enfant, la naissance d’un frère ou d’une sœur, un déménagement ou des tensions à la maison, peut la faire revenir ou l’aggraver (Nemours KidsHealth, 2023), et la séparation peut être plus difficile quand l’enfant a faim, est fatigué ou malade (American Academy of Pediatrics, 2026).
Les cultures diffèrent dans leur façon de voir le temps passé loin de la famille. La classification de l’OMS précise que, dans les cultures où il est normal de rester proche de sa famille, la détresse liée à la séparation ne doit pas être jugée excessive en elle-même (OMS, 2024).
Les signes du trouble anxiété de séparation, et ce qui peut lui ressembler
Selon l’âge, le trouble anxiété de séparation peut se manifester par la peur persistante qu’un malheur, ou un enlèvement, entraîne une séparation ; une réticence ou un refus d’aller à l’école ou au travail ; des colères ou une grande détresse répétées au moment de se séparer ; une réticence à dormir loin de la personne d’attachement ; des cauchemars répétés de séparation ; et des symptômes physiques comme des nausées, des vomissements, des maux de ventre ou de tête quand une séparation approche (OMS, 2024). Les plus jeunes peuvent suivre leurs parents partout, même à la maison, tandis que les enfants plus grands et les adolescents peuvent tenir à rester en famille plutôt que de voir des amis (OMS, 2024). L’enfant peut sembler aller bien quand la personne d’attachement est présente, ce qui peut faire paraître le problème mineur (Elia, 2025). Il ne s’agit pas d’une liste de diagnostic.
Ce qui la distingue de l’angoisse normale, c’est la répétition à chaque séparation pendant des mois, une inquiétude excessive pour la sécurité de la personne d’attachement, un évitement persistant des séparations, et une détresse ou une gêne marquées dans la vie quotidienne (OMS, 2024). L’OMS ne fixe pas de durée chiffrée (elle cite « au moins plusieurs mois » en exemple), tandis que les critères américains (DSM-5-TR) retiennent au moins 4 semaines dans l’enfance et l’adolescence (Elia, 2025 ; ministère coréen de la Santé et du Bien-être, 2024) et environ 6 mois chez l’adulte (healthdirect, 2024).
Tout refus d’aller à la crèche ou à l’école n’est pas une angoisse de séparation. À l’adolescence surtout, le refus scolaire tient souvent à d’autres raisons, comme l’absentéisme, le rejet par les pairs ou le harcèlement. Si l’enfant a peur de parler en classe ou d’être avec les autres, cela relève plutôt de l’anxiété sociale (OMS, 2024), présentée dans Anxiété sociale.
Dans le trouble anxieux généralisé, on peut aussi s’inquiéter pour la sécurité de sa famille, mais l’inquiétude s’étend à bien d’autres sujets du quotidien. Dans l’agoraphobie, on évite des situations par peur de ne pas trouver d’aide en cas de symptômes de panique, et non par peur d’être loin des siens ; dans la dépression, on peut éviter de sortir de chez soi, mais presque uniquement pendant l’épisode dépressif (OMS, 2024). Un enfant peut aussi développer une angoisse de séparation après un événement effrayant ou un décès dans la famille (OMS, 2024). Voir Symptômes de l’anxiété, Attaque de panique et Le deuil après un décès. Le trouble réactionnel de l’attachement est le tableau inverse : l’enfant ne recherche presque pas de réconfort même en détresse (OMS, 2024), alors que dans l’angoisse de séparation il recherche intensément la personne d’attachement. Les troubles de l’attachement sont abordés dans Carence affective.
Pourquoi : tempérament, gènes, famille et changements de vie
Il ne s’agit pas de chercher un coupable. Dans une méta-analyse de 18 cohortes de jumeaux (31 859 personnes), les différences individuelles d’angoisse de séparation s’expliquaient en grande partie par les gènes (43 %) et l’environnement familial partagé (17 %) (Scaini et al., 2012). Ces chiffres décrivent des différences au sein d’une population ; ils ne veulent pas dire qu’un pourcentage donné de l’angoisse d’un enfant serait inné. Les enfants au tempérament prudent face aux personnes et situations inconnues (inhibition comportementale) étaient plus susceptibles de développer plus tard un trouble anxieux (Sandstrom et al., 2020).
Le lien entre l’éducation et l’anxiété des enfants était plus faible qu’on ne le croit. Dans une méta-analyse de 47 études, l’éducation n’expliquait que 4 % des différences d’anxiété ; parmi ses aspects, la possibilité laissée à l’enfant de faire les choses par lui-même (octroi d’autonomie) comptait pour 18 %, et la chaleur pour moins de 1 % (McLeod et al., 2007). L’OMS note aussi que le trouble anxiété de séparation de l’enfant est associé à une éducation qui ne laisse pas l’enfant faire seul ce qui correspond à son âge, comme s’habiller ou se laver (OMS, 2024) : plutôt qu’une cause à reprocher, c’est un point sur lequel la famille peut travailler ensemble. Quand un parent avait un trouble anxieux, le risque de trouble anxieux chez l’enfant était multiplié par 1,76, surtout pour le trouble anxieux généralisé, le trouble anxiété de séparation et la phobie spécifique (Lawrence et al., 2019), mais ce type d’étude ne permet pas de distinguer gènes et environnement. Prendre soin de sa propre anxiété est aussi une façon d’aider l’enfant (Scaini et al., 2012).
Les grands changements, comme un déménagement, la naissance d’un frère ou d’une sœur, l’entrée à la crèche ou à l’école ou des conflits à la maison, peuvent déclencher l’angoisse de séparation ou la raviver (Nemours KidsHealth, 2023 ; NHS, 2026b), de même que le décès d’un être cher ou d’un animal ou un changement d’école (Elia, 2025). L’évolution est en général favorable : parmi 161 jumeaux de 8 à 17 ans de la population générale qui avaient un trouble anxiété de séparation, 80 % ne remplissaient plus les critères environ 18 mois plus tard (Foley et al., 2004). Mais dans une méta-analyse portant sur 25 études (14 855 participants), les personnes qui avaient eu ce trouble dans l’enfance étaient plus susceptibles de développer ensuite un trouble panique (rapport de cotes 3,45) et d’autres troubles anxieux (Kossowsky et al., 2013). Si cela dure, mieux vaut se faire soigner.
Ce qui aide à la maison et à la crèche
Commencez par de courtes séparations, puis allongez-les peu à peu et passez à des lieux moins familiers (NHS, 2026a). Faites des au revoir brefs et toujours de la même façon (American Academy of Pediatrics, 2026), et ne partez pas en cachette sans dire au revoir (Pregnancy, Birth and Baby, 2025). Même si vous ressentez de la tristesse ou de l’inquiétude, souriez et dites au revoir avec assurance : l’enfant perçoit votre tension (NHS, 2026a). Dites-lui quand vous reviendrez avec des repères qu’il comprend, comme « après la sieste et avant le goûter », et tenez parole (American Academy of Pediatrics, 2026). Un objet réconfortant, comme un foulard qui porte votre odeur ou un doudou, peut aider (NHS, 2026a), et quand vous vous retrouvez, accordez-lui toute votre attention (Pregnancy, Birth and Baby, 2025).
Mieux vaut ne pas revenir dans la pièce ni annuler vos projets parce que l’enfant pleure et supplie (American Academy of Pediatrics, 2026). Revenir peut aggraver les choses, et la plupart des enfants se calment et jouent peu après le départ du parent (Nemours KidsHealth, 2023). Mais si votre enfant reste dans une grande détresse longtemps après votre départ, ou si cela dure depuis plus de quelques semaines, demandez un avis médical (NHS, 2026a).
À l’entrée à la crèche ou à l’école maternelle, allez-y d’abord quelques fois ensemble et commencez par de courtes durées (Nemours KidsHealth, 2023 ; Pregnancy, Birth and Baby, 2025). Dans une étude portant sur 70 bébés de 15 mois, l’attachement restait ou devenait sécure lorsque les mères passaient plus de jours à accompagner l’adaptation, et les bébés à l’attachement sécure pleuraient et protestaient même davantage les premiers jours sans leur mère (Ahnert et al., 2004). Des pleurs les premiers jours ne signifient donc pas à eux seuls un problème d’attachement. Aider l’enfant à se lier à un adulte de l’équipe peut aider, et comme les enfants améliorés par le traitement rechutent souvent après les vacances, il est conseillé de prévoir des séparations régulières pendant les congés (Elia, 2025). Si votre enfant refuse fortement une crèche ou une personne en particulier et qu’il dort ou mange autrement, vérifiez qu’il n’y a pas de problème de ce côté-là (Nemours KidsHealth, 2023).
Quand une famille modifie ses habitudes pour apaiser l’anxiété d’un enfant, on parle d’accommodation familiale, par exemple dormir toujours à côté d’un enfant qui a une angoisse de séparation parce qu’il a peur de dormir seul. Ce n’est pas le fait de dormir ensemble en soi qui compte, mais le fait que les comportements et les habitudes de la famille s’organisent pour que l’enfant évite l’anxiété (Lebowitz et al., 2020). Dans une étude auprès des parents de 75 enfants anxieux, l’accommodation était fréquente dans tous les troubles anxieux, particulièrement liée à l’angoisse de séparation, et d’autant plus présente que l’anxiété était forte (Lebowitz et al., 2013). Reconnaissez la peur de votre enfant tout en lui montrant que vous le croyez capable d’y faire face (Lebowitz et al., 2020). Mais forcer un enfant dans une situation stressante sans avoir d’abord parlé de ce qui l’inquiète peut aggraver les choses (NHS, 2026b).
Si votre enfant refuse d’aller à l’école ou si sa scolarité en souffre, parlez-en aussi à l’école (NHS, 2026b). En Corée, les élèves peuvent aussi consulter la Wee class de leur école, de façon confidentielle et gratuite (Korea Policy Briefing, 2022).
Traitements et aide : d’abord une TCC qui implique les parents
La psychothérapie est le traitement principal du trouble anxiété de séparation chez l’enfant (healthdirect, 2024). Dans une revue Cochrane de 87 études (5 964 participants) sur la TCC des troubles anxieux de l’enfant et de l’adolescent, 49,4 % n’avaient plus leur trouble anxieux principal après la TCC, contre 17,8 % sur liste d’attente ou sans traitement, mais les preuves d’une supériorité sur les soins habituels ou d’autres traitements étaient faibles (James et al., 2020). Dans un essai auprès de 43 enfants de 5 à 7 ans ayant ce trouble et de leurs parents, 76 % de ceux qui avaient suivi un programme de TCC de 16 séances conçu pour l’angoisse de séparation, avec un volet pour les parents, ne remplissaient plus les critères ensuite, contre 14 % sur liste d’attente (Schneider et al., 2011).
Le traitement peut aussi passer par les parents. Les revues trouvent des résultats comparables entre un traitement de l’enfant seul et un traitement associant les parents, mais une approche menée par les parents reste possible même quand l’enfant refuse de participer (Lebowitz et al., 2020). Dans un essai britannique auprès de 194 enfants ayant un trouble anxieux, 50 % se sont remis de leur diagnostic principal quand les parents menaient la TCC à la maison avec un accompagnement thérapeutique, contre 25 % sur liste d’attente (Thirlwall et al., 2013). Dans un essai américain auprès de 124 enfants de 7 à 14 ans ayant un trouble anxieux (le trouble anxiété de séparation était le diagnostic principal pour 18 %), un programme mené uniquement avec les parents, sans séances avec l’enfant (SPACE), faisait aussi bien qu’une TCC avec l’enfant et réduisait davantage l’accommodation familiale (Lebowitz et al., 2020).
Un médicament est parfois utilisé quand les symptômes sont sévères ou que la psychothérapie ne suffit pas (healthdirect, 2024 ; Elia, 2025). Dans un essai auprès de 488 jeunes de 7 à 17 ans ayant un trouble anxiété de séparation, un trouble anxieux généralisé ou une anxiété sociale, 80,7 % allaient beaucoup mieux avec un antidépresseur de type ISRS associé à une TCC, 59,7 % avec la TCC seule et 54,9 % avec le médicament seul, et les trois faisaient mieux que le placebo (Walkup et al., 2008). Mais les médicaments ne conviennent pas aux enfants de moins de 6 ans (healthdirect, 2024), et l’expérience chez les très jeunes enfants est limitée (Elia, 2025). La décision se prend en consultation de pédopsychiatrie.
Consultez si l’angoisse ne s’améliore pas après quelques semaines ou si l’enfant reste dans une grande détresse longtemps après votre départ (NHS, 2026a) ; si elle se poursuit chaque jour après l’âge préscolaire (American Academy of Pediatrics, 2026) ; s’il y a des symptômes de type panique, comme des vomissements ou un essoufflement avant votre départ, ou une peur constante de se perdre ou d’un enlèvement (Nemours KidsHealth, 2023) ; ou si le refus de la crèche ou de l’école restreint sa vie au point de ne plus voir d’amis (OMS, 2024). En Corée, les pédiatres, les pédopsychiatres, les centres locaux de santé mentale et la ligne de crise 1577-0199 peuvent aider (ministère coréen de la Santé et du Bien-être, 2025), et les 9-24 ans et leurs parents peuvent joindre gratuitement, 24 h/24, la ligne jeunesse 1388 (Korea Policy Briefing, 2024).
Si vous pensez à vous faire du mal, ne gardez pas cela pour vous : appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
L’anxiété de séparation chez l’adulte : la peur d’être loin de la personne aimée ou d’un enfant
Les adultes peuvent aussi avoir un trouble anxiété de séparation. Chez l’adulte, la crainte porte le plus souvent sur la séparation d’avec la personne aimée ou des enfants (OMS, 2024). Les critères américains (DSM-5) ont aussi supprimé l’ancienne condition d’un début avant 18 ans (Silove et al., 2015). Dans les enquêtes mondiales sur la santé mentale menées auprès de 38 993 adultes de 18 pays, la prévalence sur la vie du trouble était en moyenne de 4,8 %, et 43,1 % des cas avaient commencé après 18 ans (Silove et al., 2015). Dans une enquête auprès d’adultes américains, la prévalence sur la vie du trouble chez l’adulte était de 6,6 %, et 77,5 % de ces cas avaient débuté à l’âge adulte (Shear et al., 2006). On pense souvent qu’il commence dans l’enfance, mais un premier début à l’âge adulte n’a rien d’exceptionnel.
L’attachement anxieux et le trouble anxiété de séparation se recoupent sans être identiques. Dans une enquête auprès de 394 jeunes adultes italiens, les symptômes d’anxiété de séparation étaient liés à l’attachement anxieux mais pas à l’attachement évitant (Bassi et al., 2022) ; en revanche, dans une étude de 141 personnes ayant un trouble panique, le lien entre le trouble et le style d’attachement n’était pas fort, et certaines personnes qui se disaient sécures avaient tout de même ce trouble. Parmi ces patients, 49,5 % avaient un trouble anxiété de séparation de l’adulte, et ses symptômes se distinguaient nettement de ceux de l’agoraphobie (Pini et al., 2014). L’attachement anxieux est une tendance relationnelle ; le trouble suppose une peur excessive qui dure plus de quelques mois et perturbe fortement la vie (OMS, 2024). Pour gérer l’anxiété dans le couple, voir Attachement anxieux ; le test du style d’attachement n’est pas un test d’anxiété de séparation, il mesure les tendances à l’anxiété et à l’évitement dans les relations amoureuses.
La peur d’être abandonné peut aussi faire partie d’un trouble de la personnalité, où elle s’accompagne de difficultés plus larges dans les relations, la régulation des émotions et l’identité, et les deux peuvent coexister (OMS, 2024). Vérifier sans cesse ce que fait l’autre ou contrôler sa vie peut devenir une question de sécurité pour l’autre, même quand cela vient de l’anxiété ; la jalousie et le contrôle sont traités dans Jalousie amoureuse.
Les recherches sur un traitement conçu pour l’anxiété de séparation de l’adulte restent rares : aucune des 14 recommandations sur les troubles anxieux de l’adulte ne formulait de recommandation spécifique de psychothérapie pour ce trouble (Huang et al., 2025). La psychothérapie est l’approche principale (healthdirect, 2024), et comme les adultes qui ont ce trouble ont souvent d’autres troubles anxieux ou une dépression (healthdirect, 2024), ceux-ci sont aussi pris en compte. Si la peur de la séparation dure depuis des mois et ébranle votre travail ou vos relations, consultez en psychiatrie.
Questions fréquentes
Q. Jusqu’à quel âge l’angoisse de séparation est-elle normale ? R. Elle est fréquente entre environ 6 mois et 3 ans et devrait cesser vers 2 ou 3 ans (NHS, 2026b). Il est rare qu’elle se poursuive chaque jour après l’âge préscolaire (American Academy of Pediatrics, 2026).
Q. Mon enfant pleure chaque fois que je le dépose à la crèche. Faut-il partir en douce ? R. Non. Ne partez pas sans dire au revoir, mais faites court (Pregnancy, Birth and Baby, 2025). Dites au revoir de la même façon chaque jour, indiquez à l’enfant, avec des repères qu’il comprend, quand vous reviendrez, et tenez parole (American Academy of Pediatrics, 2026). La plupart des enfants se calment peu après le départ du parent (Nemours KidsHealth, 2023).
Q. Comment diagnostique-t-on le trouble anxiété de séparation ? Existe-t-il un test ? R. mind.io ne propose pas de test de l’angoisse de séparation. Le diagnostic se pose en consultation, lors d’entretiens avec l’enfant et les parents sur les symptômes et leur durée, et les critères américains retiennent au moins 4 semaines dans l’enfance et l’adolescence (Elia, 2025). L’auto-évaluation GAD-7 porte sur l’anxiété des 2 dernières semaines chez l’adulte et l’adolescent : elle ne renseigne pas sur l’angoisse de séparation d’un enfant.
Q. J’ai une forte anxiété quand je suis loin de l’autre, dans mon couple. Attachement anxieux ou trouble anxiété de séparation ? R. Les deux se recoupent sans être identiques (Pini et al., 2014). Si la peur est excessive, dure plus de quelques mois et perturbe fortement le travail ou les relations, il peut s’agir d’un trouble anxiété de séparation : faites-vous évaluer (OMS, 2024). Sinon, Attachement anxieux peut aider.
Q. L’angoisse de séparation devient-elle un trouble panique plus tard ? R. Le risque augmente, mais rien n’est joué. Le trouble anxiété de séparation de l’enfance augmentait la probabilité d’un trouble panique ultérieur (Kossowsky et al., 2013), mais la plupart des enfants de la population générale ne remplissaient plus les critères un an et demi plus tard environ (Foley et al., 2004), et le traitement aide (James et al., 2020).
Q. Mon enfant a-t-il besoin d’un médicament ? R. En général, non. La psychothérapie vient d’abord, et le médicament est réservé aux symptômes sévères, sur avis spécialisé. Les médicaments ne conviennent pas aux enfants de moins de 6 ans (healthdirect, 2024).
Q. Je vais si mal que je pense à me faire du mal. R. Ne gardez pas cela pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Références : NHS (2026a), Separation anxiety, https://www.nhs.uk/baby/babys-development/behaviour/separation-anxiety/ ; Pregnancy, Birth and Baby (2025), Separation anxiety in children, https://www.pregnancybirthbaby.org.au/children/behaviours-and-emotions/separation-anxiety ; World Health Organization (2024), Clinical descriptions and diagnostic requirements for ICD-11 mental, behavioural and neurodevelopmental disorders (CDDR), https://www.who.int/publications/i/item/9789240077263 ; Ministry of Health and Welfare (2024), 16.1% of children and adolescents have experienced a mental disorder: results of the 2022 National Mental Health Survey of children and adolescents [press release, in Korean], https://www.mohw.go.kr/board.es?mid=a10503010100&bid=0027&act=view&list_no=1481286 ; NHS (2026b), Anxiety in children, https://www.nhs.uk/mental-health/children-and-young-adults/advice-for-parents/anxiety-in-children/ ; American Academy of Pediatrics (2026), How to ease your child’s separation anxiety, HealthyChildren.org, https://www.healthychildren.org/English/ages-stages/toddler/Pages/Soothing-Your-Childs-Separation-Anxiety.aspx ; Nemours KidsHealth (2023), Separation anxiety, https://kidshealth.org/en/parents/sep-anxiety.html ; Elia, J. (2025), Separation anxiety disorder, MSD Manual Professional Version, last updated October 2025, https://www.msdmanuals.com/professional/pediatrics/psychiatric-disorders-in-children-and-adolescents/separation-anxiety-disorder ; healthdirect (2024), Separation anxiety, https://www.healthdirect.gov.au/symptoms/separation-anxiety ; Scaini, S., Ogliari, A., Eley, T. C., Zavos, H. M., & Battaglia, M. (2012), Genetic and environmental contributions to separation anxiety: A meta-analytic approach to twin data, Depression and Anxiety, 29(9), 754-761, https://doi.org/10.1002/da.21941 ; Sandstrom, A., Uher, R., & Pavlova, B. (2020), Prospective association between childhood behavioral inhibition and anxiety: A meta-analysis, Journal of Abnormal Child Psychology, 48(1), 57-66, https://doi.org/10.1007/s10802-019-00588-5 ; McLeod, B. D., Wood, J. J., & Weisz, J. R. (2007), Examining the association between parenting and childhood anxiety: A meta-analysis, Clinical Psychology Review, 27(2), 155-172, https://doi.org/10.1016/j.cpr.2006.09.002 ; Lawrence, P. J., Murayama, K., & Creswell, C. (2019), Systematic review and meta-analysis: Anxiety and depressive disorders in offspring of parents with anxiety disorders, Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 58(1), 46-60, https://doi.org/10.1016/j.jaac.2018.07.898 ; Foley, D. L., Pickles, A., Maes, H. M., Silberg, J. L., & Eaves, L. J. (2004), Course and short-term outcomes of separation anxiety disorder in a community sample of twins, Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 43(9), 1107-1114, https://doi.org/10.1097/01.chi.0000131138.16734.f4 ; Kossowsky, J., Pfaltz, M. C., Schneider, S., Taeymans, J., Locher, C., & Gaab, J. (2013), The separation anxiety hypothesis of panic disorder revisited: A meta-analysis, American Journal of Psychiatry, 170(7), 768-781, https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2012.12070893 ; Ahnert, L., Gunnar, M. R., Lamb, M. E., & Barthel, M. (2004), Transition to child care: Associations with infant-mother attachment, infant negative emotion, and cortisol elevations, Child Development, 75(3), 639-650, https://doi.org/10.1111/j.1467-8624.2004.00698.x ; Lebowitz, E. R., Marin, C., Martino, A., Shimshoni, Y., & Silverman, W. K. (2020), Parent-based treatment as efficacious as cognitive-behavioral therapy for childhood anxiety: A randomized noninferiority study of Supportive Parenting for Anxious Childhood Emotions, Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 59(3), 362-372, https://doi.org/10.1016/j.jaac.2019.02.014 ; Lebowitz, E. R., Woolston, J., Bar-Haim, Y., Calvocoressi, L., Dauser, C., Warnick, E., et al. (2013), Family accommodation in pediatric anxiety disorders, Depression and Anxiety, 30(1), 47-54, https://doi.org/10.1002/da.21998 ; Korea Policy Briefing (2022), Strength to stand up again for students in crisis: the Wee project [in Korean], https://www.korea.kr/news/policyNewsView.do?newsId=148909192 ; James, A. C., Reardon, T., Soler, A., James, G., & Creswell, C. (2020), Cognitive behavioural therapy for anxiety disorders in children and adolescents, Cochrane Database of Systematic Reviews, 11, CD013162, https://doi.org/10.1002/14651858.CD013162.pub2 ; Schneider, S., Blatter-Meunier, J., Herren, C., Adornetto, C., In-Albon, T., & Lavallee, K. (2011), Disorder-specific cognitive-behavioral therapy for separation anxiety disorder in young children: A randomized waiting-list-controlled trial, Psychotherapy and Psychosomatics, 80(4), 206-215, https://doi.org/10.1159/000323444 ; Thirlwall, K., Cooper, P. J., Karalus, J., Voysey, M., Willetts, L., & Creswell, C. (2013), Treatment of child anxiety disorders via guided parent-delivered cognitive-behavioural therapy: Randomised controlled trial, British Journal of Psychiatry, 203(6), 436-444, https://doi.org/10.1192/bjp.bp.113.126698 ; Walkup, J. T., Albano, A. M., Piacentini, J., Birmaher, B., Compton, S. N., Sherrill, J. T., et al. (2008), Cognitive behavioral therapy, sertraline, or a combination in childhood anxiety, New England Journal of Medicine, 359(26), 2753-2766, https://doi.org/10.1056/NEJMoa0804633 ; Ministry of Health and Welfare (2025), Community mental health welfare centres and the mental health crisis line [in Korean], https://www.mohw.go.kr/menu.es?mid=a10706040100 ; Korea Policy Briefing (2024), Youth Counselling 1388, open 365 days a year, 24 hours a day [in Korean], https://www.korea.kr/news/policyNewsView.do?newsId=148937356 ; Silove, D., Alonso, J., Bromet, E., Gruber, M., Sampson, N., Scott, K., et al. (2015), Pediatric-onset and adult-onset separation anxiety disorder across countries in the World Mental Health Survey, American Journal of Psychiatry, 172(7), 647-656, https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2015.14091185 ; Shear, K., Jin, R., Ruscio, A. M., Walters, E. E., & Kessler, R. C. (2006), Prevalence and correlates of estimated DSM-IV child and adult separation anxiety disorder in the National Comorbidity Survey Replication, American Journal of Psychiatry, 163(6), 1074-1083, https://doi.org/10.1176/ajp.2006.163.6.1074 ; Bassi, G., Mancinelli, E., Spaggiari, S., Lis, A., Salcuni, S., & Di Riso, D. (2022), Attachment style and its relationships with early memories of separation anxiety and adult separation anxiety symptoms among emerging adults, International Journal of Environmental Research and Public Health, 19(14), 8666, https://doi.org/10.3390/ijerph19148666 ; Pini, S., Abelli, M., Troisi, A., Siracusano, A., Cassano, G. B., Shear, K. M., & Baldwin, D. (2014), The relationships among separation anxiety disorder, adult attachment style and agoraphobia in patients with panic disorder, Journal of Anxiety Disorders, 28(8), 741-746, https://doi.org/10.1016/j.janxdis.2014.06.010 ; Huang, C., Liu, X., Liu, Y., Luo, C., Cai, J., Wang, Y., et al. (2025), Psychosocial interventions for anxiety disorders in adults: Evidence mapping and guideline appraisal, Frontiers in Psychiatry, 16, 1677705, https://doi.org/10.3389/fpsyt.2025.1677705
Vous n’avez pas à garder cela pour vous
Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.
En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Vous pouvez envoyer le lien à quelqu’un que ce guide pourrait aider.
Tests et guides à découvrir ensuite
Faire l’auto-évaluation GAD-7
Ce n’est pas un test de l’angoisse de séparation, mais adultes et adolescents peuvent faire le point sur leur anxiété des 2 dernières semaines en sept questions. Il ne s’applique pas aux jeunes enfants.
Lire Attachement anxieux
Quand l’anxiété d’être loin de l’autre est une tendance relationnelle et non un trouble : des exercices pour gérer le besoin de réassurance.
Lire Symptômes de l’anxiété
Comment se manifestent les autres formes d’anxiété, de l’inquiétude aux signes physiques et aux attaques de panique.