Aller au contenu

Guide bien-être

La résilience : ce qu’elle est, les idées reçues et ce qui aide à la renforcer

La résilience selon la recherche : ce qu’elle est, ce qui la distingue de la dureté et du grit, sa fréquence, les limites des tests et ce qui aide.

La résilience : moins un trait inné qu’une façon de s’adapter

L’Association américaine de psychologie (APA) définit la résilience comme le processus qui consiste à bien s’adapter face à l’adversité, à un traumatisme, à une tragédie, à des menaces ou à des sources importantes de stress, comme des problèmes familiaux ou relationnels, de graves problèmes de santé ou des difficultés au travail et d’argent. Au-delà du fait de « rebondir » après une épreuve, elle peut aussi s’accompagner d’une profonde évolution personnelle (APA, 2020).

La résilience n’est pas forcément un trait de personnalité que seules certaines personnes possèdent dès la naissance. Certains facteurs peuvent rendre certaines personnes plus résilientes que d’autres, mais selon l’APA, la résilience repose sur des comportements et des façons de penser que chacun peut apprendre et développer (APA, 2020). Les chercheurs la définissent de façons un peu différentes : une trajectoire stable de bon fonctionnement après un événement très éprouvant, ou un processus qui mobilise des ressources pour préserver son bien-être. La plupart des définitions partagent l’idée d’une adaptation saine au fil du temps après l’adversité, et la résilience se conçoit moins comme présente ou absente que comme une question de degré, qui peut varier d’un domaine de vie à l’autre (Southwick et al., 2014). Une chercheuse qui a étudié des enfants grandissant dans l’adversité a conclu que le résultat le plus surprenant était le caractère ordinaire de la résilience, qui naît le plus souvent du fonctionnement normal des systèmes d’adaptation humains plutôt que de capacités exceptionnelles (Masten, 2001).

Ce guide présente, à partir de la recherche, ce qui distingue la résilience de la dureté, de l’optimisme, de l’endurance et du grit, sa fréquence après un coup dur, ce qui l’accompagne, ce que les questionnaires de résilience comme l’indice coréen de résilience peuvent ou non dire, et ce qui aide. Il aborde aussi ce qui se passe quand le mot « résilience » sert à culpabiliser les personnes qui souffrent. mind.io ne propose pas de test de résilience.

Ce qui la distingue de la dureté, de l’optimisme, de l’endurance et du grit

Faire preuve de résilience ne signifie pas ne pas traverser de difficultés ni de détresse. La douleur émotionnelle et le stress sont fréquents chez les personnes qui ont vécu une grande adversité, et selon l’APA, le chemin vers la résilience s’accompagne probablement d’une détresse émotionnelle importante (APA, 2020). La chercheuse en psychotraumatologie Rachel Yehuda explique que certaines des personnes les plus résilientes qu’elle connaisse ont eu, ou ont encore, un trouble de stress post-traumatique (TSPT) très sévère avec lequel elles luttent chaque jour, sans succomber à ses effets négatifs (Southwick et al., 2014). Ne pas pleurer, ou faire comme si de rien n’était, n’est pas ce que signifie la résilience.

Ce n’est pas non plus penser positivement en toutes circonstances. L’APA encourage à garder espoir, mais recommande aussi de ne pas dramatiser les difficultés et d’adopter une façon de penser équilibrée et réaliste (APA, 2020). Des chercheurs soulignent que, lorsqu’on cherche à se changer, des attentes élevées et éloignées de la réalité peuvent se solder par de la déception et le sentiment d’être un échec, si bien qu’un excès d’optimisme peut se retourner contre soi (Mahdiani & Ungar, 2021). Le chercheur George Bonanno rappelle que la bonne façon de faire face dépend de la situation : il n’existe pas de méthode parfaite unique (Southwick et al., 2014). Le guide Loi de l’attraction présente ce que dit la recherche de la « loi de l’attraction », l’idée que la pensée seule attire ce que l’on veut.

Ce n’est pas non plus serrer les dents et tenir sans aide. L’APA note que des événements douloureux peuvent pousser certaines personnes à s’isoler, mais qu’il est important d’accepter l’aide et le soutien de ceux qui tiennent à vous, et que demander de l’aide quand on en a besoin est essentiel pour développer sa résilience (APA, 2020).

Le grit est une autre notion. Il a été défini comme « la persévérance et la passion pour des objectifs à long terme » et, dans les premières études, il expliquait en moyenne 4 % des écarts sur des indicateurs de réussite comme le niveau d’études, les notes à l’université, le maintien à l’Académie militaire de West Point ou le classement à un concours d’orthographe. Le grit était fortement corrélé à la conscienciosité, l’un des cinq grands traits de personnalité, tout en prédisant la réussite au-delà du QI et de la conscienciosité (Duckworth et al., 2007). Si la résilience concerne la façon de bien s’adapter après l’adversité, le grit tient plutôt de la capacité à ne pas lâcher un objectif. Des chercheurs notent d’ailleurs que renoncer à une voie qui ne nous convient pas peut être un choix sage et résilient (Mahdiani & Ungar, 2021). L’état d’esprit de croissance, la conviction que les capacités peuvent se développer par l’effort et l’apprentissage, est lui aussi distinct du grit ; il est traité à part dans le guide État d’esprit de croissance. Ce que le grit prédit de la réussite et ce qui le distingue de la conscienciosité sont présentés dans le guide Grit.

La résilience est-elle fréquente après un coup dur ?

Les chercheurs suivent des personnes qui ont vécu un événement majeur, en les évaluant plusieurs fois sur des mois ou des années, puis classent l’évolution de leurs réactions en quelques profils. Le profil « résilient » correspond à une période de déséquilibre relativement brève suivie d’un bon état de santé durable ; c’est un chemin différent de celui où l’on traverse une période difficile avant de se rétablir peu à peu (Southwick et al., 2014 ; Bonanno, 2004). Bonanno soutenait que ce type de résilience est plus fréquent qu’on ne le croit souvent (Bonanno, 2004).

Une revue de 54 études (67 cas) sur l’évolution après des événements potentiellement traumatiques a trouvé que le profil résilient était le plus fréquent, à 65,7 % en moyenne. Le rétablissement après une période difficile concernait 20,8 %, les symptômes durables (profil chronique) 10,6 % et les symptômes apparus plus tard (profil différé) 8,9 % ; chaque part est une moyenne calculée séparément, d’où un total différent de 100 %. La revue ne retenait que des études de plus de 100 personnes, évaluées au moins trois fois, avec en principe une première évaluation dans l’année suivant l’événement (deux ans pour les études commencées avant lui). Les événements comprenaient des déploiements militaires, des accidents, la guerre, des catastrophes naturelles, des lésions de la moelle épinière et des maladies comme le SRAS ou le cancer du sein ; la plupart des études portaient sur les symptômes de TSPT après un événement unique, comme un traumatisme ou un accident vécu à l’âge adulte. Le profil résilient était en moyenne plus fréquent dans les études portant sur un événement unique, tandis que les profils de rétablissement et chronique l’étaient davantage après une adversité prolongée (Galatzer-Levy et al., 2018).

Dans un échantillon probabiliste de 2 752 habitants de la région de New York interrogés dans les 6 mois suivant les attentats du 11 septembre 2001, 65,1 % n’avaient aucun symptôme de TSPT ou un seul, la définition de la résilience retenue par l’étude. Cette part était plus faible chez les personnes les plus exposées, mais elle n’est jamais descendue sous le tiers, même dans les groupes où le TSPT avait le plus augmenté (Bonanno et al., 2006). Une étude qui a suivi des couples âgés depuis avant le décès de l’un des conjoints est présentée dans le guide sur le deuil.

Ces proportions de profils dépendent toutefois beaucoup de la façon dont le modèle statistique est spécifié. Des études antérieures sur la satisfaction de vie autour du veuvage, d’un divorce et d’une perte d’emploi, à partir d’un panel de ménages allemand, faisaient état de 58,7 %, 71,8 % et 69,0 % de profils résilients. Quand d’autres chercheurs ont réanalysé les mêmes données avec les mêmes modèles, le profil résilient restait le plus fréquent ; mais en assouplissant deux hypothèses strictes de ces modèles, il est apparu de façon constante comme le moins fréquent. Ils ont averti que toute affirmation catégorique sur des « taux de résilience » comporte des erreurs (Infurna & Luthar, 2016).

Même si « la plupart des gens s’en sortent » se vérifie dans beaucoup d’études, cela ne veut donc pas dire que vous avez échoué si vous souffrez encore. Mettre du temps fait aussi partie des évolutions courantes, et c’est une raison de chercher du soutien.

Ce qui va avec la résilience : des liens, pas des garanties

Une analyse de la même enquête sur le 11 septembre (2 752 personnes) a montré que le genre, l’âge, l’origine ethnique, le niveau d’études, le degré d’exposition, l’évolution des revenus, le soutien social, la fréquence des maladies chroniques et les événements de vie stressants récents et passés prédisaient chacun la résilience. Cette analyse définissait la résilience comme zéro ou un symptôme de TSPT, et la décrivait comme allant de pair avec peu de dépression et de consommation de substances (Bonanno et al., 2007). Bonanno résume que les ressources économiques, les ressources sociales, la personnalité et les gènes jouent un rôle, mais qu’aucun facteur démographique, de personnalité ou biologique n’a été montré capable de prédire ou de renforcer la résilience plus que dans une faible mesure (Southwick et al., 2014).

C’est ce que les chercheurs appellent le paradoxe de la résilience : elle est l’issue la plus fréquente après un traumatisme potentiel, mais les facteurs qui l’accompagnent pèsent en général si peu qu’on ne peut pas dire avec précision qui sera résilient et qui ne le sera pas (Bonanno, 2021). Les facteurs ci-dessous sont donc des tendances qui vont ensemble en moyenne, et non des garanties.

Le lien aux autres revient sans cesse. De nombreuses études indiquent que le soutien social est essentiel à la santé physique et psychologique ; il pourrait atténuer des vulnérabilités génétiques et environnementales et favoriser la résilience au stress, même si des interventions concrètes pour renforcer le soutien social des personnes atteintes de troubles psychiques ou plus à risque restent à étudier et à développer (Ozbay et al., 2007). Si la solitude dure, voyez le guide Sentiment de solitude.

La souplesse dans la façon de faire face attire aussi l’attention. Dans une étude auprès d’étudiants new-yorkais après les attentats du 11 septembre, ceux qui parvenaient le mieux, lors d’une tâche en laboratoire, à la fois à accentuer et à atténuer volontairement l’expression de leurs émotions avaient moins de détresse à la fin de leur deuxième année d’université, même en tenant compte de leur détresse de départ et d’autres facteurs (Bonanno et al., 2004). Bonanno distingue trois composantes de cette souplesse : lire la situation, disposer d’un éventail de façons de réagir, et s’ajuster grâce aux retours (Southwick et al., 2014).

Le sommeil compte aussi. Une méta-analyse de 63 études chez des personnes en bonne santé a trouvé de faibles corrélations positives entre la résilience et la durée du sommeil (r = 0,11) ainsi que sa qualité (r = 0,27) ; dans les études qui suivaient les personnes dans le temps, la corrélation avec la qualité du sommeil était de 0,18. Les études sur la qualité du sommeil présentaient des signes d’un fort biais de publication, et une corrélation ne dit pas qui cause quoi (Arora et al., 2022). Les difficultés de sommeil sont traitées dans le guide Insomnie.

Tests de résilience et indice coréen KRQ-53 : ce qu’ils disent et ne disent pas

mind.io ne propose pas de test de résilience. Le test coréen d’« indice de résilience », souvent appelé KRQ-53, est un questionnaire de 53 questions publié dans un livre grand public de Kim Joo-han consacré à la résilience (Kim, 2011) ; son total additionne trois scores : autorégulation, aptitudes relationnelles et positivité (Lee, 2011). Auparavant, une équipe dont faisait partie Kim avait mis au point une version de 27 questions pour adolescents auprès de 618 collégiens, 796 lycéens et 420 étudiants, et publié sa validation dans une revue ; neuf sous-composantes s’y regroupaient en contrôle, positivité et sociabilité (Shin et al., 2009).

Parmi les échelles très utilisées dans la recherche hors de Corée figurent l’échelle de résilience de Connor-Davidson (CD-RISC), en 25 questions (Connor & Davidson, 2003), dont la version coréenne a montré une bonne fiabilité et une bonne validité auprès de 576 personnes (personnel infirmier, étudiants et pompiers) (Baek et al., 2010), et l’échelle brève de résilience (BRS), conçue pour mesurer la capacité à rebondir après un stress elle-même plutôt que les ressources qui peuvent favoriser la résilience (Smith et al., 2008). Ce guide ne reproduit aucune question ni aucun seuil de ces échelles.

Bonanno souligne que les questionnaires de résilience courants ne retiennent que quelques prédicteurs supposés clés et n’ont pratiquement aucune capacité à prédire qui sera résilient après un traumatisme potentiel (Bonanno, 2021). Une revue de 43 essais randomisés de programmes de résilience a de même classé parmi les problèmes majeurs le fait de définir la résilience comme un trait ou une somme de facteurs protecteurs et de la mesurer avec des outils inadaptés, et a proposé de la mesurer plutôt comme l’évolution de la santé mentale au regard du stress subi (Chmitorz et al., 2018). La résilience peut aussi varier selon les domaines de la vie : une personne qui s’adapte bien au travail peut ne pas y parvenir dans ses relations (Southwick et al., 2014). Un score bas n’est pas un verdict selon lequel vous « manquez de résilience », et un score élevé ne garantit pas que vous ferez face à tout.

Renforcer sa résilience : ce que montre la recherche, et ses limites

Les études qui regroupent des programmes de résilience rapportent en général des effets faibles à modérés, mais les preuves restent fragiles. Une méta-analyse de 11 essais randomisés contrôlés a montré que les programmes de résilience augmentaient modérément les scores de résilience (taille d’effet 0,44, intervalle de confiance à 95 % de 0,23 à 0,64), les analyses par sous-groupes suggérant que les programmes fondés sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), sur la pleine conscience ou sur un mélange des deux étaient tous efficaces. Deux des auteurs étaient liés à une entreprise qui propose des formations à la résilience (Joyce et al., 2018). Une méta-analyse plus large de 268 études (1 584 échantillons indépendants) a trouvé un effet global de g = 0,48 sur des résultats incluant non seulement la résilience, mais aussi l’adaptation, les émotions, les symptômes et le bien-être ; les auteurs l’ont qualifié de faible mais statistiquement significatif, et ont noté que les effets variaient beaucoup et que nombre d’entre eux n’atteignaient pas un seuil d’intérêt pratique (Liu et al., 2020).

Une revue Cochrane de 44 essais randomisés auprès de professionnels de santé a trouvé que, juste après le programme, les personnes formées pourraient rapporter, par rapport aux groupes témoins, une résilience plus élevée (différence moyenne standardisée, DMS 0,45 ; 12 études, 690 personnes), moins de dépression (DMS −0,29 ; 14 études, 788 personnes) et moins de stress (DMS −0,61 ; 17 études, 997 personnes), mais peu ou pas de preuves d’un effet sur l’anxiété ou le bien-être. Le niveau de certitude de tous ces résultats était très faible, et le manque de données à moyen et long terme impose de les interpréter avec prudence (Kunzler et al., 2020). Une revue des études de programmes relève aussi de nombreux problèmes dans leur façon de définir et de mesurer la résilience et de concevoir la recherche (Chmitorz et al., 2018).

L’exercice physique a aussi été étudié. Une méta-analyse de 10 études randomisées ou quasi expérimentales a montré que les programmes d’exercice augmentaient les scores de résilience par rapport à des groupes sans exercice (sans intervention, liste d’attente ou soins habituels ; DMS 0,49), les programmes de plus de 8 semaines (0,64) faisant mieux que ceux de 8 semaines ou moins (0,30). Mais les études étaient peu nombreuses, toutes mesuraient la résilience seulement juste après le programme, et elles reposaient sur des scores autodéclarés (C. Liu et al., 2026).

L’APA suggère de nouer des liens avec des personnes empathiques et dignes de confiance, de prendre soin de son corps avec assez de sommeil, une bonne alimentation, de l’eau et une activité physique régulière, de ne pas masquer la douleur avec l’alcool ou d’autres substances, d’aider les autres, et de découper les problèmes en morceaux gérables en commençant par ce qu’on peut faire aujourd’hui (APA, 2020). Cette liste est un guide pratique, pas un bilan d’essais ayant testé chaque conseil.

S’exercer à se traiter avec plus de bienveillance dans les moments durs est une autre piste. Une méta-analyse de 27 essais randomisés d’interventions d’autocompassion a trouvé des améliorations modérées par rapport aux groupes témoins pour l’autocompassion (g = 0,75), le stress (0,67), la dépression (0,66) et l’anxiété (0,57), avec un possible biais de publication (Ferrari et al., 2019). Cette méta-analyse ne rapportait pas la résilience elle-même comme résultat. Les exercices figurent dans le guide Cultiver l’autocompassion, le stress du quotidien dans le guide Comment évacuer le stress, et l’épuisement lié au travail dans le guide pour se remettre d’un burn-out.

Quand « tenir bon » n’est pas la réponse, et quand se faire aider

Le mot « résilience » ne devrait pas servir à culpabiliser les personnes qui souffrent. Des chercheurs avertissent que le discours sur la résilience peut faire de l’individu le seul à devoir changer, orienter vers la pensée positive plutôt que vers la remise en cause d’injustices comme le racisme, et être détourné pour faire accepter les inégalités ou pour confier à ceux qui n’ont pas de pouvoir la responsabilité de changer leur vie (Mahdiani & Ungar, 2021). Pour traverser l’adversité, chacun a besoin de ressources sociales et matérielles de base, et construire des environnements familiaux et collectifs sains est considéré comme l’un des moyens les plus importants de favoriser la résilience (Southwick et al., 2014). Quand c’est la situation elle-même qui pose problème, comme le surmenage ou la discrimination, chercher de l’aide pour la changer ou en sortir peut passer avant l’effort de tenir encore.

Selon l’APA, il est important de demander un avis professionnel si, après une expérience traumatique ou très stressante, vous n’arrivez plus à fonctionner comme vous le voudriez ou à assurer les activités de base du quotidien (APA, 2020). Si votre moral est bas depuis plus de 2 semaines, si vous n’arrivez pas à cesser de vous inquiéter, si vous ne dormez presque plus ou si la seule pensée du travail vous épuise, vous pouvez faire le point avec l’auto-évaluation PHQ-9, l’auto-évaluation GAD-7 et le test de burn-out. Une auto-évaluation n’est pas un diagnostic. Si des souvenirs ou des cauchemars reviennent sans cesse après un événement grave, voyez le guide Traumatisme et TSPT.

Parlez-en au service de santé de votre établissement ou de votre travail, à votre médecin traitant, ou consultez en psychologie.

Si les épreuves s’accumulent au point que vous sentez que vous ne pouvez plus tenir, ou si vous avez des idées suicidaires, ce n’est pas un manque de résilience. Ne gardez pas cela pour vous et appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Questions fréquentes

Q. La résilience est-elle innée ? R. Pas forcément. Selon l’APA, la résilience n’est pas forcément un trait que seules certaines personnes possèdent, et elle repose sur des comportements et des façons de penser que chacun peut apprendre et développer (APA, 2020). Les ressources, la personnalité et les gènes jouent un rôle, mais chacun n’a qu’un faible poids (Southwick et al., 2014).

Q. Où passer un test de résilience ou mesurer mon indice de résilience ? R. mind.io ne propose pas de test de résilience. L’indice coréen de résilience (KRQ-53) est un questionnaire de 53 questions publié dans un livre grand public (Lee, 2011), et parmi les échelles très utilisées dans la recherche hors de Corée figurent la CD-RISC et la BRS. Mais les scores de ces questionnaires prédisent mal qui sera résilient (Bonanno, 2021). Vous pouvez voir comment vous vous traitez dans les moments durs avec le test d’autocompassion.

Q. Les personnes résilientes souffrent-elles moins ? R. Pas forcément. Les personnes résilientes traversent elles aussi difficultés et détresse, et le chemin vers la résilience s’accompagne probablement d’une détresse émotionnelle importante (APA, 2020).

Q. On dit que la plupart des gens s’en sortent : pourquoi est-ce que je souffre encore ? R. Dans une revue de 54 études, le profil résilient atteignait 65,7 % en moyenne, mais le rétablissement après une période difficile était lui aussi fréquent, à 20,8 % (Galatzer-Levy et al., 2018), et ces parts varient beaucoup selon la façon dont le modèle statistique est spécifié (Infurna & Luthar, 2016). Souffrir longtemps n’est pas un échec : c’est une raison de chercher du soutien.

Q. Les programmes de résilience sont-ils efficaces ? R. Des effets faibles à modérés ont été rapportés (Joyce et al., 2018 ; Liu et al., 2020), mais dans une revue Cochrane sur les programmes destinés aux professionnels de santé, le niveau de certitude des preuves était très faible, et on ne sait guère si les effets durent (Kunzler et al., 2020).

Q. Les épreuves s’enchaînent et j’ai envie de disparaître. R. Ce n’est pas un manque de résilience. Ne restez pas sans aide avec ces pensées. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Références : American Psychological Association (2020), Building your resilience, https://www.apa.org/topics/resilience/building-your-resilience ; Southwick, S. M., Bonanno, G. A., Masten, A. S., Panter-Brick, C., & Yehuda, R. (2014), Resilience definitions, theory, and challenges: interdisciplinary perspectives, European Journal of Psychotraumatology 5, 25338, https://doi.org/10.3402/ejpt.v5.25338 ; Masten, A. S. (2001), Ordinary magic: resilience processes in development, American Psychologist 56(3), 227-238, https://doi.org/10.1037/0003-066X.56.3.227 ; Mahdiani, H., & Ungar, M. (2021), The dark side of resilience, Adversity and Resilience Science 2, 147-155, https://doi.org/10.1007/s42844-021-00031-z ; Duckworth, A. L., Peterson, C., Matthews, M. D., & Kelly, D. R. (2007), Grit: perseverance and passion for long-term goals, Journal of Personality and Social Psychology 92(6), 1087-1101, https://doi.org/10.1037/0022-3514.92.6.1087 ; Bonanno, G. A. (2004), Loss, trauma, and human resilience: have we underestimated the human capacity to thrive after extremely aversive events?, American Psychologist 59(1), 20-28, https://doi.org/10.1037/0003-066X.59.1.20 ; Galatzer-Levy, I. R., Huang, S. H., & Bonanno, G. A. (2018), Trajectories of resilience and dysfunction following potential trauma: a review and statistical evaluation, Clinical Psychology Review 63, 41-55, https://doi.org/10.1016/j.cpr.2018.05.008 ; Bonanno, G. A., Galea, S., Bucciarelli, A., & Vlahov, D. (2006), Psychological resilience after disaster: New York City in the aftermath of the September 11th terrorist attack, Psychological Science 17(3), 181-186, https://doi.org/10.1111/j.1467-9280.2006.01682.x ; Infurna, F. J., & Luthar, S. S. (2016), Resilience to major life stressors is not as common as thought, Perspectives on Psychological Science 11(2), 175-194, https://doi.org/10.1177/1745691615621271 ; Bonanno, G. A., Galea, S., Bucciarelli, A., & Vlahov, D. (2007), What predicts psychological resilience after disaster? The role of demographics, resources, and life stress, Journal of Consulting and Clinical Psychology 75(5), 671-682, https://doi.org/10.1037/0022-006X.75.5.671 ; Bonanno, G. A. (2021), The resilience paradox, European Journal of Psychotraumatology 12(1), 1942642, https://doi.org/10.1080/20008198.2021.1942642 ; Ozbay, F., Johnson, D. C., Dimoulas, E., Morgan, C. A., Charney, D., & Southwick, S. (2007), Social support and resilience to stress: from neurobiology to clinical practice, Psychiatry (Edgmont) 4(5), 35-40, https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2921311/ ; Bonanno, G. A., Papa, A., Lalande, K., Westphal, M., & Coifman, K. (2004), The importance of being flexible: the ability to both enhance and suppress emotional expression predicts long-term adjustment, Psychological Science 15(7), 482-487, https://doi.org/10.1111/j.0956-7976.2004.00705.x ; Arora, T., Grey, I., Östlundh, L., Alamoodi, A., Omar, O. M., Hubert Lam, K. B., & Grandner, M. (2022), A systematic review and meta-analysis to assess the relationship between sleep duration/quality, mental toughness and resilience amongst healthy individuals, Sleep Medicine Reviews 62, 101593, https://doi.org/10.1016/j.smrv.2022.101593 ; Lee, M. H. (2011), Column on Kim Joo-han’s book “Resilience” [in Korean], Pressian, https://www.pressian.com/pages/articles/66135 ; Kim, J. H. (2011), Resilience [in Korean], Wisdom House ; Shin, W. Y., Kim, M. G., & Kim, J. H. (2009), Development and validation of a resilience quotient test [in Korean], Studies on Korean Youth 20(4), 105-131 ; Connor, K. M., & Davidson, J. R. T. (2003), Development of a new resilience scale: the Connor-Davidson Resilience Scale (CD-RISC), Depression and Anxiety 18(2), 76-82, https://doi.org/10.1002/da.10113 ; Baek, H. S., Lee, K. U., Joo, E. J., Lee, M. Y., & Choi, K. S. (2010), Reliability and validity of the Korean version of the Connor-Davidson Resilience Scale, Psychiatry Investigation 7(2), 109-115, https://doi.org/10.4306/pi.2010.7.2.109 ; Smith, B. W., Dalen, J., Wiggins, K., Tooley, E., Christopher, P., & Bernard, J. (2008), The brief resilience scale: assessing the ability to bounce back, International Journal of Behavioral Medicine 15(3), 194-200, https://doi.org/10.1080/10705500802222972 ; Chmitorz, A., Kunzler, A., Helmreich, I., et al. (2018), Intervention studies to foster resilience: a systematic review and proposal for a resilience framework in future intervention studies, Clinical Psychology Review 59, 78-100, https://doi.org/10.1016/j.cpr.2017.11.002 ; Joyce, S., Shand, F., Tighe, J., Laurent, S. J., Bryant, R. A., & Harvey, S. B. (2018), Road to resilience: a systematic review and meta-analysis of resilience training programmes and interventions, BMJ Open 8(6), e017858, https://doi.org/10.1136/bmjopen-2017-017858 ; Liu, J. J. W., Ein, N., Gervasio, J., Battaion, M., Reed, M., & Vickers, K. (2020), Comprehensive meta-analysis of resilience interventions, Clinical Psychology Review 82, 101919, https://doi.org/10.1016/j.cpr.2020.101919 ; Kunzler, A. M., Helmreich, I., Chmitorz, A., König, J., Binder, H., Wessa, M., & Lieb, K. (2020), Psychological interventions to foster resilience in healthcare professionals, Cochrane Database of Systematic Reviews 7, CD012527, https://doi.org/10.1002/14651858.CD012527.pub2 ; Liu, C., Liang, J., Nie, Y., et al. (2026), The effect of exercise interventions on enhancing psychological resilience: a systematic review and meta-analysis, BMC Psychology 14, 1167, https://doi.org/10.1186/s40359-026-04940-5 ; Ferrari, M., Hunt, C., Harrysunker, A., Abbott, M. J., Beath, A. P., & Einstein, D. A. (2019), Self-compassion interventions and psychosocial outcomes: a meta-analysis of RCTs, Mindfulness 10(8), 1455-1473, https://doi.org/10.1007/s12671-019-01134-6 ; Ministry of Health and Welfare (2025), Community mental health welfare centres and the mental health crisis line [in Korean], https://www.mohw.go.kr/menu.es?mid=a10706040100

Vous n’avez pas à garder cela pour vous

Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.

En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Utile ? Faites-le circuler

Envoyez ce guide à quelqu’un que la question pourrait intéresser.

Tests et guides à découvrir ensuite