Guide bien-être
Anxiété aux examens : pourquoi on a un trou noir et ce qui aide
L’anxiété aux examens selon la recherche : inquiétude et tension, fréquence, lien avec les notes, causes, ce qui aide avant et pendant l’épreuve.
Ce qu’est l’anxiété aux examens : inquiétude, tension et trou noir
L’anxiété aux examens est l’anxiété qui survient lorsqu’une situation où vos performances seront évaluées, comme un examen, est perçue comme une menace. Elle s’accompagne d’une tension physique, avec vertiges, cœur qui s’emballe, tremblements et ventre noué, d’une inquiétude persistante au sujet de l’échec et de ses conséquences, et d’un esprit occupé à se préparer au pire. Les difficultés à se concentrer, à se souvenir et le sentiment de trou noir pendant l’épreuve sont aussi fréquents (Putwain et al., 2023). La recherche distingue deux volets, l’inquiétude et les réactions du corps, et c’est l’inquiétude qui tend à être le plus directement liée à de moins bonnes notes (Cassady et al., 2025).
L’anxiété aux examens n’est pas un diagnostic. Ni l’Association américaine de psychiatrie ni l’Organisation mondiale de la santé n’en donnent de définition clinique (Cassady et al., 2025), et elle ne figure pas parmi les intitulés de la Classification internationale des maladies, la CIM-11 (OMS, 2026). Une anxiété aux examens très forte peut toutefois aller de pair avec un trouble anxieux, et selon les études elle correspondait à une anxiété sociale, une phobie spécifique ou un trouble anxieux généralisé (Putwain et al., 2023). Les lignes directrices de l’OMS indiquent que les personnes atteintes d’un trouble anxieux généralisé peuvent s’inquiéter d’échouer ou de mal réussir un examen (OMS, 2024), et le manuel diagnostique américain, le DSM-5, permet de signaler une anxiété sociale limitée aux situations de performance, comme parler ou se produire devant un public (American Psychiatric Association, 2013).
La peur d’être jugé en parlant ou en se produisant devant les autres est traitée dans le guide Anxiété sociale. L’anxiété sociale liée aux situations de performance n’apparaît pas quand on fait la même chose seul (Barnhill, 2026a). L’anxiété aux examens diffère aussi un peu du stress des examens : le stress peut désigner une situation vécue comme un défi ou comme une menace, tandis que l’anxiété naît d’une menace perçue (Putwain et al., 2023). Dans une étude qui a suivi 527 lycéens québécois pendant une année scolaire, l’anxiété aux examens restait globalement stable chez 71,3 à 81,4 % d’entre eux : elle tend à durer plutôt qu’à passer après un seul examen (Yale-Soulière et al., 2026).
L’anxiété aux examens se mesure surtout par des questionnaires remplis par la personne, et les seuils qui la disent forte ou faible varient d’une étude à l’autre et sont souvent fixés arbitrairement (Cassady et al., 2025). Mieux vaut donc ne pas se juger d’après le score d’un « test d’anxiété aux examens » trouvé en ligne. mind.io ne propose pas de test de l’anxiété aux examens, et ce guide ne remplace pas un diagnostic. Il présente, d’après la recherche et des sources officielles, sa fréquence, son lien avec les notes, ses causes, ce qui aide et ce qui repose sur peu de preuves, les médicaments et remèdes, et où trouver de l’aide.
Fréquence : tout dépend de la question posée
Dans l’enquête PISA 2015 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), 69,1 % des élèves coréens de 15 ans étaient d’accord avec « Je m’inquiète souvent à l’idée d’avoir des difficultés pendant un examen » et 74,6 % avec « Je m’inquiète d’avoir de mauvaises notes à l’école », au-dessus des moyennes de l’OCDE (59,3 % et 65,7 %). Pour « Même si je suis bien préparé(e) à un examen, je me sens très anxieux(se) », la Corée était à 55,3 %, proche de la moyenne de l’OCDE (55,5 %), le Japon à 62,1 % et la France à 47,2 %. Ce sont des parts d’élèves « d’accord » ou « tout à fait d’accord » avec une seule question d’autoévaluation, pas des taux de diagnostic (OCDE, 2017).
Les filles répondaient plus souvent oui. En moyenne dans l’OCDE, 63,9 % des filles et 47,1 % des garçons se disaient très anxieux même bien préparés ; en Corée, l’écart était plus faible, 58,8 % contre 52,0 % (OCDE, 2017). Dans une enquête auprès de 2 435 élèves du secondaire dans 11 établissements en Angleterre, 16,4 % déclaraient une forte anxiété aux examens, 22,5 % des filles et 10,3 % des garçons (Putwain & Daly, 2014). Mais dans une méta-analyse d’études menées en primaire, l’écart légèrement en défaveur des filles (d = 0,21) tombait à 0,08 après correction du biais de publication (Robson et al., 2023).
La fréquence dépend beaucoup du questionnaire et du seuil. Interrogés avec une seule question, 10 % de 2 449 étudiants néerlandais disaient avoir une anxiété aux examens « tout le temps » (Cuijpers et al., 2021), mais en regroupant 35 études sur des étudiants en médecine (13 489 personnes) et en comptant tous les niveaux modérés ou plus, on arrivait à 49,8 %, de 24,4 à 88,9 % selon le questionnaire utilisé (Omar et al., 2026).
Le stress est aussi élevé chez les jeunes Coréens. Dans l’enquête nationale coréenne de 2025 sur les comportements de santé des jeunes (54 170 élèves analysés, données pondérées), 41,3 % des collégiens et lycéens, et 43,0 % des élèves de terminale, disaient ressentir habituellement « énormément » ou « beaucoup » de stress ; la question portait sur le stress en général, pas sur l’anxiété aux examens (Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies, 2025). Dans l’enquête sociale de 2024, le souci le plus cité par les 13-18 ans était les études (48,8 %) (Statistique Corée, 2024).
Fait-elle baisser les notes ? Un lien existe, mais il est modeste
L’anxiété aux examens et les notes sont liées, mais le lien est faible à modéré. Dans une méta-analyse de 562 études menées de 1950 à 1986, la corrélation entre anxiété aux examens et résultats était de −0,24 à partir du CE2, et dans une méta-analyse de 238 études publiées depuis 1988, elle était de −0,29 pour l’inquiétude et de −0,18 pour la tension physique (Putwain et al., 2023). Chez 4 000 étudiants américains, ceux qui avaient peu d’anxiété aux examens obtenaient en moyenne un B+, ceux qui en avaient beaucoup un B (Chapell et al., 2005).
Les bons élèves en souffrent aussi. Dans PISA, en moyenne dans l’OCDE, les élèves du quart le plus faible en sciences (62,5 %) se disaient plus souvent très anxieux même bien préparés que ceux du quart le plus fort (46,0 %), mais en Corée, les deux quarts étaient proches (53,0 % et 52,3 %) (OCDE, 2017).
On ne sait pas non plus clairement ce qui cause quoi. Dans une étude qui a suivi 3 425 élèves allemands pendant 5 ans, les émotions négatives, dont l’anxiété, prédisaient de moins bonnes notes en mathématiques ensuite, et ces moins bonnes notes prédisaient à leur tour davantage de ces émotions (Pekrun et al., 2017). Dans une étude de 309 étudiants en médecine préparant un examen décisif, l’anxiété aux examens ne prédisait plus la note une fois pris en compte leur niveau mesuré pendant la préparation ; en revanche, les plus anxieux progressaient moins pendant cette période. L’effet pourrait se jouer pendant la préparation plutôt que dans un trou noir en salle d’examen (Theobald et al., 2022).
Il existe plusieurs explications au trou noir. Selon une théorie, l’anxiété attire l’attention vers l’inquiétude et la menace et en laisse moins pour la tâche, même si un effort supplémentaire peut maintenir les résultats (Eysenck et al., 2007). Dans une méta-analyse d’études de laboratoire, un stress juste avant ou pendant le rappel gênait légèrement la récupération des souvenirs (Shields et al., 2017). Mais le stress de laboratoire n’est pas un vrai examen, et l’étude sur les étudiants en médecine n’a pas trouvé de gêne du rappel pendant l’épreuve (Theobald et al., 2022).
L’idée qu’un peu de stress améliore les notes est souvent rattachée à la loi de Yerkes-Dodson, et le Manuel MSD présente lui aussi une courbe où l’anxiété améliore la performance jusqu’à un certain point (Barnhill, 2026b). Mais cette loi est née en 1908 d’une expérience où quelques souris par intensité de stimulation apprenaient à éviter des décharges électriques (Yerkes & Dodson, 1908), et sa transformation en loi sur l’anxiété et la performance est une réinterprétation ultérieure (Teigen, 1994). Chez les élèves qui aimaient les mathématiques, une anxiété moyenne en maths allait de pair avec les meilleurs résultats, mais chez les autres, plus d’anxiété allait avec des notes un peu plus basses (Wang et al., 2015). L’anxiété peut aider en poussant à se préparer et à s’entraîner (Barnhill, 2026b), mais augmenter volontairement la tension pour améliorer la performance repose sur peu d’éléments (Corbett, 2015).
Pourquoi : le sentiment de menace et la pression de l’entourage
Plusieurs facteurs s’additionnent plutôt qu’une cause unique. Dans une méta-analyse de 238 études publiées depuis 1988, l’anxiété aux examens était plus forte quand l’estime de soi était basse et quand l’examen paraissait difficile ou à fort enjeu (von der Embse et al., 2018). Dans une étude, 335 écoliers américains déclaraient plus d’anxiété après les tests d’État servant à évaluer les écoles qu’après les contrôles en classe habituels, mais l’écart était faible (Segool et al., 2013). Selon PISA, c’est la menace perçue par les élèves, plus que le nombre d’examens, qui allait de pair avec leur anxiété (OCDE, 2017).
Le perfectionnisme centré sur la peur des erreurs et du jugement des autres (préoccupations perfectionnistes) était assez fortement lié à l’anxiété aux examens (r = 0,42), alors que se fixer des objectifs élevés l’était à peine (r = 0,04) (Burcaş & Creţu, 2021). Mais dans une étude qui a suivi 478 élèves allemands pendant environ 5 ans, une fois l’anxiété de départ prise en compte, le perfectionnisme ne prédisait pas l’anxiété ultérieure : difficile d’en faire une cause (Stricker et al., 2023). Le perfectionnisme a son propre guide : Perfectionnisme.
La pression et les menaces de l’entourage comptent aussi. Dans une enquête auprès de 474 lycéens coréens, plus la pression scolaire ressentie de la part des parents était forte, plus l’anxiété aux examens l’était, un lien en partie expliqué par le stress et l’épuisement scolaires (Kim & Cho, 2023). Dans une expérience comparant deux semaines chez 40 écoliers, la semaine où les enseignants insistaient sur ce qui arriverait en cas d’échec, l’inquiétude et la tension physique augmentaient et les notes baissaient, sans que cette baisse s’explique par la hausse de l’inquiétude et de la tension (Putwain & Best, 2011). Le NHS rapporte que beaucoup d’enfants qui contactent la ligne d’écoute Childline ont le sentiment que l’essentiel de la pression en période d’examens vient de leur famille (NHS, 2023a).
La préparation compte aussi. Les étudiants très inquiets face aux examens disaient avoir de moins bonnes méthodes de travail, voyaient les examens comme plus menaçants et rédigeaient des fiches de révision moins efficaces (Cassady, 2004). Se détourner et repousser les révisions pour éviter l’anxiété peut, avec le temps, rendre l’échec plus probable (Putwain et al., 2023). Pour la procrastination, voir Arrêter de procrastiner. Le sommeil et l’anxiété deux jours avant un examen s’influençaient mutuellement (Hamilton et al., 2021).
Ce qui aide : ce qui est prouvé et ce qui l’est moins
Si l’anxiété aux examens dure et gêne la vie, l’aide psychologique et les traitements sont ce qui repose sur le plus de preuves. Dans une méta-analyse de 44 essais contrôlés randomisés auprès d’étudiants (2 209 personnes), les interventions réduisaient l’anxiété aux examens (g = −0,76) et amélioraient un peu les notes (g = 0,37). La thérapie comportementale était la mieux étayée ; la thérapie cognitivo-comportementale et l’entraînement aux méthodes de travail semblaient prometteurs mais reposaient sur peu d’études. Des signes de biais de publication et des comptes rendus de faible qualité invitent à la prudence (Huntley et al., 2019). La plupart des interventions de cette analyse étaient des méthodes comportementales comme l’entraînement à la relaxation (Huntley et al., 2023). Les études chez les élèves sont peu nombreuses, mais la thérapie comportementale et la TCC ont donné des résultats prometteurs (von der Embse et al., 2013), et les programmes de pleine conscience ont aussi réduit l’anxiété aux examens, avec toutefois une grande incertitude et un possible biais de publication (Yılmazer et al., 2024).
Dans les semaines qui précèdent, il est conseillé de s’entraîner dans des conditions d’examen. Le NHS recommande de faire des annales dans le temps imparti, de repérer la salle d’examen si possible et de faire face à ces situations plutôt que de les éviter (NHS, 2023a ; NHS, 2023b). Dans des classes pratiquant la récupération active (se tester soi-même), 72 % des élèves disaient être moins nerveux aux examens, mais il s’agissait d’une enquête sans groupe témoin (Agarwal et al., 2014). Les méthodes de travail elles-mêmes sont présentées dans Étudier selon son type MBTI. Une activité aérobie régulière pendant plusieurs semaines peut aider à réduire l’anxiété aux examens, avec des résultats très variables selon les études, alors qu’une séance unique de 10 à 15 minutes juste avant l’examen n’avait pas d’effet (Zhang et al., 2022).
Les nuits blanches sont contre-productives. Des étudiants privés de sommeil pendant 24 heures réussissaient moins bien une tâche de réflexion tout en jugeant mieux leur performance (Pilcher & Walters, 1997), et dans une méta-analyse d’expériences, le manque de sommeil faisait moins bien retenir ce qui avait été appris après comme ce qui l’avait été avant (Newbury et al., 2021). Le NHS rappelle lui aussi que dormir aide bien plus que réviser toute la nuit avant un examen (NHS, 2023a). Inutile pourtant de paniquer après une mauvaise nuit : dans une étude d’observation de 88 étudiants, le sommeil de la seule nuit précédant l’examen n’était pas lié aux notes, contrairement au sommeil du mois et de la semaine précédents (Okano et al., 2019). Si le sommeil pose problème durablement, consultez le guide Insomnie : ce qui aide vraiment.
Juste avant et pendant l’épreuve, respirer lentement peut aider. Le NHS propose d’inspirer par le nez en comptant jusqu’à 4, de retenir son souffle sur 2 temps et d’expirer sur 7 (NHS, 2023b), et dans une expérience auprès de 122 élèves de CM2 à Singapour, ceux qui avaient respiré profondément avant un test de mathématiques chronométré se sentaient moins anxieux et réussissaient mieux ; il s’agit toutefois d’une seule étude (Khng, 2017). Prévoir le temps à consacrer à chaque question et passer à la suivante en cas de blocage, pour y revenir ensuite, est aussi recommandé (NHS, 2023b). De courtes interventions apprenant à voir le cœur qui bat comme le signe que le corps se prépare amélioraient un peu la performance sur 35 études (5 638 personnes) (d = 0,23), effet ramené à 0,14 après correction du biais de publication, et aucune étude ne portait sur des personnes atteintes d’un trouble anxieux (Bosshard & Gomez, 2024).
Une étude publiée dans Science en 2011, selon laquelle écrire ses inquiétudes juste avant un examen améliorait les notes, est devenue très connue (Ramirez & Beilock, 2011), mais un vaste projet de réplication qui a refait son expérience de laboratoire selon un protocole validé par les auteurs n’a trouvé aucun effet (Camerer et al., 2018). Une méta-analyse de 21 études (1 457 personnes) a aussi montré qu’une seule séance d’écriture avant l’examen réduisait à peine l’anxiété, et que son effet sur les notes n’était plus net une fois un résultat extrême écarté (O’Meara & Lovett, 2026). Se dire « je suis enthousiaste » à voix haute aidait à changer son ressenti, mais dans une réplication directe, l’évaluation des prises de parole par des observateurs ne changeait pas (Brooks, 2014 ; Poynter & Smith Pasqualini, 2025).
Prudence avec la caféine. Le ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments fixe l’apport quotidien maximal recommandé pour les enfants et les adolescents à 2,5 mg par kilo de poids corporel, conseille de réduire ou d’arrêter en cas de palpitations, de maux de tête, d’anxiété ou de troubles du sommeil même en dessous de cette limite, et de l’éviter en fin d’après-midi et le soir (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, 2026a). Même chez des personnes en bonne santé, plus de caféine allait de pair avec un risque d’anxiété plus élevé (Liu et al., 2024), et dans des expériences portant sur 237 personnes atteintes de trouble panique, 51,1 % ont fait une attaque de panique après une forte dose de caféine (Klevebrant & Frick, 2022). Pour les attaques de panique, voir Attaque de panique : que faire.
Les parents et les enseignants ont intérêt à rappeler qu’un échec n’est pas la fin du monde et qu’une autre chance peut exister, plutôt qu’à faire peur (NHS, 2023a). Plus les enseignants recouraient souvent aux messages alarmistes avant les examens, et plus les élèves les jugeaient menaçants, plus les notes d’examen avaient tendance à être basses (Putwain & Remedios, 2014).
Médicaments et remèdes : aucun comprimé ne fait réussir un examen
Le ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments insiste : « aucun médicament ne fait réussir un examen ». Les bêtabloquants, présentés à tort comme des « pilules anti-tremblements », sont des médicaments sur ordonnance destinés aux maladies cardiovasculaires comme les troubles du rythme cardiaque, l’angine de poitrine et l’hypertension, et ils peuvent provoquer somnolence et fatigue, vertiges, chute de tension en se levant et ralentissement du pouls (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, 2026b). Ils peuvent être contre-indiqués en cas de problème respiratoire comme l’asthme ou de tension basse (NHS, 2026), et deux méta-analyses d’études sur les troubles anxieux ont toutes deux conclu que les preuves ne justifient pas leur usage (Steenen et al., 2016 ; Archer et al., 2025). Les prendre contre l’anxiété aux examens ne correspond pas à une indication approuvée, et les données sur leur efficacité et leur sécurité dans ce cas sont minces (Vinther et al., 2018). Ne prenez pas les comprimés de quelqu’un d’autre.
Il n’existe pas non plus de « pilule pour mieux étudier ». Le ministère rappelle qu’acheter en ligne un médicament contre le TDAH sans ordonnance, ou prendre celui prescrit à quelqu’un d’autre, enfreint la loi coréenne sur les stupéfiants, et qu’un usage hors indication peut causer insomnie, perte d’appétit, maux de tête et accélération du cœur (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, 2026c). Pris sans en avoir besoin, ils peuvent provoquer maux de tête, anxiété et, dans les cas graves, hallucinations (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, 2026d). Dans une analyse de 47 expériences chez des adultes en bonne santé, l’amélioration des capacités intellectuelles était faible (Roberts et al., 2020), et dans une étude qui a suivi 898 étudiants américains sans TDAH, ceux qui prenaient des stimulants sans ordonnance n’amélioraient pas leurs notes (Arria et al., 2017). Plus de détails dans le guide Addiction aux drogues.
En Corée, beaucoup prennent avant les examens du woohwangcheongsimwon (cheongsimhwan), un remède traditionnel à base de plantes. Les produits de ce type vendus sans ordonnance mentionnent les palpitations et l’agitation mentale parmi leurs indications approuvées (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, s. d.), mais nous n’avons trouvé aucun essai clinique sur l’anxiété aux examens ou les notes. Une revue de 2010 portant sur 43 études coréennes comptait 32 expériences sur l’animal et concluait qu’elles ne soutenaient pas solidement ses effets (Lee et al., 2010). Dans une enquête auprès de 608 étudiantes infirmières, 36 % en avaient déjà pris, et celles qui en avaient pris signalaient des désagréments comme la somnolence (30 %) (Lee et al., 2005) ; les déclarations d’effets indésirables en Corée ont aussi fait ressortir somnolence et vertiges (Choi & Shin, 2026). La notice demande de consulter un médecin ou de demander conseil en pharmacie avant d’en prendre en cas d’hypertension, de maladie du cœur ou des reins, ou de traitement en cours (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, s. d.). Mieux vaut ne jamais prendre un médicament pour la première fois le jour d’un examen.
Les publicités en ligne pour des aliments et compléments vantés comme « compléments pour candidats », pour la « concentration » ou la « détente » faisaient partie des 45 annonces épinglées pour publicité trompeuse lors des contrôles de 2025 avant l’examen coréen d’entrée à l’université (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, 2025).
Quand cela dépasse le trac ordinaire, et où trouver de l’aide
Le trac avant les examens est fréquent, mais faites-vous aider si l’anxiété ou la baisse de moral est forte, dure et gêne la vie quotidienne (NHS, 2023a). En cas d’attaques de panique, avec cœur qui s’emballe soudain, souffle coupé, vertiges et peur de mourir, parlez-en tôt à vos proches et demandez un avis professionnel en santé mentale (ministère japonais de la Santé, s. d.). Ne négligez pas non plus le cas d’un jeune qui refuse d’aller à l’école à cause de l’anxiété ou se plaint souvent de maux de ventre ou de tête (Elia, 2025). Si la baisse de moral persiste après les examens, l’auto-évaluation PHQ-9 fait le point sur les 2 dernières semaines.
En Corée, les collégiens et lycéens peuvent consulter dans la « Wee class » de leur établissement (salle de conseil scolaire), et les « Wee centers » locaux proposent évaluation psychologique et accompagnement au même endroit, avec orientation vers des soins spécialisés si besoin (Wee Project, s. d.). Les 9-24 ans et leurs parents peuvent appeler la ligne jeunesse 1388, dont le service en ligne est ouvert 24 h/24 (Korea Youth Counseling & Welfare Institute, s. d.). Les étudiants peuvent s’adresser au centre de conseil de leur université, et en cas d’anxiété forte, envisager de consulter en psychiatrie. Si c’est la première fois, lisez le guide Première consultation en psychiatrie.
Au Japon, les élèves peuvent s’adresser à un service de conseil scolaire, assuré par des professionnels de santé mentale extérieurs à l’équipe enseignante, et si leur établissement n’en a pas, à celui d’un établissement voisin (MEXT, n.d.a). La ligne « SOS enfants 24 h/24 » du ministère de l’Éducation (0120-0-78310) est aussi disponible (MEXT, n.d.b). En France, les psychologues de l’Éducation nationale accompagnent collégiens, lycéens et étudiants (Choisir le service public, s. d.), les étudiants peuvent recourir au service de santé étudiant et à des consultations de psychologie gratuites (Étudiant.gouv, 2019), et Fil Santé Jeunes propose une écoute anonyme et gratuite (0800 235 236, tous les jours de 9 h à 23 h) (Fil Santé Jeunes, 2022). Au Royaume-Uni, consulter en médecine générale est un bon point de départ (NHS, 2023a).
Si les examens ou les résultats font naître des idées de mettre fin à vos jours, ne gardez pas cela pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Un rapport sur 285 jeunes de moins de 20 ans morts par suicide en Angleterre et au pays de Galles en 2014 et 2015 a relevé que, sur les 145 scolarisés, 46 (32 %) subissaient une pression liée aux examens, en cours, à venir ou à leurs résultats, mais il souligne que le suicide a rarement une seule cause et que son protocole ne permet pas d’établir de lien de cause à effet (NCISH, 2017). Dans l’enquête sociale coréenne de 2024, la raison la plus citée par les 13-19 ans ayant eu des envies suicidaires au cours de l’année (4,5 %) était les notes et l’orientation (32,9 %) (Statistique Corée, 2024).
Questions fréquentes
Q. Le trac est-il toujours mauvais ? R. Non. L’anxiété peut aider en poussant à se préparer et à s’entraîner (Barnhill, 2026b). Mais l’idée qu’un peu de stress fait monter les notes repose sur peu d’éléments, et en moyenne, plus d’anxiété aux examens va de pair avec des notes un peu plus basses (Putwain et al., 2023).
Q. L’anxiété aux examens vient-elle d’un manque de travail ? R. Pas seulement. Dans les données PISA coréennes, les élèves du meilleur et du plus faible quart en sciences se disaient aussi souvent très anxieux même bien préparés (OCDE, 2017), et une étude de 1 569 élèves canadiens suggère aussi que les élèves en difficulté ne sont pas les seuls à risque (Plante et al., 2022). Reste que la préparation et les méthodes de travail vont avec moins d’anxiété (Cassady, 2004) : se préparer tôt peut aider.
Q. Ne vaut-il pas mieux réviser toute la nuit avant l’examen ? R. Non. Le manque de sommeil fait moins bien retenir ce qu’on a révisé (Newbury et al., 2021), et les personnes privées de sommeil réussissaient moins bien tout en pensant avoir bien réussi (Pilcher & Walters, 1997).
Q. Puis-je prendre du cheongsimhwan avant un examen ? R. Nous n’avons trouvé aucune étude vérifiant son effet sur l’anxiété aux examens, et des cas de somnolence et de vertiges ont été signalés (Choi & Shin, 2026). Si vous en prenez, lisez les précautions de la notice, et en cas d’hypertension, de maladie cardiaque ou d’autres traitements, demandez d’abord conseil à un médecin ou en pharmacie (ministère coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments, s. d.).
Q. Est-ce la même chose que le trac de la prise de parole ? R. Les deux se recoupent sans se confondre. Quand la peur centrale est d’être jugé négativement par les autres, on se rapproche de l’anxiété sociale (OMS, 2024). Voir le guide Anxiété sociale.
Q. Existe-t-il un score d’anxiété aux examens ? R. Les questionnaires utilisés en recherche n’ont pas de seuils reconnus (Cassady et al., 2025). mind.io ne propose pas non plus de test de l’anxiété aux examens. L’auto-évaluation GAD-7 n’en est pas un, mais elle fait le point sur les 2 dernières semaines pour voir si l’anxiété persiste en dehors des examens.
Q. On m’a dit qu’écrire ses inquiétudes avant un examen aidait. R. L’étude d’origine le disait, mais une réplication et une méta-analyse n’ont trouvé presque aucun effet (Camerer et al., 2018 ; O’Meara & Lovett, 2026).
Q. Comment aider en tant que parent ? R. Plutôt que de faire peur, rappelez qu’un échec n’est pas la fin, et aidez votre enfant à bien dormir et à s’entraîner dans des conditions d’examen (NHS, 2023a).
Q. J’ai raté mon examen et j’ai envie de mourir. R. Ne gardez pas cela pour vous. Appelez tout de suite le 3114, numéro national de prévention du suicide (24 h/24, gratuit). Pour parler de façon anonyme, SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Références : Putwain, D. W., Jansen in de Wal, J., & van Alphen, T. (2023), Academic buoyancy: Overcoming test anxiety and setbacks, Journal of Intelligence, 11(3), 42, https://doi.org/10.3390/jintelligence11030042 ; Cassady, J. C., Tan, S. H., Robiullah, A., Badzovski, I., & Janiuk, J. 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Vous n’avez pas à garder cela pour vous
Si vous avez des pensées de vous faire du mal, ou si tout devient trop lourd, vous pouvez appeler à tout moment.
En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
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