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Guide bien-être

TOC : symptômes, différence avec le goût de l’ordre, pourquoi il dure et ce qui aide

Le TOC selon l’OMS, le NICE et la recherche : formes, ordre ou TOC, pourquoi vérifier nourrit le doute, famille, EPR, médicaments et aide.

Le TOC : bien plus qu’un goût de l’ordre

En Corée, « gangbakjeung » est le mot courant ; le diagnostic médical est le trouble obsessionnel compulsif (TOC). La Classification internationale des maladies de l’OMS (CIM-11) décrit le TOC comme des pensées, images ou impulsions non désirées qui reviennent sans cesse (obsessions), accompagnées de comportements ou d’actes mentaux répétés selon des règles rigides pour faire disparaître l’anxiété ou atteindre une sensation de « juste comme il faut » (compulsions). Revérifier qu’une porte est fermée ou voir surgir l’image d’un geste blessant envers une personne proche sont des expériences courantes : on ne parle de TOC que lorsque ces pensées et comportements prennent beaucoup de temps, par exemple plus d’une heure par jour, ou causent une vraie souffrance ou une gêne dans la vie (OMS, 2024).

Une méta-analyse de 34 enquêtes en population menées dans plusieurs pays a trouvé que 1,3 % des personnes ont un TOC au cours de leur vie, plus souvent les femmes (1,5 %) que les hommes (1,0 %) (Fawcett et al., 2020). L’enquête nationale coréenne de 2021 a trouvé 0,2 % sur la vie entière et 0,1 % sur un an, avec de larges marges d’erreur car les cas étaient très peu nombreux (Rim et al., 2023). Dans les statistiques de l’assurance maladie coréenne, le nombre de personnes soignées avec un TOC (F42) comme diagnostic principal est passé de 20 682 en 2010 à 45 381 en 2025, la tranche des 20-29 ans étant la plus nombreuse en 2025. Ces chiffres comptent des personnes soignées, pas le nombre de personnes concernées (Service d’examen et d’évaluation de l’assurance maladie, 2026). D’après les études regroupées de nombreux pays, le trouble commence vers 19 ans au plus tard dans la moitié des cas et avant 25 ans dans 64 % des cas (Solmi et al., 2022).

mind.io ne propose pas de test du TOC. Ce guide explique comment le TOC se manifeste, ce qui le distingue du goût de l’ordre ou du perfectionnisme, pourquoi il se maintient, ce que l’on peut essayer chez soi, les traitements qui ont fait leurs preuves et où trouver de l’aide. La CIM actuelle range le TOC à part des troubles anxieux, parmi les « troubles obsessionnels compulsifs ou apparentés » (OMS, 2024). Les troubles anxieux sont expliqués dans le guide Symptômes de l’anxiété.

Les formes courantes : lavage, vérification, ordre, pensées non désirées, rituels mentaux

Le TOC prend de nombreuses formes : se laver et nettoyer à l’excès par peur des microbes ou de la contamination, vérifier encore et encore que la porte est fermée ou le gaz coupé, ranger les objets de façon symétrique ou dans un ordre précis, compter, avoir des pensées non désirées de faire du mal, ou des pensées sexuelles ou religieuses, que l’on neutralise en priant ou en répétant des mots dans sa tête, demander sans cesse aux autres si tout va bien, et éviter les lieux ou situations qui déclenchent le trouble (NHS, 2023 ; NIMH, 2023). La plupart des personnes présentent plusieurs de ces formes (OMS, 2024).

Les compulsions ne sont pas seulement des gestes visibles comme se laver les mains. Répéter mentalement certaines phrases, repasser un souvenir pour s’assurer de n’avoir fait de mal à personne ou compter dans sa tête sont aussi des compulsions (OMS, 2024). Une personne peut donc sembler aller bien tout en passant des heures sur des rituels mentaux. Les compulsions ne sont pas faites pour le plaisir : elles apportent un bref soulagement de l’anxiété ou une impression que « c’est bon » (OMS, 2024). La plupart des personnes ayant un TOC savent que leurs pensées sont excessives, mais la logique et le raisonnement ne suffisent pas à apaiser leur détresse (APA, 2024).

Le TOC commence en général à la fin de l’adolescence ou au début de la vingtaine, et un début après 35 ans est moins fréquent. Un début brutal ou tardif doit faire rechercher d’autres maladies (OMS, 2024). Les symptômes fluctuent et s’aggravent souvent avec le stress (NIMH, 2023). Le TOC peut aussi apparaître ou s’aggraver pendant la grossesse ou après l’accouchement (OMS, 2024). Si un enfant présente brusquement, en quelques jours, des symptômes obsessionnels sévères, consultez un médecin pour en chercher la cause (NIMH, 2025).

Ni goût de l’ordre, ni perfectionnisme, ni inquiétude

Ce n’est pas la même chose qu’être ordonné ou soigneux. Dire « je suis obsessionnel » dans la vie courante n’a rien à voir avec le TOC en tant que trouble : vérifier une ou deux fois de temps en temps, ou des habitudes qui ne gênent pas la vie, ne sont pas une maladie (portail national d’information en santé mentale, 2020). Dans une enquête auprès d’adultes américains, plus d’une personne sur 4 disait avoir déjà eu des obsessions ou des compulsions, mais seuls 2,3 % remplissaient tous les critères au cours de la vie (Ruscio et al., 2010). Ce que l’on appelle être « maniaque de la propreté » peut parfois être un TOC de contamination et de lavage, mais cela ne pose problème que lorsque cela prend beaucoup de temps ou cause une vraie souffrance (OMS, 2024).

Ce n’est pas non plus une personnalité obsessionnelle (perfectionniste). La CIM-11 distingue le TOC d’un trait de personnalité marqué par un perfectionnisme et un contrôle rigide bien ancrés (anankastie). Ce trait de personnalité en lui-même ne comporte ni pensées non désirées qui s’imposent ni rituels pour s’en débarrasser, mais les deux peuvent coexister (OMS, 2024). La personne ne voit d’ailleurs souvent pas sa personnalité comme un problème (portail national d’information en santé mentale, 2020). Environ une personne sur 4 soignée pour un TOC avait aussi un trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive, et les chercheurs considèrent qu’il s’agit de deux troubles distincts (Pozza et al., 2021). Ce qui distingue le caractère consciencieux du perfectionnisme est expliqué dans conscienciosité.

Ce n’est pas non plus de l’inquiétude ni de la rumination dépressive. Dans le trouble anxieux généralisé, l’inquiétude porte sur des choses qui pourraient vraiment arriver au quotidien, comme le travail, l’argent ou la santé, et la rumination dépressive colle à une humeur basse, comme l’autoreproche ou le regret, sans rituel pour la chasser. Les obsessions sont vécues comme des intrusions « qui ne me ressemblent pas », peuvent être étranges ou irrationnelles, et sont en général suivies de compulsions (OMS, 2024). Des attaques de panique qui ne surviennent qu’en lien avec les obsessions ou les compulsions ne justifient pas un diagnostic séparé de trouble panique (OMS, 2024) ; les attaques de panique sont expliquées dans le guide Attaque de panique : que faire. Les comportements souvent dits « compulsifs », comme les jeux d’argent ou l’alcool, diffèrent des compulsions du TOC en ce qu’ils peuvent procurer du plaisir, et les tics sont des mouvements musculaires involontaires, pas des gestes destinés à neutraliser une pensée (OMS, 2024).

Certains troubles appartiennent au même groupe : la dysmorphophobie, une préoccupation pour de petits défauts physiques supposés avec des vérifications répétées dans le miroir ; la thésaurisation pathologique, où la difficulté à jeter rend le logement difficile à utiliser ; et la trichotillomanie et la dermatillomanie, le fait de s’arracher les cheveux ou de se triturer la peau sans pouvoir s’arrêter (OMS, 2024). La thésaurisation pathologique toucherait environ 2,5 % des adultes (Postlethwaite et al., 2019), et la dysmorphophobie environ 2 % des adultes en population, mais 13,2 % des personnes consultant en chirurgie esthétique (Veale et al., 2016). Si vous envisagez une chirurgie ou un acte esthétique et que les soucis liés à votre apparence ne vous lâchent pas, demandez d’abord un avis en santé mentale (NICE, 2005).

Pourquoi il se maintient : la boucle du soulagement, des vérifications et des réassurances

Le TOC fonctionne en boucle. Une pensée non désirée amène de l’anxiété, une compulsion la soulage un moment, puis l’obsession et l’anxiété reviennent vite et le cycle recommence (NHS, 2023). Les croyances fréquentes dans le TOC sont un sens exagéré de la responsabilité, la surestimation du danger, le perfectionnisme, la difficulté à tolérer l’incertitude et l’idée que les pensées ont trop de pouvoir (OMS, 2024). Avoir l’impression que pensée et action sont la même chose, comme dans « avoir cette pensée prouve que je suis quelqu’un de mauvais » ou « si j’y pense, ça va arriver », s’appelle la fusion pensée-action (OMS, 2024 ; Shafran & Rachman, 2004) ; on la retrouve aussi dans d’autres troubles anxieux que le TOC (Shafran & Rachman, 2004).

De nombreuses études suggèrent que les pensées intrusives non désirées sont fréquentes aussi chez les personnes sans TOC. L’idée qu’elles se figent en obsessions quand on leur donne beaucoup d’importance et qu’on s’efforce de les chasser n’est toutefois pas encore entièrement démontrée (Julien et al., 2007). Essayer de repousser une pensée peut la faire revenir plus souvent ; cet « effet rebond » était faible à modéré dans les expériences (Abramowitz et al., 2001).

Vérifier et chercher à être rassuré peut nourrir le doute. Dans une expérience où des volontaires en bonne santé vérifiaient plusieurs fois une gazinière virtuelle, leur mémoire ne devenait pas fausse, mais elle devenait moins nette, et leur certitude d’avoir bien éteint baissait même (van den Hout & Kindt, 2003). Demander encore et encore « ça va, vraiment ? » ou chercher sans fin sur Internet peut aussi être une compulsion. Les personnes ayant un TOC cherchaient à être rassurées de façon plus insistante que celles ayant un trouble panique (Kobori & Salkovskis, 2013). Se confier à quelqu’un de proche et recevoir du réconfort n’a rien de mal, mais poser des dizaines de fois la même question pour chasser le même doute peut faire partie de la boucle du TOC. Éviter les lieux et situations qui déclenchent les obsessions est aussi une compulsion (NHS, 2023).

Il n’y a pas une seule cause. Dans une vaste étude suédoise sur les familles et les jumeaux, environ la moitié (47 %) du risque de TOC s’expliquait par les gènes, tandis que les facteurs d’environnement, comme les expériences propres à chacun, comptaient au moins autant (Mataix-Cols et al., 2013). Le TOC pourrait être plus fréquent chez les personnes ayant subi du harcèlement, des maltraitances ou de la négligence, et il commence parfois après un grand événement comme une naissance ou un deuil. Une personnalité méticuleuse aux exigences élevées est citée comme facteur de risque, mais cette personnalité n’est pas un TOC en soi. Le TOC est un problème de santé comme un autre, et ce n’est pas votre faute (NHS, 2023).

Ce que l’on peut essayer chez soi, et comment la famille peut aider

Quand l’envie d’une compulsion arrive, essayez de la retarder, même un peu, et réduisez progressivement le nombre de fois ou le temps que vous y consacrez. Quand une obsession survient, laissez-la être, comme « juste une pensée », plutôt que de discuter avec elle ou d’essayer de la chasser, et ne vous accusez pas en vous disant « avoir cette pensée prouve que je suis quelqu’un de mauvais » (portail national d’information en santé mentale, 2020). Réduisez peu à peu les demandes de réassurance et les recherches plutôt que d’arrêter d’un coup, et approchez ce que vous évitiez par petites étapes, en commençant par ce qui vous angoisse le moins (APA, 2024 ; NHS, 2023). Ne créez jamais une situation réellement dangereuse, comme laisser le gaz allumé, et entraînez-vous à affronter les pensées de faire du mal ou les pensées sexuelles ou religieuses en thérapie.

L’auto-assistance à l’aide de livres ou de programmes fondés sur la TCC aidait aussi, mais elle marchait mieux avec au moins un peu d’accompagnement thérapeutique (Pearcy et al., 2016). La TCC par téléphone ou en ligne faisait aussi mieux que les groupes témoins et ne différait pas vraiment de la thérapie en face à face (Wootton, 2016). Prendre soin de son sommeil, de son activité physique et de son alimentation aide face au stress, mais ne suffit pas à traiter un TOC (APA, 2024). Les façons d’apaiser le corps sont dans le guide Comment évacuer le stress, et celles de faire face à la honte et à l’autoreproche liés aux pensées non désirées dans Développer l’autocompassion.

L’« accommodation », quand les proches vérifient à la place de la personne, suivent ses rituels de lavage ou répondent sans cesse à la même question, est très fréquente : environ 90 % des proches le font dans une certaine mesure (Lebowitz et al., 2016). C’est un geste d’amour, mais l’accommodation était modérément associée à des symptômes de TOC plus sévères (r = 0,42 ; Wu et al., 2016). Les recommandations britanniques demandent, quand des proches sont entraînés dans les compulsions, l’évitement ou les demandes de réassurance, que le plan de soins les aide à réduire leur implication avec délicatesse et soutien (NICE, 2005). Empêcher de force les rituels ou s’en moquer n’aide pas : encouragez la personne à se soigner et restez à ses côtés (Santé.fr, 2026).

Les traitements et médicaments qui ont fait leurs preuves

La TCC avec exposition et prévention de la réponse (EPR) vient en premier. On s’approche progressivement des situations ou des pensées qui déclenchent le TOC (exposition) en se retenant de faire les compulsions (prévention de la réponse), en commençant par ce qui angoisse le moins pour aller vers le plus difficile (NHS, 2023). L’anxiété peut monter au début, mais chez la plupart des personnes les compulsions diminuent à mesure que le traitement avance (NIMH, 2023). Une méta-analyse de 37 essais a montré des effets très importants de la TCC par rapport à la liste d’attente (taille d’effet 1,31), avec peu de différence entre thérapie individuelle et de groupe ou entre EPR et thérapie cognitive (Öst et al., 2015). Une analyse récente de 47 études (2 817 participants) a trouvé qu’environ 70 % allaient nettement mieux et que 48 % atteignaient les critères de rétablissement, avec des effets maintenus après deux ans et demi en moyenne (Öst et al., 2026). En soins courants aussi, 59,2 % étaient en rémission à la fin du traitement, même si beaucoup d’études présentaient un risque de biais élevé (Öst et al., 2022).

L’Institut national britannique pour l’excellence en santé et en soins (NICE) recommande une TCC brève avec EPR (livres d’auto-assistance, téléphone ou groupe) quand la gêne est légère, au choix une TCC plus intensive ou un antidépresseur ISRS quand elle est modérée, et les deux ensemble quand elle est sévère. Quand il n’y a pas de rituel visible et que les vérifications ou répétitions se font seulement dans la tête, la TCC comprend un entraînement à arrêter ces rituels mentaux. Pour les enfants et les adolescents, une TCC impliquant la famille est recommandée en premier (NICE, 2005). Dans une étude chez des enfants et des adolescents, 39,3 % de ceux suivis en TCC seule et 53,6 % de ceux qui l’associaient à un médicament n’avaient presque plus de symptômes après 12 semaines, mais la différence n’était pas statistiquement significative, et les chercheurs recommandaient de commencer par la TCC seule ou associée à un ISRS (POTS, 2004). Des méthodes comme la psychanalyse, l’hypnose ou la thérapie de couple n’ont pas fait la preuve de leur efficacité pour traiter le TOC (NICE, 2005).

Les médicaments sont décrits ici par classe uniquement. Dans une revue Cochrane de 17 études (3 097 participants), les antidépresseurs ISRS réduisaient davantage les symptômes du TOC que le placebo, et la probabilité de répondre était 1,84 fois plus élevée qu’avec le placebo. Nausées, maux de tête et insomnie étaient des effets indésirables fréquents (Soomro et al., 2008). Dans le TOC, l’effet peut mettre jusqu’à 12 semaines à apparaître, et si le médicament fonctionne, on le poursuit au moins 12 mois pour éviter la rechute. Ces médicaments n’entraînent ni envie irrépressible ni tolérance, mais on les diminue progressivement sur plusieurs semaines à l’arrêt. Avant 30 ans ou en cas de dépression, il faut être revu plus souvent au début, pour repérer des changements comme des idées suicidaires (NICE, 2005). Si de telles pensées surviennent, prévenez tout de suite votre médecin et appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Dans des essais de prévention de la rechute regroupant troubles anxieux, TOC et état de stress post-traumatique, arrêter après une bonne réponse menait plus souvent à une rechute que de continuer (Batelaan et al., 2017). Si vous prenez déjà l’un de ces médicaments, ne l’arrêtez pas brutalement : parlez-en au médecin qui l’a prescrit. Ce qui peut se passer à l’arrêt est expliqué dans le guide Antidépresseurs et psychotropes.

Si un ISRS n’aide pas assez, le médecin peut passer à un autre ISRS ou utiliser un antidépresseur tricyclique précis, et un avis spécialisé peut conduire à ajouter certains antipsychotiques (NICE, 2005). Environ une personne sur 3 va nettement mieux avec cet ajout (Bloch et al., 2006). Une analyse comparant de nombreux traitements a trouvé des effets plus importants pour la thérapie comportementale et la thérapie cognitive que pour les médicaments, mais la plupart des essais de psychothérapie incluaient des personnes prenant déjà un antidépresseur, ce qui complique la comparaison ; associer les deux est probablement plus efficace, au moins dans les TOC sévères (Skapinakis et al., 2016). La stimulation cérébrale n’est envisagée que dans des centres spécialisés, pour des TOC sévères qui n’ont pas répondu aux autres traitements (NIMH, 2023).

Quand et où se faire aider

Demandez une aide professionnelle quand les obsessions ou les compulsions prennent beaucoup de temps, par exemple plus d’une heure par jour, ou causent une vraie souffrance (OMS, 2024) ; quand la liste des lieux ou des personnes que vous évitez s’allonge ; quand vos proches sont entraînés dans les rituels ; quand le travail, l’école ou les relations en pâtissent ; ou quand votre moral est bas ou que vous comptez sur l’alcool pour tenir (NIMH, 2023). Même si cela ne vous semble pas si grave, pensez à consulter si votre famille ou votre entourage est en difficulté (Centre national de neurologie et de psychiatrie du Japon, s. d.). Les personnes ayant un TOC demandaient de l’aide en moyenne environ 7 ans après le début de leurs symptômes (Pellegrini et al., 2025). Sans traitement adapté, le TOC a peu de chances de s’améliorer (NHS, 2023).

La honte peut rendre difficile d’en parler. Les recommandations britanniques soulignent que les personnes ayant un TOC ont souvent honte de leur trouble et ont du mal à en parler même aux soignants, et que les pensées de faire du mal, sexuelles ou liées à la mort sont fréquentes dans le TOC et souvent prises à tort pour un signe de danger (NICE, 2005). Si vous vivez hors de Corée, commencez par votre médecin traitant ou les services de santé mentale de votre région ; les lignes d’écoute figurent juste en dessous. En Corée, on peut se faire aider en psychiatrie ou par le centre de santé mentale de sa ville ou de son arrondissement, et la ligne de crise en santé mentale 1577-0199 (24 h/24) met en relation avec un centre proche (ministère coréen de la Santé et du Bien-être, 2025). Les conditions du chèque psychologique 2026 sont dans le guide Dépression : ce qui aide. mind.io ne propose pas de test du TOC, et ni l’auto-évaluation GAD-7 ni l’auto-évaluation PHQ-9 ne diagnostiquent un TOC. Un score GAD-7 bas n’exclut pas un TOC.

Dans une étude suédoise qui a suivi pendant de nombreuses années plus de 30 000 personnes soignées pour un TOC, 1,48 % sont décédées par suicide, contre 0,16 % d’un groupe de comparaison, et le risque restait plus élevé en tenant compte des autres troubles psychiques (Fernández de la Cruz et al., 2017). Une analyse de personnes suivies pour un TOC a trouvé qu’environ une sur 4 avait actuellement des idées de suicide (Pellegrini et al., 2020). Si vous avez des idées de vous faire du mal, ne gardez pas ces pensées pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

Q. Puis-je faire un autotest du TOC ? R. mind.io ne propose pas de test du TOC, et les questionnaires utilisés par les professionnels doivent être interprétés par eux. Si des pensées non désirées et les rituels pour s’en débarrasser prennent beaucoup de temps, par exemple plus d’une heure par jour, ou causent une vraie souffrance ou une gêne dans la vie (OMS, 2024), consultez plutôt que de vous fier à un autotest.

Q. Être « maniaque de la propreté », est-ce un TOC ? R. C’est une expression de tous les jours, pas un diagnostic. On l’emploie parfois pour un TOC de contamination et de lavage, mais des habitudes d’ordre qui ne prennent pas beaucoup de temps et ne causent pas de vraie souffrance ne sont pas un TOC (portail national d’information en santé mentale, 2020 ; OMS, 2024).

Q. J’ai sans cesse des pensées horribles. Suis-je dangereux ou dangereuse ? R. Des pensées violentes ou sexuelles peuvent surgir sans qu’on le veuille et faire horreur. Mais ce ne sont que des pensées, et les avoir ne veut pas dire que vous allez passer à l’acte (NHS, 2023). Ces thèmes sont fréquents dans le TOC et souvent pris à tort pour un signe de danger (NICE, 2005). Si vous voulez réellement faire du mal à quelqu’un et sentez que vous pourriez le faire, appelez tout de suite le 17 ou le 112.

Q. Depuis l’accouchement, j’imagine sans cesse qu’il arrive du mal à mon bébé. R. C’est fréquent après une naissance. Dans une étude canadienne, 95,8 % des jeunes mères avaient des pensées non désirées que leur bébé soit blessé par accident et 53,9 % des pensées de lui faire du mal volontairement, et chez la plupart ces pensées diminuaient ou disparaissaient dans les 6 mois (Collardeau et al., 2024). Les mères ayant ces pensées, ou un TOC, ne déclaraient pas plus souvent de gestes agressifs envers leur bébé que les autres (Fairbrother et al., 2022). Si ces pensées sont très pénibles ou que vous évitez votre bébé, parlez-en à votre sage-femme, à votre médecin ou à un service de santé mentale. Si une confusion s’installe, si vous voyez ou entendez des choses qui ne sont pas là, ou si, contrairement à une pensée non désirée, vous avez réellement envie de faire du mal à votre bébé ou pensez ne pas pouvoir le garder en sécurité, appelez immédiatement le 15 ou le 112. Si une humeur basse s’est aussi installée depuis la naissance, consultez aussi le guide Dépression post-partum.

Q. Quelqu’un de proche me demande sans cesse de vérifier à sa place. Que faire ? R. La plupart des familles (environ 9 sur 10) s’accommodent dans une certaine mesure : inutile de vous le reprocher (Lebowitz et al., 2016). Plutôt que d’arrêter d’un coup, mieux vaut établir un plan en thérapie et réduire peu à peu, avec délicatesse et soutien (NICE, 2005).

Q. Si je commence un médicament, devrai-je le prendre à vie ? R. S’il est efficace, on le poursuit au moins 12 mois, et on le diminue lentement sur plusieurs semaines avec son médecin à l’arrêt (NICE, 2005). Arrêter après une bonne réponse menait plus souvent à une rechute que de continuer (Batelaan et al., 2017).

Q. Puis-je m’en sortir sans aide ? R. Quand la gêne est légère, l’auto-assistance fondée sur la TCC peut aider, et elle marchait mieux avec un peu d’accompagnement thérapeutique (Pearcy et al., 2016). Si les symptômes sont sévères, mieux vaut un suivi professionnel (NICE, 2005).

Q. C’est si dur que j’ai des idées de me faire du mal. R. Ne restez pas sans aide avec ces pensées. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

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Vous n’avez pas à garder cela pour vous

Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.

En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

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